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Lieutenante-gouverneure : une troisième députée libérale dénonce l’appel d’Ottawa

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Jenica Atwin, députée libérale de Fredericton, se range du côté de ses collègues Serge Cormier et René Arseneault (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

La députée libérale fédérale de Fredericton, Jenica Atwin, vient appuyer la démarche des députés Serge Cormier et René Arseneault. Ils s’opposent à la décision du gouvernement Trudeau de faire appel du jugement de la Cour du Banc de la Reine, affirmant que la personne nommée au poste de lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick doit être en mesure de s'acquitter de ses tâches dans les deux langues officielles.

Par voie de communiqué, mercredi avant-midi, Jenica Atwin regrette que trop souvent, le fait francophone n’a pas la place qu’il devrait lui revenir au sein de nos institutions.

« Je comprends qu’il y a certains éléments de la décision de la Cour du Banc de la Reine qui demandent à être approfondis, mais j’estime que plus de mesures concrètes doivent être mises en œuvre afin de protéger et d’affirmer nos deux langues officielles, dont je suis très fière, au Nouveau-Brunswick et au Canada. »

— Une citation de  Jenica Atwin, députée libérale fédérale de Fredericton

Elle est d’avis qu’il est sain d’être en mesure de s’exprimer sur des enjeux même s’ils ne correspondent pas à certaines décisions du parti, ce qui le rend plus dynamique et efficace.

Elle affirme comprendre l'importance de la langue dans la définition de l’identité d’une personne et pourquoi il est nécessaire de la protéger.

Des membres de ma famille ne sont plus locuteur de leur langue ancestrale et c’est un profond déchirement de ne pas avoir accès aux ressources pour la revitaliser. Je suis une alliée des communautés acadiennes et francophones au Canada, et je réclame également plus de droits et de protections afin de revitaliser, promouvoir et protéger les langues autochtones sur l’ensemble du territoire, indique-t-elle.

Une gaffe du gouvernement Trudeau

Lundi, les députés Serge Cormier, d’Acadie-Bathurst, et René Arseneault, de Madawaska-Restigouche, ont dénoncé le geste de leur gouvernement.

Je suis extrêmement, extrêmement déçu de la décision de porter cela en appel. Une des raisons [de faire appel] est au niveau de certaines questions constitutionnelles, mais je pense qu’on aurait pu éviter tout ça si on avait nommé une personne bilingue dans cette position, croit Serge Cormier.

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La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, Brenda Murphy,.

Photo : CBC / Shane Fowler

René Arseneault s’est dit dans l'embarras et partage les mêmes inquiétudes que son collègue.

Je ne suis pas d’accord avec le fait que notre gouvernement porte l’affaire en appel. Je comprends pourquoi c’est porté en appel, mais je m’y oppose, moi, dans ma façon de voir les choses , a précisé l’élu acadien.

Même les meilleurs joueurs de hockey font des gaffes. Ça arrive au gouvernement aussi, compare-t-il. On va s’assurer que ça ne se reproduira plus. Peu importe le futur et les changements de gouvernement, le poste de lieutenant-gouverneur au Nouveau-Brunswick doit être occupé par une personne bilingue.

La ministre des Langues officielles, ministre responsable de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique et députée libérale de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas-Taylor, a laissé savoir qu’elle ne commentera pas la situation.

Quant à Dominic LeBlanc, député de Beauséjour et ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités, il n’avait toujours pas répondu à nos demandes d’entrevue mercredi midi.

Dans une entrevue, vendredi dernier, il s'est toutefois engagé à ce que le gouvernement fédéral nomme une personne bilingue la prochaine fois.

Les Acadiens pris pour acquis, selon un politologue

En entrevue à l'émission La Matinale à Ici Acadie, le politologue Roger Ouellette a relevé deux erreurs dans la démarche du gouvernement Trudeau concernant les langues officielles. Il rappelle aux libéraux fédéraux que le vote acadien n’est pas dans la poche.

On parle de deux gaffes consécutives, en nommant une lieutenante-gouverneure et une gouverneure générale unilingue dans un pays officiellement bilingue. Pour la question du poste de lieutenant-gouverneur, c’est un faux pas, mais les libéraux tiennent le vote acadien pour acquis. Alors, pourquoi être à leur écoute? Personne n’aime se faire prendre pour acquis , indique-t-il.

Roger Ouellette a remarqué le courage des députés d’aller à l’encontre d’une décision de leur gouvernement.

On voit ici des députés qui ont davantage de manœuvres pour dire ce qu’ils pensent que deux ministres du cabinet. C’est le principe de la solidarité ministérielle et je peux comprendre que ça place certains députés dans une situation très inconfortable. René Arseneault a souvent voté librement, mais c’est le premier ministre qui a le dernier mot. On voit la discipline de parti contre la liberté des députés qui reflètent ce que pensent leurs électeurs. C’est une bonne chose, croit-il.

Avec des informations de l'émission La Matinale

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