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Après Buffalo, un expert néo-zélandais prône une meilleure gestion du contenu en ligne

Des fleurs et des chandelles sont déposées au sol.

Des fleurs et des chandelles sont déposées sur le sol, près du lieu de la fusillade à Buffalo, qui a fait 10 morts le 14 mai 2022.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Radio-Canada

Alors que des vidéos de la fusillade de Buffalo survenue le 14 mai dernier ont rapidement circulé sur Internet, un expert néo-zélandais, présent à une rencontre internationale sur la lutte contre les espaces numériques non sécurisés à Winnipeg, appelle à plus de fermeté.

L’ancien examinateur à la censure du contenu en Nouvelle-Zélande, David Shanks, est d’avis que les restrictions pour empêcher la diffusion de telles images devraient être plus sévères.

C’est très triste, et je compatis pleinement avec toutes les personnes concenrées par [la fusillade de Buffalo], dit M. Shanks. Il a été l’examinateur à la censure de la Nouvelle-Zélande pendant cinq ans.

David Shanks fait partie d’un groupe d’experts international présent à Winnipeg pour un événement organisé par le Centre canadien de protection de l'enfance (CCPE).

Le CCPE a regroupé ces experts dans le but d'élaborer des stratégies afin de sécuriser le monde virtuel. La fusillade de Buffalo, survenue seulement quelques jours auparavant, a secoué les participants de l’événement.

Elle a surtout ravivé de douloureux souvenirs pour David Shanks, qui avait pris la décision de bannir de la toile les images de la fusillade de Christchurch en 2019. La tuerie avait fait 50 morts et plusieurs blessés et avait été diffusée en direct par le tireur.

Une telle utilisation des médias sociaux était alors sans précédent, et les images se sont répandues comme un feu de paille, comme le rappelle David Shanks.

J’ai réalisé que nous avions affaire non seulement à une horrible attaque terroriste, mais aussi à un événement médiatique épouvantable et dangereux [...] [La vidéo] se multipliait et était même recommandée à certains utilisateurs , se remémore David Shanks.

Contrairement à d’autres États, la Nouvelle-Zélande conférait à David Shanks le pouvoir de bannir la vidéo en plus de tous les contenus publiés par le tireur. L’événement a provoqué des remous, entraînant une discussion sur la réglementation du contenu sur Internet.

« Qu’est-ce qui retient une nouvelle fois l’attention? Une autre tragédie. »

— Une citation de  David Shanks, expert en gestion du contenu

Dans le cas de Buffalo, la fusillade a fait 10 morts et plusieurs blessés dans un quartier composé majoritairement de personnes noires. Elle est qualifiée par les autorités américaines de crime haineux et d’extrémisme violent motivé par le racisme.

Comme à Christchurch, le tireur a utilisé une caméra attachée à son casque et diffusait les images en direct sur la plateforme Twitch. Selon la police, il aurait tenté d’imiter le massacre néo-zélandais et de répandre son idéologie raciste.

David Shanks pose le 17 mai 2022 à Winnipeg.

David Shanks

Photo : La Presse canadienne / Kelly Geraldine Malone

Dans le cas de la tuerie de Buffalo, les autorités affirment que les images ont rapidement été signalées, ce qui a empêché qu'elles ne se répandent aussi rapidement que celles de Christchurch. Toutefois, les images sont toujours en ligne sur plusieurs réseaux sociaux.

Plus de mesures des gouvernements

De son côté, le secrétaire général de l’organisme anglais Children’s Charities’ Coalition on Internet Safety , également un expert en gestion du contenu, John Carr, croit que les événements de Buffalo mettent en lumière un secteur de la technologie qui ne se régule pas suffisamment de lui-même.

À moins que les gouvernements ne prennent leur juste place [le secteur de la technologie] va continuer à faire les choses de la même façon [...] [Laisser l’industrie] agir de manière volontaire ne fonctionne pas, soutient M. Carr.

La directrice du CPPE, Lianna McDonald, fait partie d’un comité du gouvernement canadien qui travaille à l’établissement d’un ensemble de normes pour s’attaquer au contenu néfaste sur le web.

Le Canada fait partie de plusieurs pays qui souhaitent réglementer davantage le contenu en ligne, outre l’Union européenne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Il y a du changement de la part des gouvernements et des différentes plateformes, mais Mme McDonald estime qu’il est trop lent. Le meilleur moment, c’est maintenant , affirme-t-elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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