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1730 militaires ukrainiens d’Azovstal se sont rendus depuis lundi

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Les soldats ukrainiens qui se sont rendus aux forces russes sont fouillés avant d'être transportés par autobus.

Photo : via reuters / Ministère russe de la Défense

Radio-Canada

Le ministère russe de la Défense a annoncé jeudi que 1730 militaires ukrainiens retranchés sur le site sidérurgique d’Azovstal de Marioupol s’étaient rendus depuis lundi.

Au cours des dernières 24 heures, 771 combattants du régiment nationaliste Azov se sont rendus, sur le site sidérurgique d’Azovstal à Marioupol. Au total depuis le 16 mai, 1730 combattants, dont 80 blessés, se sont constitués prisonniers, indique le ministère dans un communiqué.

Le ministère a diffusé une vidéo montrant des militaires sortant du site sidérurgique et se faisant contrôler par des soldats russes avant de monter dans des autobus. Parmi les Ukrainiens, certains sont blessés et certains marchent avec des béquilles.

Ces militaires étaient retranchés depuis plusieurs semaines dans les galeries souterraines de l’immense aciérie d’Azovstal, devenant un symbole international de la résistance à l’offensive russe lancée le 24 février.

Mercredi, alors que 959 soldats s’étaient déjà rendus, le dirigeant séparatiste prorusse Denis Pouchiline avait affirmé qu’il y avait initialement plus de 2000 personnes dans l’aciérie.

Les commandants et les combattants de haut rang du [régiment] Azov ne sont pas encore sortis du dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette cité portuaire, a-t-il renchéri.

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Denis Pouchiline affirme que d'autres soldats ukrainiens, dont les dirigeants du régiment d'Azov, ne se sont toujours pas rendus.

Photo : afp via getty images / Olga Maltseva

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a enregistré comme prisonniers de guerre des centaines de ces combattants ukrainiens depuis mardi. Le CICR, qui a pour mission d'assurer le respect du droit humanitaire international, a expliqué que le processus d'enregistrement comprenait, entre autres, la collecte de renseignements au sujet des soldats pour s'assurer de leur bien-être.

Plusieurs centaines de civils s’étaient réfugiés dans ces sous-sols; ils ont été évacués fin avril.

Marioupol détruite par les bombardements devant l'aciérie Azovstal.

Vue aérienne de l'aciérie Azovstal à Marioupol., le 10 mai 2022.

Photo : afp via getty images / Stringer

Les autorités ukrainiennes veulent organiser un échange de prisonniers de guerre, mais les autorités russes ont indiqué à maintes reprises qu’elles considéraient au moins une partie d’entre eux non pas comme des soldats, mais comme des combattants néonazis.

Le port stratégique de Marioupol, où se situe le site industriel d’Azovstal, a été complètement ravagé par les combats. L'Ukraine affirme que plus de 20 000 civils y ont péri.

La prise totale de la ville constituerait une avancée importante pour la Russie. Elle lui permettrait de relier par voie terrestre la péninsule de Crimée (sud), que Moscou a annexé en 2014, aux parties du Donbass (est) déjà aux mains de séparatistes prorusses.

Exactions alléguées

Les Russes volent à Marioupol. Les occupants essaient désormais de remettre en ordre le port de commerce pour exporter l’équivalent de millions de dollars de céréales, de produits métallurgiques, a fait valoir mercredi soir sur Telegram la mairie de Marioupol.

Selon un responsable américain s’exprimant mercredi sous le couvert de l’anonymat, des responsables russes reconnaissent que, bien qu’elles revendiquent être les "libératrices", les troupes russes commettent des actes graves dans la ville, y compris le passage à tabac et l’électrocution de responsables de la ville, et elles pillent des logements.

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Plus de 20 000 civils ont péri à Marioupol, selon le gouvernement ukrainien.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Des responsables russes s’inquiètent du fait que ces actes puissent inciter davantage les habitants de Marioupol à résister à l’occupation, a-t-il poursuivi.

Des enquêtes des autorités ukrainiennes et d’organismes étrangers sont en cours concernant les nombreuses accusations d’exactions et de crimes de guerre perpétrés par les troupes russes. La Cour pénale internationale a dépêché une équipe de 42 enquêteurs et experts, soit sa plus grande mission jamais envoyée sur le terrain.

Plus de 8000 cas présumés de crimes de guerre ont été recensés en Ukraine, affirmait fin avril la procureure générale d’Ukraine Iryna Venediktova.

Un procès pour crime de guerre s’est ouvert mercredi à Kiev, le premier depuis l’invasion. Le soldat de 21 ans Vadim Chichimarine est accusé d’avoir abattu fin février un civil de 62 ans qui circulait, non armé, à bicyclette. Il a plaidé coupable et risque la prison à perpétuité.

Marioupol, point de départ pour de nouvelles négociations de paix?

La situation à Marioupol n’est toutefois pas dénuée d’espoir, à en croire le responsable de l’ONU pour les situations d’urgence, Martin Griffiths. Elle pourrait même représenter une base sur laquelle relancer les pourparlers de paix, d’après lui.

Les opérations d’évacuation de civils menées conjointement par le CICR et l’ONU, mais aussi la reddition de combattants d’Azovstal ces derniers jours, n’auraient pas pu avoir lieu, bien sûr, sans la coopération entre les autorités de la Fédération russe et de l’Ukraine, a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Genève.

« J’aime à croire que le fait que cette coopération a fonctionné relativement bien, en tout cas beaucoup mieux que les semaines précédentes, est une chose sur laquelle on peut bâtir. »

— Une citation de  Martin Griffiths, responsable de l’ONU pour les situations d’urgence

Les ports ukrainiens sont sous blocus russe et la Russie, pour sa part, ne peut exporter ses engrais pour cause de sanctions internationales. Deux éléments qui contribuent fortement à la flambée des prix de la nourriture et au développement d’une crise alimentaire, a rappelé M. Griffiths. Ce dernier revient d’une visite dans la Corne de l’Afrique, où des millions de personnes sont au bord de la famine.

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La Turquie a accueilli des négociations de pays entre les Ukrainiens et les Russes, mais elles se sont avérées infructueuses (archives).

Photo : Associated Press / PRÉSIDENCE TURQUE

La Turquie a accueilli par deux fois des négociations directes entre les deux parties et le président turc Recep Tayyip Erdogan veut désormais un sommet entre les présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les chances d’une reprise des discussions paraissent toutefois bien lointaines pour le moment. Ne nous offrez pas de cessez-le-feu – c’est impossible dans le retrait total des troupes russes, a écrit un conseiller du président Zelensky, dans un message sur Twitter adressé au Kremlin. Tant que la Russie ne sera pas prête à quitter tous les territoires occupés, notre équipe de négociation, ce sont les armes, les sanctions et l’argent, a martelé Mykhailo Podolyak, qui a d’ailleurs participé à des séances de pourparlers avec les Russes.

Et alors que ses échanges avec Kiev semblent au point mort ou presque, le Kremlin a partiellement rouvert les canaux de communication avec Washington.

Pour la première fois depuis le mois de février, les chefs d'état-major américain et russe se sont parlé jeudi au téléphone. Le général Mark Milley et le général Valéri Guerassimov ont discuté de plusieurs sujets de préoccupation en matière de sécurité, a précisé le porte-parole de l'état-major américain, le colonel Dave Butler.

Il aurait été question de la situation en Ukraine, d'après une source russe, mais il sera difficile d’en savoir davantage sur les sujets abordés par les généraux. Ils ont convenu de ne publier aucun détail supplémentaire.

Leur entretien intervient moins d'une semaine après une rencontre du secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, avec son vis-à-vis russe, le ministre Sergueï Choïgou, qui se parlaient eux aussi pour la première fois depuis le début de l'offensive russe.

Au moins 12 morts dans des bombardements russes dans l'est

Au moins 12 personnes ont été tuées et 40 autres blessées jeudi dans des bombardements russes nourris sur la ville de Severodonetsk, dans l'est de l'Ukraine, quasiment encerclée par les forces de Moscou, a annoncé le gouverneur régional.

Les Russes ont commencé à bombarder dans la matinée le centre régional de manière aléatoire avec des armes lourdes. Les bombardements se poursuivent, a dit sur Telegram le gouverneur de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï.

Selon lui, la plupart des tirs ont touché des immeubles d'habitation et le bilan pourrait s'alourdir vu l'impossibilité d'inspecter les zones bombardées.

Le maire de Severodonetsk, Oleksandre Striouk, avait annoncé le 6 mai que sa ville était quasiment encerclée par les militaires russes et les séparatistes prorusses du Donbass, qui essaient de prendre le contrôle total de la région.

Selon lui, 15 000 des 100 000 habitants que comptait cette cité avant la guerre sont encore sur place.

Severodonetsk, l'une des quelques villes d'importance dans cette région encore aux mains des Ukrainiens, ainsi que la ville jumelle de Lyssytchank, sont situées à près de 80 kilomètres à l'est de Kramatorsk, devenu le centre administratif du Donbass ukrainien depuis que les séparatistes se sont emparés de la partie orientale de ce grand bassin houiller en 2014.

Notre dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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