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Les vols financés par des points Aéroplan pour des Ukrainiens reportés en juin

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Ottawa s'est engagé à noliser des vols pour les Ukrainiens dont les dossiers ont été approuvés en vertu de l'Autorisation de voyage d'urgence Canada-Ukraine (AVUCU).

Photo : Getty Images / Angelos Tzortzinis

La Presse canadienne

Les premiers vols commerciaux offerts gratuitement à des Ukrainiens au moyen d'une collecte de fonds en points Aéroplan et en argent, annoncés par le gouvernement fédéral il y a près d'un mois, ne seront disponibles qu'en juin.

Lancée en partenariat avec Air Canada et avec des organismes caritatifs, cette initiative a pour objectif de financer le transport par avion d'environ 10 000 personnes qui ont fui l'invasion russe en Ukraine.

Au moment de cette annonce, le 20 avril, l'organisation Miles4Migrants, qui travaille dans le domaine de la logistique, avait dit s'attendre à ce que les vols commencent dès le mois de mai. L'organisme estime désormais que ce sera le cas dans quelques semaines puisque le coup d'envoi n'est pas prêt à être donné au programme.

Nous sommes en voie de lancer le programme au début de juin, ce qui représente seulement un très léger délai. [...] Nous procédons ainsi pour nous assurer que le processus en place au niveau opérationnel est conçu pour réussir, a dit en entrevue à La Presse canadienne Andy Freedman, cofondateur et membre du conseil d'administration de cette organisation établie aux États-Unis.

Une fois le programme lancé, Miles4Migrants s'attend à ce que les premiers vols soient disponibles vers la mi-juin.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Accompagnement direct aux Ukrainiens

M. Freedman affirme que les fonds déjà amassés sont prêts à être utilisés pour réserver des places à bord des avions mais que l'organisation doit d'abord peaufiner les détails de son programme pour fournir un accompagnement direct aux Ukrainiens avec ses partenaires. Il indique que le travail de coordination en cours avec d'autres organismes à but non lucratif, de même qu'avec le gouvernement, doit par exemple permettre de s'assurer que les personnes qui s'inscrivent sont bel et bien admissibles, que les Ukrainiens ont quelqu'un vers qui se tourner si leur vol est annulé et qu'un soutien adéquat leur soit donné à leur arrivée.

Nous ne voulons pas lancer un programme où tous ces éléments ne sont pas réunis, explique M Freedman.

Il mentionne que Miles4Migrants, qui a pour mission d'utiliser des dons en points pour fournir du transport par avion gratuit à des réfugiés, a déjà travaillé avec des organismes à but non lucratif canadiens par le passé et a collaboré aux efforts de réinstallation d'Afghans avec le gouvernement américain.

La collecte de points Aéroplan lancée en collaboration avec le gouvernement canadien a permis de recueillir plus de 144 millions de points jusqu'à présent, selon une page web d'Air Canada.

Le transporteur aérien précise que ce total inclut son don de 100 millions de points annoncé le 20 avril. Le rôle d'Air Canada est celui de donateur [...]. La mise en œuvre de ce programme ainsi que toute la logistique qui en découle relèvent de Miles4Migrants et du gouvernement, écrit-on dans un courriel.

Air Canada n'a pas précisé combien de trajets pourraient être financés avec les fonds accumulés jusqu'à présent.

La fondation Shapiro, qui fait aussi partie de ce partenariat, s'est engagée à verser un don équivalent en points Aéroplan à hauteur de 50 millions de points. Des dons en argent sont aussi recueillis par la Jewish Foundation of Greater Toronto.

Le rôle du gouvernement fédéral

Questionné sur le rôle d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada dans l'initiative pilotée par Miles4Migrants, le bureau du responsable de ce ministère, le ministre Sean Fraser, répond qu'il consiste à aider les ressortissants ukrainiens à assembler la documentation nécessaire sur le terrain, par exemple le fait d'avoir en main une approbation du programme d'Autorisation de voyage d'urgence Canada-Ukraine (AVUCU).

L'AVUCU donne accès à une résidence temporaire pendant trois ans à des Ukrainiens et aux membres de leur famille immédiate. Selon les plus récentes données publiées par Ottawa, les dossiers de 104 553 personnes ont été approuvés.

Le ministre Fraser a publiquement répété à plusieurs reprises qu'un grand nombre de personnes demandent l'AVUCU sans savoir si elles l'utiliseront ou si elles resteront ailleurs, plus près de l'Ukraine.

Le bureau du ministre soutient que le partenariat avec Miles4Migrants est un complément aux vols nolisés offerts par le gouvernement canadien à certains bénéficiaires de l'AVUCU, parlant d'une approche à deux volets.

Pour l'heure, trois vols nolisés ont été annoncés. Ceux-ci, qui doivent être effectués les 23 mai, 29 mai et 2 juin, permettront à environ 300 personnes de monter à bord, selon une porte-parole de l'équipe de M. Fraser.

Ottawa peut en faire davantage, selon l'opposition

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), Alexandre Boulerice, juge que l'approche sur deux fronts du gouvernement est inefficace et qu'Ottawa devrait annoncer davantage de vols nolisés plus rapidement.

Déjà, le Canada n'est pas le plus efficace sur le terrain, et là, on vient de trouver une espèce de solution public-privé [...]. Il y a encore beaucoup de questions et on n'a pas le temps de se poser ces questions-là, dit-il en précisant qu'il critique les actions du gouvernement et non celles de ceux avec qui il est devenu partenaire.

Le Bloc québécois demande lui aussi des vols nolisés supplémentaires. Son porte-parole en matière d'immigration, Alexis-Brunelle Duceppe, dit avoir l'impression que le gouvernement a essayé de gagner du temps en annonçant la collecte de fonds et ne fait absolument rien pour alléger le fardeau logistique.

Ils prennent le mérite d'un programme pour lequel ils n'ont aucun rôle et, en plus de ça, ce programme-là n'est toujours pas en place, dit-il.

Dans une déclaration écrite, le porte-parole des conservateurs en matière d'immigration, Jasraj Singh Hallan, dit estimer qu'Ottawa aurait dû prévoir le temps de mise sur pied du partenariat au moment de l'annoncer. Lorsque le gouvernement fait des annonces, celles-ci doivent être accompagnées d'actes et de gestes concrets et non de belles paroles, fait-il valoir.

À ce sujet, le bureau du ministre Fraser soutient que le fait que les choses finissent parfois par prendre plus de temps à être organisées ne devrait pas empêcher [ le gouvernement ] d'être clair avec le public à propos du genre d'initiatives qu'il prend.

Par ailleurs, tant les conservateurs que les bloquistes et les néo-démocrates ont réitéré leur demande afin que toute exigence de visa pour les Ukrainiens soit levée.

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