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Un père affirme que sa fille est victime de racisme dans une école de Hamilton

La façade l'immeuble du conseil scolaire.

L'adolescente va dans une école du Hamilton-Wentworth Catholic District School Board.

Photo : Google Maps

Radio-Canada

Le père d'une adolescente de 14 ans affirme qu’à la rentrée en septembre, elle avait très hâte d’aller à l’école, qui se trouve dans le quartier de Stoney Creek à Hamilton.

AVERTISSEMENT : Cet article contient des détails qui pourraient choquer certains lecteurs.

Or, selon lui, sept mois plus tard, sa fille a peur de quitter la maison et a des pensées suicidaires. La famille dit que c'est à cause de la violence et du racisme anti-Noirs qu'elle a subis à l'école.

Le père a déclaré que le Hamilton-Wentworth Catholic District School Board [HWCDSB, Conseil scolaire catholique du district de Hamilton-Wentworth, traduction libre] n'a pas répondu de manière adéquate aux préoccupations de sa famille. Il coordonne maintenant ses efforts avec ceux de groupes de défense communautaires comme Parents of Black Children, un organisme sans but lucratif, afin de faire changer les choses.

Je me sens tellement impuissant, a-t-il déclaré à CBC Hamilton le 13 mai, deux jours après avoir rencontré les représentants du HWCDSB et le personnel de l'école pendant plus de cinq heures pour discuter de la question.

CBC Hamilton ne nomme pas l'adolescente, ses parents ou son école par souci de son bien-être. Radio-Canada fait de même.

Je suis inquiet, non seulement pour mon enfant, mais aussi pour les autres enfants noirs, a déclaré le père.

Un porte-parole du conseil scolaire a déclaré à la CBC que celui-ci prenait les préoccupations au sérieux et qu'il revoyait ses processus et ses pratiques.

Les groupes communautaires présents à la réunion ont déclaré qu'ils n'en étaient pas satisfaits.

Nous reconnaissons que le racisme anti-Noirs existe au sein de notre conseil scolaire et, en tant que système scolaire catholique, nous nous engageons à éradiquer le racisme sous toutes ses formes et à créer des environnements inclusifs et accueillants, a déclaré le président du conseil scolaire, Pat Daly, dans un courriel.

Allégations de violences

Le père a déclaré que des intimidateurs ont commencé à cibler sa fille environ un mois après le début de l'année scolaire.

Il a ajouté que sa fille lui a dit que des personnes publiaient des photos d'elle en ligne, l'appelaient par un surnom raciste et faisaient des commentaires désobligeants sur son apparence.

À ce moment, le père dit avoir contacté l'école. On lui aurait répondu que la direction enquêtait, mais que certains comptes de médias sociaux liés à la situation avaient déjà disparu.

Il dit ne pas connaître les résultats de cette enquête.

Le harcèlement se serait poursuivi et aurait atteint un point critique le 6 décembre 2021. Selon le père de la fille, celle-ci se trouvait dans les toilettes lorsque deux élèves lui ont craché dessus et l'ont attaquée.

Il a dit que l'incident a été enregistré en vidéo et partagé sur les médias sociaux. CBC Hamilton n'a pas vu la vidéo. (Parents of Black Children ne la partage pas avec les médias pour protéger l'identité de l'enfant.)

Ils l'ont battue avec une telle haine, a déclaré le père, faisant référence à ce qu'il a vu dans la vidéo.

L'incident est survenu peu de temps après la publication d'un rapport du Hamilton Centre for Civic Inclusion, selon lequel presque tous les élèves noirs interrogés ont déclaré ne pas se sentir en sécurité à l'école et avoir été confrontés au racisme.

Une commotion cérébrale

Toujours selon le père, sa fille lui aurait raconté l’attaque et se serait plaint de maux de tête. Celui-ci a ensuite emmené sa fille à l’hôpital, où on lui aurait diagnostiqué une commotion cérébrale.

Il a ajouté que l'école n'a pas contacté la police et qu'il a dû lui signaler l'incident lui-même. Or, le ministère de l'Éducation exige que les conseils scolaires appellent la police si un élève agresse quelqu'un de façon suffisamment grave pour nécessiter un traitement médical.

Le porte-parole du HWCDSB a déclaré à la CBC que celui-ci était au courant de l'incident et que le père avait contacté la police. Il n'a pas répondu à une question spécifique sur les raisons pour lesquelles l'école n'a pas appelé la police.

Le porte-parole du conseil a déclaré qu'il avait communiqué avec les familles le 14 décembre au sujet de l'incident par le biais de son portail des parents, indiquant que l'administration enquêtait et allait imposer les conséquences appropriées.

Interrogée sur l'incident le 6 décembre, un porte-parole de la police de Hamilton a déclaré à la CBC que deux jeunes avaient été accusés d'agression causant des lésions corporelles et qu'elle n'avait trouvé aucune preuve de crime haineux.

La famille croit que l'incident était motivé par la race.

La direction de l'école a déclaré qu'elle ne pouvait pas faire de commentaires sur des questions disciplinaires spécifiques.

Isolée

Le père de l’adolescente affirme qu’en raison des mesures de sécurité imposées par le conseil scolaire sur sa fille, elle doit maintenant entrer et sortir de l'école par une seule porte, éviter toute communication avec les autres élèves et quitter l'école dès que possible après la fin de ses cours.

Le père a également déclaré que le conseil scolaire n'a pas suivi son propre protocole de commotion cérébrale pour les élèves.

Le porte-parole du conseil scolaire n'a pas répondu aux questions de la CBC concernant les commotions cérébrales.

Le père a déclaré que l'intimidation a continué d’empirer et que sa fille reste depuis un mois à la maison, ce qui a des répercussions sur ses notes et sa santé mentale.

Une réunion de plus de cinq heures

Selon le père, le conseil scolaire a ignoré ses préoccupations à plusieurs reprises. C’est pour cette raison qu’il a contacté Parents of Black Children et trois autres groupes communautaires.

Le 11 mai, la famille et des représentants de ces groupes ont rencontré le directeur du HWCDSB, David Hansen, et d'autres administrateurs.

Plusieurs personnes autour d'une table de réunion.
Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les journalistes n'ont pas été admis à la réunion, qui a duré plus de cinq heures.

Photo : Radio-Canada / Bobby Hristova/CBC

Selon le père, sans les actions de ces groupes d’activistes, la réunion n’aurait pas eu lieu.

Ils ont tenté de faire rentrer des journalistes dans la salle où se tenait la réunion, mais les représentants du conseil scolaire ont refusé de procéder à la réunion en présence des membres des médias.

La réunion a commencé vers 13 h 45 et a duré plus de cinq heures.

Charline Grant, cofondatrice de Parents of Black Children, y était. Elle a déclaré qu’il s’agissait de la plus longue réunion à laquelle elle avait participé avec un conseil scolaire.

Elle a ajouté que l'agent d'équité du conseil scolaire n'était pas au courant de l'incident dans les toilettes avant qu'il ne soit discuté lors de la réunion. Le conseil n'a pas répondu aux questions à ce sujet.

Mme Grant a déclaré que le conseil scolaire était désemparé face au racisme anti-Noirs dans ses écoles.

Elle ajoute que les réponses des membres du conseil aux questions formulées durant la réunion ont été les pires de toute sa carrière. J'ai quitté cette école en ayant le sentiment que tout enfant noir ou racialisé dans cette école ou ce conseil scolaire a de sérieux problèmes.

Faire mieux

CBC Hamilton a interrogé le HWCDSB sur les préoccupations relatives à la réunion du 11 mai.

Son président, Pat Daly, n'était pas présent à la réunion. Il répond que le HWCDSB prend toutes les allégations de racisme et d'intimidation extrêmement au sérieux. Il a ajouté que le personnel de l'école avait apprécié d'entendre les familles et les groupes communautaires.

Un portrait de Pat Daly dans une salle de réunion.

Pat Daly est le président du conseil scolaire. Il n'a pas participé à la réunion.

Photo : Radio-Canada / Samantha Craggs/CBC

Nous allons revoir nos processus et nos pratiques au niveau de l'école et du système, et mettre en place des mesures de soutien pour l'élève. En tant que conseil scolaire et en tant que communauté chrétienne catholique, nous reconnaissons que nous pouvons et devons faire mieux.

Mme Grant a déclaré que la réponse générique de M. Daly augmentait davantage sa frustration.

Elle a ajouté que le groupe a recommandé au conseil scolaire de demander à la police d’ouvrir une enquête de crime haineux en lien avec les incidents impliquant l’adolescente de 14 ans, de contacter la Société d'aide à l'enfance et de créer un comité d'équité.

Mme Grant croit également que le ministère de l'Éducation devrait faire enquête.

Le 13 mai, CBC a obtenu des réponses du ministère en lien avec la situation. Le porte-parole n’a pas précisé si le ministère enquêtait sur cette affaire en particulier. Le porte-parole a condamné la violence dans les écoles. Il a également déclaré que, bien que le ministère offre un financement et des cadres pour les écoles, les conseils scolaires sont responsables du fonctionnement des écoles et font des choix quant aux ressources disponibles pour la communauté.

Le père a déclaré qu'il craignait que d'autres enfants ne vivent ce que sa fille a vécu et qu'il souhaitait que le conseil scolaire agisse immédiatement.

Ce que je cherche, c'est que mon enfant soit traité comme n'importe quel autre enfant qui peut aller à l'école et se sentir à l'aise.

En 2020, les conseillers scolaires ont adopté un plan de lutte contre le racisme qui prévoyait la création d'un comité chargé d'écouter les élèves racisés, de renforcer la formation en matière de lutte contre le racisme et d'embaucher un responsable de l'équité.

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