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Les urgences débordent, les soignants et les patients écopent

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30 % des patients soignés dans les urgences des hôpitaux de la grande région de Québec ne devraient pas s'y trouver.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

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La tendance ne s’inverse pas et cela demeure inquiétant : les urgences de la grande région de Québec débordent. Une situation intenable pour le personnel soignant et décourageante pour les patients.

Les chiffres donnent le vertige. En fin d'après-midi mercredi, les urgences de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus affichaient un taux d'occupation de 129 %. Il était de 141 %, à celles de l'Hôtel-Dieu de Lévis et de 180 % à celles de l’Hôpital de Montmagny.

Difficile de travailler sereinement dans ces conditions. On a peur de perdre du monde, on a peur de faire des erreurs à 200 % d’occupation. [...] C’est difficile, lâche Louis Tremblay, infirmier aux urgences de l'Hôpital de Montmagny.

Ils repartent sans avoir consulté un médecin

Les services fonctionnent à flux tendu et cela se répercute sur ceux qui ont besoin de soins. Le temps d’attente pour voir un médecin s’allonge. Louis Tremblay le constate, de plus en plus de malades refusent de patienter.

Des gens viennent à l’urgence, s’inscrivent au triage et de guerre lasse, s’en retournent à la maison sans avoir consulté. Ce phénomène s'intensifie depuis ces dernières semaines.

On est rendu à des taux de 15 % de gens qui viennent aux urgences et qui repartent sans avoir pu voir un médecin, indique le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec.

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Le Dr Gilbert Boucher, président de l'Association des spécialistes en médecine d'urgence du Québec, se désole de ne plus être en mesure de soigner convenablement les personnes qui se présentent aux urgences.

Photo : Radio-Canada

Si les urgences sont à ce point engorgées, c’est parce que des patients qui devraient être hospitalisés restent aux urgences, faute de place.

Fin des primes COVID

Dans le réseau, 30 % des civières sont occupées par des patients beaucoup plus que 24 heures. C’est du jamais vu. [...] Pendant la pandémie, on l’a accepté. Mais là, c’est plus possible, commente le Dr Boucher. Et pour cause, on est revenu à des taux d’achalandage prépandémiques.

Mauvaise nouvelle pour les travailleurs de la santé, les primes COVID ne sont plus accordées depuis samedi. Du temps de ces primes, les heures supplémentaires étaient payées doubles et donnaient droit à une demi-journée de congés en plus.

Nancy Hogan, la présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec, aimerait que le gouvernement les réinstaure.

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Nancy Hogan, la présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec (FIQ), redoute que des travailleurs en milieu hospitalier, acculés par la pression, démissionnent. Ce qui accentuerait le manque déjà criant, de personnel.

Photo : Radio-Canada

Avec ces primes, on gardait notre monde. C'était un attrait. J’ai peur que plein de monde quitte. C'est inadéquat d’avoir arrêté ces primes-là.

Les semaines à venir dans le milieu hospitalier seront-elles sans nuages ou à l’orage? Cela reste à vérifier.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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