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Une primaire républicaine cruciale en Pennsylvanie toujours en suspens

Montage montrant Dave McCormick et Mehmet Oz, en plan rapproché

Au lendemain de la primaire républicaine pour le poste de sénateur de Pennsylvanie, Dave McCormick et Mehmet Oz restent au coude-à-coude.

Photo : Associated Press

Même si les résultats ne sont pas encore connus, l'ex-président Donald Trump a pressé, mercredi, le candidat qu'il soutient dans la course à l'investiture républicaine pour un siège de sénateur de Pennsylvanie de « déclarer victoire ». Le résultat du vote pourrait déterminer à quel parti ira le contrôle du Sénat lors des élections de mi-mandat en novembre.

Toujours en suspens, cette lutte serrée, particulièrement cruciale, était l'une de celles au menu des primaires qui se sont déroulées mardi dans cinq États américains pour divers postes électifs.

Le siège de sénateur qui sera en jeu en novembre figure parmi ceux qui pourraient aller d'un côté ou de l'autre et qui détermineront le contrôle du Sénat.

Mercredi soir, aux alentours de 22 h (HAE), à peine 0,09 % séparait les deux meneurs républicains, Mehmet Oz, un célèbre médecin animateur de télévision à qui Donald Trump a accordé son appui, et David McCormick, un ancien PDG de fonds spéculatifs. Celui qui est connu sous l'appellation Dr Oz devançait son adversaire avec 31,2 % des voix, par rapport à 31,1 %.

En montée dans les sondages dans la dernière ligne droite de la campagne, Kathy Barnette, dont l'establishment républicain redoutait la victoire se dirige finalement vers une troisième position, avec moins de 25 % des voix. Plusieurs républicains craignaient que ses positions controversées, par exemple sur les gais et les musulmans, ne nuisent à leurs chances électorales en novembre prochain contre l'adversaire démocrate.

Si les deux hommes ont exprimé tard mardi soir leur confiance de remporter la lutte, ils ont dit à leurs partisans qu'il faudrait patienter pendant que se poursuivait le dépouillement des votes.

Quand tous les votes seront comptés, nous gagnerons, a ainsi lancé mardi Mehmet Oz, qui tirait alors de l'arrière.

Ironiquement, le processus est notamment ralenti par le dépouillement des votes par correspondance, un processus décrié avec vigueur par les républicains, Donald Trump en tête, lors de la présidentielle de 2020.

Selon Politico, il faudra peut-être attendre des semaines avant que soit déclaré un vainqueur.

L'ex-locataire de la Maison-Blanche a toutefois affiché son impatience dans une série de messages publiés sur son réseau social, Truth Social, reprenant les propos qu'il avait martelés pendant et après la campagne électorale qui l'a vu perdre.

Oz a gagné!, a-t-il lancé mercredi matin. C'est reparti! En Pennsylvanie, ils sont incapables de compter les votes postaux. C'est un gros bordel. Notre pays devrait se contenter des bulletins de vote en papier, avec un vote le jour même, a-t-il ensuite tonné.

« Dr Oz devrait déclarer victoire. C'est beaucoup plus difficile pour eux de tricher avec les bulletins qu'ils viennent de trouver. »

— Une citation de  Donald Trump

Selon les analystes, les votes exprimés par correspondance pourraient favoriser David McCormick.

Malgré l'appui de Donald Trump, Mehmet Oz est vu avec méfiance par bon nombre d'électeurs républicains, qui le jugent insuffisamment conservateur. D'après les sondages, davantage d'électeurs républicains ont une perception négative de lui, contrairement à ses rivaux, ce qui pourrait être un handicap en novembre prochain.

Le gagnant affrontera le lieutenant-gouverneur de l’État John Fetterman, un progressiste qui a facilement remporté la primaire démocrate, devançant son plus proche rival Conor Lamb, un démocrate centriste de la Chambre des représentants.

Malgré une hospitalisation en raison d’un accident vasculaire cérébral survenu à quelques jours du vote, M. Fetterman, un politicien atypique de 2,03 m (6 pi 8 po) qui arbore des tatouages et s'est déjà présenté à une rencontre avec Joe Biden en shorts, a recueilli près de 60 % des voix.

Si certains démocrates craignent qu'il rebute les modérés, d'autres espèrent qu'il pourra reconquérir les électeurs de la classe moyenne qui ont déserté le Parti démocrate.

Un autre scrutin crucial en Pennsylvanie

Il sourit et tient un micro.

Doug Mastriano, prononçant son discours de victoire.

Photo : Associated Press / Carolyn Kaster

Les primaires de mardi fournissaient une autre raison de tourner les yeux vers la Pennsylvanie : il s'y déroulait, entre autres, une primaire républicaine en vue de l'élection générale pour le poste de gouverneur, qui, elle, aura un impact majeur sur la présidentielle de 2024.

Doug Mastriano, colonel à la retraite et sénateur d'État, est facilement sorti victorieux, avec 44 % des voix, plus du double de son plus proche rival, Lou Barletta.

Pro-Trump, candidat d'une droite dure et partisan d'un nationalisme chrétien, il avait obtenu l'appui de Donald Trump, mais seulement à trois jours du vote.

« [Dieu] utilise des gens comme vous et moi pour changer l'histoire. »

— Une citation de  Doug Mastriano, dans son discours de victoire

Contestant toujours la victoire de Joe Biden, il prônait la décertification des résultats à la présidentielle de 2020 au profit de grands électeurs pro-Trump et était du rassemblement « Arrêtons le vol » qui a précédé l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021.

L'issue du vote de novembre prochain pourrait être lourde de conséquences pour la présidentielle qui aura lieu dans deux ans.

D'une part, l’État est l'un de ceux qui pourraient départager le vainqueur. Ancien bastion démocrate, la Pennsylvanie avait basculé dans le camp républicain de Donald Trump en 2016 avant d'être reconquise par Joe Biden quatre ans plus tard.

D'autre part, c'est le gouverneur de l'État qui certifie les résultats électoraux et qui nomme le secrétaire d'État de la Pennsylvanie, qui agit comme responsable des élections de l'État.

Cela a amené le New York Times à dire que la victoire de Doug Mastriano fait de l’élection générale un référendum sur la démocratie.

Il affrontera le démocrate John Shapiro, qui ne faisait face à aucun adversaire.

Sortie de piste d'un jeune représentant controversé

Madison Cawthorn, en fauteuil roulant, entouré de journalistes et de partisans.

Le représentant républicain Madison Cawthorn (au centre) le soir de sa défaite électorale

Photo : Associated Press / Nell Redmond

Madison Cawthorn, représentant d'un district de Caroline du Nord, a pour sa part mordu la poussière, malgré le soutien de Donald Trump, qui avait appelé les électeurs à lui donner une deuxième chance.

L'homme de 26 ans, élu en 2020, était empêtré dans de nombreux scandales. Ses collègues n'ont particulièrement pas apprécié ses déclarations sur la perversion sexuelle régnant à Washington, même s'il avait ensuite semblé rétropédaler. Il avait initialement raconté avoir été invité à des orgies, à laquelle participaient vraisemblablement, selon son témoignage, des élus républicains, qui consommaient en outre, disait-il, de la cocaïne.

Par la suite, il a dû se défendre d'images compromettantes qui ont émergé pendant la campagne. Des photos semblaient le montrer porter de la lingerie féminine, puis une vidéo semblait le montrer le, nu, simuler une relation sexuelle avec un autre homme.

D'autres investitures étaient par ailleurs en jeu pour plusieurs postes électifs en Caroline du Nord, mais aussi en Idaho, au Kentucky et en Oregon.

Les primaires de mardi marquaient la soirée électorale la plus importante depuis le début de la saison des primaires, amorcée au début mars. Elles s'échelonneront jusqu'en septembre.

Avec les informations de New York Times

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