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Itinérance : le Local Centre-Ville risque de fermer dans Saint-Roch

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Selon différents intervenants et organismes communautaires, le phénomène de l’itinérance gagne en importance au centre-ville de Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

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Incapable de trouver un nouvel espace où poursuivre ses activités, Le Local Centre-Ville, un organisme qui vient en aide à des personnes marginalisées et en situation d’itinérance du quartier Saint-Roch, à Québec, fermera ses portes dans moins d’un mois, sauf revirement.

Depuis son ouverture en décembre 2020, Le Local occupe une partie du sous-sol de l’église Saint-Roch. Le bail de l’organisme arrive à échéance le 30 juin et ne pourra être renouvelé.

Malgré des démarches entamées il y a plusieurs mois et l’appui de nombreux partenaires, dont la Ville de Québec et son maire, Bruno Marchand, Le Local cherche encore un endroit lui permettant de poursuivre sa mission.

La directrice du Projet intervention prostitution Québec (PIPQ), Geneviève Quinty, est à l’origine de la création du Local. Elle explique que les règles entourant le financement des organismes communautaires viennent compliquer les choses.

Manque de leviers

Les programmes gouvernementaux ne financent pas l'aspect locatif des locaux [...] La Ville ne trouve pas les leviers, le CIUSSS [de la Capitale-Nationale] non plus, pour ces raisons-là ou pour des raisons administratives qui font qu'en ce moment, un organisme communautaire ne peut pas à lui seul assumer l'aspect locatif d'un nouvel espace, déplore Mme Quinty.

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Geneviève Quinty affirme qu’il est « minuit moins une » pour trouver un espace permettant au Local de continuer sa mission auprès des personnes en situation d’itinérance. (Archives)

Photo : Radio-Canada

La directrice du PIPQ réclame une plus grande souplesse dans les programmes de financement et les politiques administratives des organisations, qu’elle juge trop rigides.

À preuve, l’intervenante raconte avoir trouvé un espace locatif dont le propriétaire était sensible et très ouvert à l’idée d'accueillir Le Local. Le projet d’y relocaliser les activités de l’organisme est toutefois tombé à l’eau, aucun de ses partenaires n’étant autorisé à offrir les garanties lui permettant de signer un bail.

À défaut de trouver une solution, Le Local mettra fin à ses activités le 17 juin. Les 25 intervenants qui travaillent pour l'organisme perdront alors leur emploi.

Unanimité

La nécessité d’avoir un espace d’accueil comme Le Local fait pourtant consensus dans la communauté, assure Geneviève Quinty.

Tout le monde s’entend pour dire que c’est un besoin qui est réel et qui est aussi urgent : la Ville, le CIUSSS, les citoyens, les commerçants, les conseils de quartier, le service de police.

« Quand tout le monde s'entend, qu'est-ce qu'il reste à faire? C'est un peu la question qu'on pose parce que nous autres, on a le sentiment d'avoir fait le tour et d’avoir [tout] essayé. »

— Une citation de  Geneviève Quinty, instigatrice du Local Centre-Ville

Au cours de la dernière année, Le Local est venu en aide à environ 450 personnes en situation d’itinérance ou à risque de l’être. L’organisme a enregistré près de 57 000 visites et servi quelque 30 000 repas et collations.

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Le coordonnateur du Local, Olivier Gagné, soutient que les ressources pour personnes en situation d’itinérance à Québec fonctionnent déjà à la limite de leurs capacités. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Dominic Martel

Les gens pouvaient venir chercher des réponses à leurs besoins de base : un repas, une douche chaude, un peu de chaleur pour passer au travers de l'hiver. Surtout un peu de chaleur humaine, une relation, une occasion d'être vus et entendus dans leur souffrance, dans leur parcours de vie, confie le travailleur de rue et coordonnateur du Local, Olivier Gagné.

« Au-delà d'un lieu d'accueil, c'est un espace vraiment relationnel où les gens peuvent déposer la lourdeur de leur histoire de vie et être accueillis de façon humaine. »

— Une citation de  Olivier Gagné, travailleur de rue et coordonnateur du Local Centre-Ville

Si Le Local doit cesser ses activités, les autres ressources d’aide à l’itinérance, déjà à la limite de leurs capacités, risquent d’en subir les contrecoups, prévient l'intervenant.

Il y a présentement beaucoup de craintes qui sont exprimées de la part des partenaires avec lesquels on est en contact, qui s'attendent à devoir accueillir une vague supplémentaire alors qu'ils peinent déjà à tenir le cap, indique Olivier Gagné.

Locaux mal adaptés

La paroisse de Sainte-Marie de l’Incarnation, qui gère l’église Saint-Roch, ne souhaite pas renouveler le bail du Local au-delà du 30 juin.

Joint au téléphone par Radio-Canada, le curé de l’église, l’abbé Michel Drouin, affirme que l’espace loué par la paroisse ne permet pas de répondre aux besoins de l’organisme, à commencer par les installations sanitaires.

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Les responsables de l’église Saint-Roch ne souhaitent pas reconduire le bail du Local. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Raymond Routhier

Le local ne dispose que d’une toilette pour un achalandage moyen 50 à 60 usagers, selon les estimations de l’abbé Drouin. C’est sans compter, dit-il, sur le comportement d’une partie de la clientèle.

Mobilier abîmé, fenêtres cassées, alarme incendie déclenchée à répétition, déchets jonchant le sol, la cohabitation avec les usagers du Local présente son lot de défis, admet l’homme d’Église.

Un problème de gestion?

Il ajoute que la paroisse devra dépenser entre 25 000 $ et 30 000 $ pour remettre les lieux en état.

L’abbé Drouin y voit un problème de gestion. Il mentionne ne jamais avoir connu de tels problèmes à l’époque du Rendez-Vous Centre-Ville, un refuge pour sans-abri que dirigeait autrefois l’organisme Lauberivière dans le sous-sol de l’église Saint-Roch.

Avec la collaboration d’Alexandre Duval

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