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Petite enfance : beaucoup d’ambition, mais peu de moyens au Manitoba

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Les gouvernements fédéral et manitobain souhaitent créer 23 000 places de garderie d'ici la fin de l’exercice financier 2025-2026, mais le personnel se fait rare.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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Alors qu’on apprenait mardi la fermeture prochaine de la récente garderie Les P’tits Loups à Saint-Georges, les acteurs du secteur de la petite enfance dénoncent un manque de moyens. Selon eux, la rémunération trop faible des éducateurs et éducatrices est une des principales raisons de la pénurie de personnel qui touche le Manitoba.

C’est un cercle vicieux qui commence par un faible salaire. Tout est lié au manque de respect pour cette profession, explique Susan Prentice, membre de la Coalition pour la petite enfance du Manitoba et professeure de sociologie à l'Université du Manitoba.

Mme Prentice assure que de nombreuses personnes souhaiteraient travailler en garderie, mais que lorsqu’elles se lancent, elles s'aperçoivent bien vite que leur rémunération est insuffisante pour vivre au quotidien. Beaucoup quittent le métier et le secteur de la petite enfance.

La professeure ajoute que la pénurie de personnel ne date pas d’hier. C'est un problème qui touche la province de façon inégale, les régions rurales étant les plus impactées, précise-t-elle.

Pourtant, en août dernier la province et le gouvernement fédéral ont signé une entente qui promet de créer 23 000 places de garderies en plus au Manitoba. Une ambition inatteignable, faute de personnel, d’après Susan Prentice.

Et contrairement à la dynamique de croissance que souhaitent les gouvernements pour le secteur, les garderies ferment. Parmi elles, Les P’tits Loups à Saint-Georges, qui fermera ses portes le 31 mai, bien qu’elle ait ouvert en septembre 2020.

C’est une situation à laquelle on ne s’attendait pas, on vient d’ouvrir cette garderie!, déplore le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage. La gaderie est située dans l'école communautaire de Saint-Georges, l'une de écoles de la Division scolaire franco-manitobaine, qui voit les centres de la petite enfance de ses écoles comme un excellent moyen de préparer les enfants à fréquenter les écoles françaises.

Susan Prentice et M. Lesage s’accordent à dire que le cas de cette garderie n’est pas isolé. Ça existe dans plusieurs garderies, et pas seulement en milieu francophone, dit le président. C’est partout dans la province.

Dans le cas de la garderie de Saint-Georges, le problème vient de l’impossibilité à trouver une direction générale. En effet, le Manitoba exige trois ans d’études pour obtenir ce poste, quand dans les faits, la très large majorité des membres du secteur n'en font que deux.

Prolonger son éducation n’est pas rentable, affirme Mme Prentice. On touche très peu de salaire même après avoir suivi cette formation supplémentaire.

De plus, il est difficile pour ceux qui aimeraient tout de même poursuivre leurs études de le faire. Peu d’écoles offrent cette troisième année de formation, explique la professeure. L’Université de Saint-Boniface et l’Université de Winnipeg le font, mais l’offre reste rare et certains établissements ne parviennent pas à l’offrir chaque année.

Bernard Lesage dit être en discussion avec son administration pour tenter de remédier à la fermeture de la garderie Les P’tits Loups. Il propose par exemple que le directeur d’un autre établissement prenne en charge la gestion de celui-ci le temps de trouver un successeur à la directrice sortante, Cédelynne Lachance.

Pour l’heure, aucune solution n’a été trouvée et le secteur continue de perdre du personnel.

Heureusement, par amour des enfants et du métier, certains éducateurs restent dans ce secteur pas assez respecté et mal payé, conclut Susan Prentice.

Avec les informations d'Abdoulaye Cissoko

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