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Chantel Moore : un ex-policier dit que Jeremy Son a réagi correctement

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La mère de Chantel Moore, Martha Martin, arrive pour le dernier jour de l'enquête de la coroner Caissy sur la mort de sa fille.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

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En ce dernier jour d'enquête du coroner sur la mort de Chantel Moore, un ex-policier estime que Jeremy Son a fait un usage acceptable de la force.

Le dernier témoin s’est présenté comme un expert en utilisation de la force par les policiers. Chris Butler, policier qui cumule 34 ans d'expérience, aujourd'hui à la retraite, est consultant en maintien de l’ordre.

Il a expliqué qu'avant d’utiliser son arme à feu contre une personne, un agent de police doit évaluer, rapidement, si l’individu a la possibilité, l’intention et le moyen de causer des blessures sérieuses et la mort.

Selon Chris Butler, Chantel Moore avait la capacité de causer des blessures graves ou la mort en brandissant le couteau. Elle avait, selon lui, l’intention de causer des blessures ou la mort en sortant à l’extérieur et en marchant vers le policier Jeremy Son. Et Chris Butler dit que le couteau était un moyen de causer des blessures ou la mort, puisqu’il n’y avait rien qui protégeait le policier, surtout que Chantel Moore se trouvait, selon lui, à environ 5 à 7 pieds (de 1,5 à 2 mètres) du policier.

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Chris Butler, policier à la retraite et consultant, estime que Jeremy Son a utilisé la force appropriée la nuit du 4 juin 2020.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

L'ex-policier estime que Jeremy Son n'avait pas le choix

Selon des évaluations présentées par Chris Butler, une personne peut franchir 7 pieds en 65 centièmes de seconde, soit en moins d’une seconde. Cela, souligne Butler, laisse peu de temps à l'agent pour réagir. Selon Butler, le policier Son faisait face à un risque imminent d’être blessé ou tué.

Le policier Son, selon Chris Butler, n’avait pas la possibilité de se repositionner, ou d’éviter l’affrontement, parce qu’il était coincé sur le balcon, du côté où il n’y a pas d’escalier.

Si le policier s’était déplacé dans l’autre direction, du côté de l’escalier, il aurait pu s’éloigner, selon Butler. Mais en situation de crise, à cause du niveau de stress élevé, un policier peut perdre la possibilité de prendre des décisions rationnelles, avance Chris Butler, pour expliquer la décision de Jeremy Son.

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Plusieurs personnes entrent dans la salle d'audience où se déroule l'enquête de la coroner Caissy sur la mort de Chantel Moore.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

En conclusion, Chris Butler estime que l’utilisation de la force par le policier Son respectait les normes des pratiques policières.

L’expert recommande de poursuivre les premiers soins

Selon Chris Butler, il n’appartient pas aux policiers de déterminer si la personne est morte ou non. L’absence de pouls ne signifie pas nécessairement que la personne est morte.

Dans une situation de stress, il est très difficile pour un policier d’évaluer s’il y a, ou non, un pouls. Chris Butler recommande qu’une fois les procédures de premiers soins commencées, elles devraient se poursuivre jusqu’à ce que les ambulanciers arrivent.

Dans le cas de Chantel Moore, les policiers ont cessé les manœuvres de réanimation lorsqu’ils ont déterminé qu’il n’y avait plus de pouls.

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Chantel Moore est morte le 4 juin 2020 à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Chantel Moore / Facebook

Plusieurs autres recommandations

L’ex-policier a fait plusieurs recommandations en lien avec la façon dont les policiers ont agi après l’intervention qui a conduit à la mort de Chantel Moore.

Il recommande que les témoins soient séparés dès le début, afin que le contact entre eux ne modifie pas le souvenir des faits que chacun peut avoir.

Il estime aussi que les policiers devraient avoir un protocole clair sur la saisie des armes utilisées, afin de s’assurer que des éléments de preuve ne soient pas perdus.

Selon Chris Butler, des photographies de la scène du crime devraient être prises le plus tôt possible.

Butler soutient aussi que les policiers directement impliqués dans les événements ne devraient pas avoir accès aux vidéos qui sont disponibles. Cela peut modifier leur souvenir des événements, selon lui. Chris Butler dit que Jeremy Son avait eu accès à une vidéo avant de témoigner devant les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes du Québec.

Comme plusieurs corps policiers ont participé à la prise en charge de la scène de crise, Chris Butler recommande que soit mises en place, dans des situations semblables, des ententes claires sur la responsabilité de chacun.

Chris Butler croit qu’il faudrait envisager d’équiper les policiers d’armes non mortelles, comme des pistolets Taser, des armes à projectiles non mortels, etc. Mais selon lui, la mort de Chantel Moore n'aurait pas pu être évitée si le policier avait disposé d'une de ces armes non mortelles.

L'expert ne comprend pas, aussi, pourquoi le sergent Bouchard, n’a pas accompagné le policier Son lors de l’intervention à l’appartement de Chantel Moore. Selon le témoin expert, une intervention avec deux policiers offre plus de ressources pour réagir aux différentes situations qui peuvent survenir. Chris Butler dit, toutefois, qu’il ne peut conclure que la présence de deux policiers aurait nécessairement changé l’issue tragique de l’intervention.

Chris Butler croit que les policiers doivent utiliser une langue qui peut être facilement compréhensible à la fois en anglais et en français. Le policier Jeremy Son a ordonné à Chantel Moore de laisser tomber son couteau en disant drop ton couteau. Mais Chantel Moore n’était pas bilingue, même si elle comprenait quelques mots en français.

L'ex-policier estime que des ordres comme police, stop, peuvent être facilement compris à la fois par des anglophones ou des francophones.

Aussi, selon l’expert, les policiers devraient donner leur identité verbalement. C’est une pratique normale, quand c’est possible, de se présenter verbalement comme un agent de police, cela fait partie de la formation de base, explique Chris Butler. La nuit du 4 juin 2020, Jeremy Son s’était présenté en éclairant, avec sa lampe de poche, sa veste où était écrit le mot police. Mais l’identification visuelle, selon Chris Butler, n’est pas toujours suffisante.

Les cinq membres du jury délibèrent

Les membres du jury disposent de trois heures pour accomplir deux tâches importantes.

D’abord, selon la preuve présentée, ils devront formellement confirmer l'identité de la personne morte, la façon dont elle a perdu la vie, ainsi que le moment, l'endroit et la cause de sa mort.

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Émily Caissy est la coroner qui préside à l'enquête sur la mort de Chantel Moore.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Sur la cause de la mort, les membres du jury ont le choix entre cinq options. Il peut s'agir d'un homicide, d'un suicide, d'une mort naturelle, d'une mort par accident, ou d'une mort avec une cause indéterminée.

La coroner Émily Caissy a rappelé au jury qu'ils ne doivent pas déterminer de responsabilité dans la mort de Chantel Moore.

Le jury pourra formuler des recommandations dont l’objectif est de prévenir des morts semblables à l’avenir.

Après les recommandations du jury, la coroner pourra elle aussi ajouter des recommandations.

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