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Pénurie de logements : Québec annonce une aide de près de 78 M$ pour le 1er juillet

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La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Québec a déposé jeudi, plus tôt qu'à l'habitude, un plan d’action de près de 78 millions de dollars pour aider les ménages à la recherche d'un logement à l'approche de la période des déménagements. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) appelle cependant le gouvernement Legault à agir « en amont » pour répondre à une crise du logement « de plus en plus profonde ».

La majeure partie des 77,8 millions prévus pour l'opération 1er juillet sera attribuée à des suppléments aux loyers qui permettront à des centaines de ménages d’occuper un logement du marché privé en payant un loyer équivalant à 25 % de leurs revenus, précise le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation dans un communiqué.

Le gouvernement se dit ainsi prêt à allouer 75,8 millions de dollars pour aider plus de 2200 ménages. Au moins 500 unités seront réservées à des personnes aux prises avec l'itinérance, et 100 autres à des femmes victimes de violence conjugale.

Le programme de supplément au loyer prévoit également une enveloppe budgétaire de 2 millions pour les municipalités qui désirent y prendre part en offrant par exemple un hébergement temporaire et un entreposage d’urgence des biens. La somme aidera aussi les offices d'habitation qui souhaitent mettre sur pied un service d’aide à la recherche de logement (SARL).

Dans le communiqué, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest, disant souhaiter que personne ne se retrouve à la rue, a indiqué prévoir une augmentation du nombre de ménages ayant besoin d'aide pour trouver un logement.

« Cette année, avec l’évolution du marché locatif occasionnée par la pandémie et l’inflation, nous nous attendons à ce qu’un plus grand nombre de personnes aient besoin d’accompagnement dans leurs recherches ou encore de soutien financier. »

— Une citation de  Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec

Les ménages éprouvant le besoin d’être accompagnés dans la recherche d’un nouveau logement peuvent contacter la Société d’habitation du Québec (SHQ) au 1 800 463-4315. Du 18 juin au 18 juillet – qui correspond à une période critique pour les ménages –, une aide téléphonique sera offerte 7 jours sur 7.

Ce n’est pas tant une question d’argent que de qualité des mesures mises en place, a réagi la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, en entrevue à ICI RDI.

L’an passé, moins de 250 suppléments au loyer d’urgence sur les 1500 annoncés ont été octroyés, parce que les bénéficiaires cibles n'en connaissaient pas l'existence, dit-elle.

Le gouvernement a indiqué que la SHQ lancerait dès le 29 mai une campagne publicitaire pour faire connaître les services qu’elle offre aux ménages locataires qui auraient besoin d’aide pour trouver un logement.

La bonne nouvelle, ajoute Mme Laflamme, c’est que le gouvernement va donner le pouvoir aux offices d’habitation de mettre directement en place des services d’aide d’urgence quand leur municipalité ne veut pas le faire.

Québec a par ailleurs récemment bonifié son programme Allocation-logement, destiné aux locataires. L’aide financière maximale est passée de 80 $ à 100 $ par mois. Dans les prochains mois, le montant maximal mensuel grimpera à 150 $, et la clientèle admissible sera élargie.

L’an dernier, le gouvernement avait attendu au 11 juin pour annoncer une bonification de ses programmes, même s'il peinait à reconnaître l'existence d'une crise du logement.

Crise du logement : Québec débloque 77 millions de dollars en vue de la date fatidique du premier juillet. L'argent doit surtout servir à financer des loyers d'urgence dans toutes les municipalités du Québec. Un reportage de Marie-Michelle Lauzon.

Une annonce qui « ne change pratiquement rien » pour Montréal

Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de l'habitation, Benoit Dorais, considère comme une bonne nouvelle la décision du gouvernement de devancer son annonce et d'augmenter les montants alloués pour aider les citoyens en difficulté locative.

L'annonce est davantage pour les municipalités qui n'ont pas déjà un service d'aide à leurs citoyens en vue du 1er juillet, ce qui n'est pas le cas de la métropole, a-t-il souligné en entrevue à l'émission Le 15-18, sur les ondes d'ICI Première. Pour Montréal, ça ne change pratiquement rien, a-t-il affirmé.

« Le gouvernement du Québec met 2 millions pour l’ensemble du Québec, et Montréal met déjà, elle, 3,5 [millions] pour ses propres citoyens. »

— Une citation de  Benoit Dorais, vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable de l'habitation

La Ville estime que 10 % à 20 % de plus de Montréalais auront besoin d'une aide et anticipe 1200 appels, précise M. Dorais, qui invite les citoyens à composer le 311. Nous, on est prêts […] et bien rodés, et les partenaires de la Ville aussi, affirme-t-il.

Prônant une augmentation de l'offre en logement social et communautaire, il signale qu'à Montréal, ce n'est pas tant le nombre de logements disponibles qui pose problème que le nombre de logements abordables.

Un constat partagé par le FRAPRU. Des logements au centre-ville à 2000 $ ou 3000 $ sont complètement inaccessibles pour la moyenne des gens, affirme Mme Laflamme.

Une crise du logement « de plus en plus profonde »

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Il y a pénurie de logements sur le territoire depuis quelques années.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le nouveau plan d’action de Québec s’inscrit dans le contexte de la pénurie de logements qui sévit dans plusieurs régions du Québec. Les taux d’inoccupation des logements sont historiquement bas partout au Québec.

En avril, la ministre Laforest a d'ailleurs reconnu pour la première fois qu’une crise du logement existait dans certaines régions de la province.

Depuis trois ans, on voit que la situation empire; on a un nombre de plus en plus important de ménages locataires en difficulté autour du 1er juillet, et ce qu’on voit, c’est que la période s’allonge, alors la crise, elle est de plus en plus profonde, souligne la porte-parole du FRAPRU, citant en exemple les régions du Bas-Saint-Laurent, de l'Estrie, de la Mauricie et du Centre-du Québec. Et j'en passe, spécifie-t-elle.

Les gens sont extrêmement inquiets, constate-t-elle. Et cette année, les petites municipalités sont nouvellement affectées, ce qui nous fait craindre un très grand nombre de ménages locataires sans logis, précise-t-elle.

Véronique Laflamme réclame un plan en amont qui permettrait d'éviter les 1er juillet catastrophiques qu’on a actuellement, notamment au moyen de mesures pour contrer les évictions frauduleuses et d'investissements dans les logements sociaux, coopératifs et sans but lucratif.

« On demande au gouvernement de se ressaisir et d’intervenir en adoptant non seulement un plan en vue du 1er juillet, mais un véritable plan contre la crise du logement, et ça ne peut pas attendre la campagne électorale. »

— Une citation de  Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Les investissements se font au compte-gouttes, regrette Mme Laflamme. Près de 40 000 ménages sont en attente d'un logement subventionné au Québec, souligne-t-elle.

Le ministère mentionne de son côté que, depuis 2018, près de 8000 logements sociaux et abordables ont été construits ou mis en chantier.

Il ajoute en outre que la ministre Laforest souhaite déposer un projet de loi visant à prévenir la vente des OSBL d’habitation à d’autres fins, doter toutes les municipalités d’un droit de préemption et mieux protéger les locataires aînés et modifier la clause F des baux.

Cette clause prévoit que le propriétaire peut augmenter le prix du loyer sans limites si l’immeuble a été construit il y a moins de cinq ans.

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