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Variole du singe : au moins 13 cas en cours d’examen à Montréal

Des éclosions similaires ont récemment été recensées dans plusieurs pays d’Europe.

Une image en noir et blanc, captée au microscope.

Cette image captée au microscope montre des virions matures de forme ovale de la variole du singe, à gauche, et des virions immatures sphériques, à droite, obtenus à partir d'un échantillon de peau humaine associé à l'épidémie américaine de 2003.

Photo : Cynthia S. Goldsmith et Russell Regner

La santé publique de Montréal confirme que plusieurs cas de variole du singe sont à l’étude dans la métropole. Tout comme ce qui se passe en ce moment en Europe, dont 9 par les autorités britanniques, qui ont précisé que « les cas récents [étaient] principalement des homosexuels, des bisexuels ou des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».

La variole du singe est une maladie virale, aussi appelée orthopoxvirose simienne ou monkeypox en anglais, qui se manifeste généralement par de la fièvre, des maux de tête ou de dos, des douleurs musculaires, des ganglions lymphatiques enflés et des éruptions cutanées similaires à celles provoquées par la varicelle.

Endémique en Afrique de l’Ouest, cette maladie est plutôt rare en Europe et en Amérique du Nord. Elle se transmet généralement au contact d’animaux infectés, mais elle peut aussi être propagée par les humains. Aucun traitement n'existe, mais elle se guérit généralement d'elle-même.

Des éruptions cutanées sur les mains d'un homme.

Des éruptions cutanées peuvent survenir chez les personnes aux prises avec la variole simienne.

Photo : Brian W.J. Mahy

Or, des éclosions ont récemment été recensées au Royaume-Uni, en Espagne et au Portugal. En tout, plus de 50 cas suspects ou confirmés ont été signalés jusqu’à maintenant, dont 9 par les autorités britanniques, qui ont précisé que les cas récents [étaient] principalement des homosexuels, des bisexuels ou des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le premier cas de variole du singe détecté en dehors de l'Afrique a été confirmé par les autorités britanniques le 6 mai. La personne infectée revenait d'un voyage au Nigeria.

Depuis, le Royaume-Uni a recensé huit autres cas, tous contaminés à l'intérieur du pays, ce qui fait craindre aux autorités une transmission communautaire du virus.

La variole du singe semble se propager, constate la Dre Angela Rasmussen, virologue et chercheuse à l'Université de la Saskatchewan.

Cela signifie ou bien qu'il s'agit d'une variante plus transmissible [de la maladie] que toutes celles que nous avons vues auparavant, ou bien qu'il existe des comportements associés à une transmission accrue, dit-elle.

Du Massachusetts au Québec?

Mercredi, un premier cas a également été détecté aux États-Unis par le département de la Santé publique du Massachusetts, qui a indiqué que l'homme en question avait récemment voyagé au Canada. Le site web spécialisé en santé STAT News a par la suite précisé qu'il s'était rendu au Québec.

Le cas ne présente aucun risque pour le public, et la personne est hospitalisée et en forme, ont indiqué dans un communiqué les autorités du Massachusetts, qui collaborent avec les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), la principale agence sanitaire fédérale du pays.

De son côté, le ministère québécois de la Santé et des Services sociaux (MSSS) affirme avoir été avisé qu'une personne ayant eu un diagnostic [de la variole du singe] a voyagé au Québec.

Pour le moment, le Québec n'a aucun cas confirmé, a déclaré une porte-parole par courriel, mais nous enquêtons sur une dizaine de cas de lésions ulcéreuses génitales, a-t-elle précisé, sans donner davantage de détails.

Jointe par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, l'Agence de la santé publique du Canada a déclaré pour sa part qu'aucun cas de variole du singe ne lui avait encore été signalé.

Une annonce de la santé publique de Montréal jeudi ou vendredi

À Montréal, tous les patients ayant potentiellement contracté la maladie ont été vus dans des cliniques où on diagnostique des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) : quatre à la clinique L'Actuel, cinq à L'Agora et quatre à La Licorne.

Les résultats de leurs tests ont été envoyés dans des laboratoires pour y être analysés. Une annonce devrait être faite d'ici la fin de la semaine.

On a eu quelques cas qui sont en investigation, parce que ce n'est pas facile à diagnostiquer, explique le Dr Réjean Thomas, de la clinique L'Actuel.

« Ça peut ressembler à une syphilis, ça peut ressembler à un herpès. Ça donne des ulcères avec de gros ganglions, et là, il faut faire un prélèvement, et c'est long – avec la COVID, tout est long – avant d'avoir les résultats. »

— Une citation de  Le Dr Réjean Thomas, fondateur et PDG de la clinique médicale L'Actuel

Le Dr Robert Pilarski, de la clinique La Licorne, affirme que ses patients infectés ne réagissent pas aux antibiotiques. Deux d'entre eux auraient eu des contacts avec un patient des États-Unis qui est présentement hospitalisé, dit-il.

L'infection, présentement, nous croyons qu'elle se transmet presque uniquement par le contact direct avec des personnes, explique le Dr Pilarski, soit par des lésions, soit par des vêtements contaminés.

Le temps d'incubation, précise-t-il, est de deux à trois semaines, et les symptômes peuvent [tous] apparaître en même temps.

Une maladie généralement bénigne

En 2003, une épidémie de variole du singe avait frappé les États-Unis. Quelque 70 cas avaient été recensés, mais aucun d’eux n’avait mené à un décès.

Une femme touche un chien de prairie dans une cage.

Une épidémie de variole du singe, causée par des contacts entre des humains et des chiens de prairie infectés, avait frappé les États-Unis en 2003.

Photo : Getty Images / Mike Roemer

La variole du singe est généralement bénigne. Il existe deux souches principales : la souche du Congo, qui est plus grave – jusqu'à 10 % de mortalité –, et la souche ouest-africaine, dont le taux de létalité est d'environ 1 %.

Selon les précisions apportées par l'OMS mercredi, tous les cas confirmés au Royaume-Uni cette année ont été infectés par la souche ouest-africaine.

La variole du singe a été détectée pour la première fois dans les années 1950 lorsque deux épidémies se sont produites dans des colonies de singes utilisés à des fins de recherche. Le premier cas humain a été signalé en 1970 en République démocratique du Congo.

Cette maladie est souvent considérée comme une forme bénigne de la variole. Celle-ci, aussi appelée petite vérole et beaucoup plus grave, a été déclarée éradiquée en 1980, notamment grâce à une campagne de vaccination internationale pilotée par l'OMS.

Le vaccin contre la variole est également efficace contre la variole du singe, mais les programmes de vaccination systématique ont pris fin au Canada au début des années 1970, ce qui a laissé les Canadiens de moins de 50 ans vulnérables à l'infection.

Avec les informations de CBC, Reuters, et Agence France-Presse

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