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Romance en ligne : des femmes auraient été victimes d’escroquerie

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L'homme serait actif sur le site de rencontres Plenty of Fish (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

Un homme de la région de Waterloo, en Ontario, qui a été reconnu coupable d'avoir escroqué plus de 150 000 $ à plusieurs femmes il y a une quinzaine d'années, fait à nouveau l'objet d'accusations de fraude.

En 2006, Jivesh Jagota a été surnommé le Casanova en ligne et reconnu coupable d'avoir escroqué une douzaine de femmes de la région, selon le quotidien Waterloo Region Record.

Les crimes avaient été commis selon un modus operandi similaire : Jagota rencontrait des femmes sur le site de rencontres Plenty of Fish et leur soutirait des milliers de dollars, souvent en se faisant passer pour un avocat, un résident en médecine ou un étudiant universitaire, peut-on lire dans le quotidien.

À l'époque, il avait été condamné à une peine de trois ans.

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L'article du quotidien « Waterloo Region Record » à propos de Jivesh Jagota, publié en 2006.

Photo : capture d'écran d'archives de la bibliothèque publique de Kitchener

Aujourd'hui, Jagota est accusé d’avoir escroqué une femme de Woodstock. Il lui aurait soutiré une somme de 6800 $ en 2015.

La police de Woodstock a confirmé avoir reçu un rapport de fraude en avril 2016 et avoir arrêté Jagota environ six ans plus tard, en janvier 2022.

Long délai

Une femme nommée Anna affirme avoir fréquenté Jagota entre mars 2019 et avril 2020. Elle ajoute avoir embauché un détective privé après avoir eu des doutes sur cet homme. Ce détective aurait ensuite découvert qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre Jagota mais qu’il était toujours en liberté. Ce détective aurait ensuite incité la police à arrêter Jagota.

CBC News garde confidentiel le nom complet d'Anna pour des raisons de sécurité. Radio-Canada fait de même.

Je veux qu'il rende des comptes, a-t-elle déclaré.

L'avocat de Jagota, Nick Cake, a déclaré à CBC que son client avait récemment pris connaissance d'un mandat d'arrêt non exécuté contre lui. Jagota a été libéré du poste par l'officier responsable après s'être rendu, a déclaré Me Cake dans un courriel.

L'affaire suit son cours au tribunal et tout commentaire sur les faits allégués ne serait pas approprié pour le moment, a-t-il ajouté.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée au tribunal.

Un avocat du nom de Jay

Anna affirme elle aussi avoir été victime du Casanova en ligne. Selon elle, il affirmait être un avocat du nom de Jay Singh. Ils se sont rencontrés sur le site de rencontre Plenty of Fish, ont pris un café et ont immédiatement sympathisé, dit-elle.

Les choses sont allées très vite, dit Anna. Je pense qu'il m'a dit qu'il m'aimait probablement au troisième rendez-vous et je l'ai cru.

Pendant qu'ils étaient ensemble, Anna a dit qu'elle lui a donné environ 9550 $, pensant qu'il utiliserait cet argent pour développer son cabinet d'avocat, préparer sa maison à la vente et lui acheter une bague de fiançailles. Elle pensait qu'ils construisaient une vie ensemble, dit-elle.

Toutefois, en janvier 2020, Anna a compris que quelque chose n'allait pas. Ils ne passaient jamais de longs week-ends ni de vacances ensemble. Elle a tenté de le trouver sur le site Web du Barreau de l'Ontario, sans succès.

En avril, Anna a décidé de tout arrêter. Elle lui a demandé de rembourser l’argent et de cesser de la contacter.

Anguille sous roche

Pour moi, il n'était pas n'importe qui. J'avais prévu de vivre avec cet homme, dit-elle.

Même si Anna a demandé au Casanova en ligne de cesser de la contacter, elle a décidé de creuser davantage l'affaire. Elle a engagé un détective privé, qui a rapidement découvert que Jay Singh était en fait Jagota.

Anna a ensuite cherché à en savoir plus à propos de l’homme. Elle a déniché le reportage du Record de 2006. Il décrivait en gros une escroquerie similaire à celle que j'avais subie.

Dupées

Peu après, Anna a trouvé un profil sur Plenty of Fish qui présentait une photo de son ancien petit ami. Ce profil avait été mis en ligne par quelqu’un qui voulait avertir les femmes du site Web de ne pas sortir avec lui.

Grâce à ce profil, elle est entrée en contact avec d'autres femmes qui avaient toutes fréquenté le même homme. Elles sont toutes convaincues qu’il s’agissait de Jagota, même s’il se présentait sous de fausses identités différentes. Deux d'entre elles ont déclaré à la CBC qu'elles l'avaient rencontré sur Plenty of Fish alors qu'il utilisait le nom de Robert Rhio Singh.

Ensemble, le groupe de femmes a engagé un deuxième détective privé, qui a découvert le mandat non exécuté à Woodstock pour la fraude présumée de 2015. Grâce aux médias sociaux, les femmes ont réussi à déterminer où vivait Jagota et l'ont signalé à la police à Hamilton – où il résidait – ainsi qu'à la police de Woodstock, a déclaré Anna.

Interrogé à propos de cette situation, un porte-parole de la police de Hamilton a confirmé que les enquêteurs de Woodstock ont demandé l'aide du service de police pour un mandat non exécuté. Ils ont exécuté le mandat le 5 janvier 2022, a précisé le porte-parole.

Action civile en cours

Aujourd'hui, Anna a récupéré une partie de l'argent qu'elle affirme avoir donné à Jagota, mais elle intente une action civile pour récupérer le reste.

Sa déclaration, déposée le 9 avril 2021, indique qu'après leur rupture, Jagota a envoyé à Anna six chèques pour un total de 4098 $ mais qu'il lui devrait encore 5473 $, plus les frais de retrait bancaire. Elle demande également des dommages et intérêts.

Dans une déclaration de la défense, Jagota a dit qu'il n'avait accepté qu'un prêt de 5500 $ d'Anna, qu'il aurait depuis remboursé intégralement. La déclaration reconnaît que Jagota et Anna se sont rencontrés en ligne et qu'il a utilisé le nom de Jay Singh, mais elle indique que cela était dû à des préoccupations professionnelles concernant sa vie privée.

La déclaration de la défense indique également que la relation entre Jagota et Anna a été de courte durée, sans attentes substantielles à long terme de part et d'autre.

CBC a contacté le parajuriste Joseph Kazubek, qui représente Jagota dans l'affaire civile impliquant Anna, pour obtenir des commentaires. Il a répondu à CBC dans un courriel que leur position consiste à affirmer que l'accusation d'Anna est inexacte et sans fondement, mais il a refusé d'en dire davantage pour le moment.

Romance en ligne et escroquerie

Les arnaques de ce type ne sont pas rares, selon le Centre antifraude du Canada.

Entre 2019 et 2021, les sommes obtenues par ces arnaqueurs ont plus que doublé au pays, passant de près de 26,2 millions de dollars à 64,6 millions de dollars. 17,8 millions de dollars ont déjà été perdus en raison de ces arnaques au premier trimestre de 2022.

Jeff Horncastle, porte-parole du Centre antifraude du Canada, a déclaré que ces escroqueries ont toujours existé mais qu'Internet leur a permis de prendre de l'ampleur. Il a ajouté qu'un grand nombre de ces escroqueries se produisent sans aucune rencontre en personne, sur la base d'amitiés virtuelles.

Je pense que [la pandémie] a également joué un rôle important, car les gens ont pu rechercher davantage de compagnie en ligne, a déclaré M. Horncastle, agent intérimaire des communications et de la sensibilisation des usagers du Centre antifraude du Canada.

Il est beaucoup plus facile d'empêcher une escroquerie de se produire que de récupérer son argent après coup, a-t-il ajouté. M. Horncastle donne les conseils suivants aux personnes qui commencent à fréquenter quelqu'un :

  • Ne partagez pas d'images personnelles en ligne.

  • Ne donnez pas d'argent à une personne que vous n'avez jamais rencontrée et n'investissez pas avec elle.

  • N'acceptez pas les demandes d'amitié de personnes que vous ne connaissez pas.

  • Faites attention de ne pas partager vos images avec n'importe qui, surtout les photos intimes.

Quant à Anna, elle estime que les sites de rencontres doivent être mieux contrôlés. Elle conseille également aux femmes de faire des recherches sur les personnes qu'elles ont rencontrées en ligne, même après une rencontre en face à face.

Cela peut paraître sévère, mais malheureusement, les gens peuvent aller en ligne [et] se faire passer pour ce que vous voulez qu'ils soient, a-t-elle ajouté.

Soyez tout simplement vigilants, assurez-vous d'être prudents et protégez votre portefeuille ainsi que vos sentiments.

Avec les informations de CBC

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