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Les avocats livrent leurs plaidoiries au procès de Steve Lévesque, accusé de meurtre

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Le procès de Steve Lévesque se déroule au palais de justice de Rimouski. (Archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Les avocats ont livré leurs plaidoiries mercredi au procès de Steve Lévesque, accusé du meurtre au 2e degré de Maxime Dugas-Lepage. Les faits allégués se seraient déroulés en janvier 2020 à Sainte-Anne-des-Monts.

L'avocat de Steve Lévesque, Pierre L'Écuyer, a été le premier à plaider. Il a demandé au jury d'en arriver à la conclusion que son client a agi en légitime défense et qu'il doit donc être acquitté.

Il a amorcé sa plaidoirie en rappelant aux membres du jury qu'ils n'ont pas à choisir entre la version des faits offerte par Mario Lafontaine et celle offerte par Steve Lévesque. Me L'Écuyer a souligné que c'est plutôt à la Couronne de prouver hors de tout doute raisonnable que son client a commis un meurtre au 2e degré. Il a aussi indiqué au jury qu'il ne devait pas juger Steve Lévesque en se basant sur son style de vie.

Plus tôt dans le procès, Mario Lafontaine a dit avoir vu l'accusé tirer avec une arme à feu sur Maxime Dugas-Lepage chez lui, à Sainte-Anne-des-Monts, le soir du 20 janvier 2020.

De son côté, Steve Lévesque a expliqué que ce serait plutôt la victime qui aurait sorti une arme à feu et qui l'aurait pointée sur lui. L'accusé a dit qu'il aurait tenté de désarmer Maxime Dugas-Lepage et que c'est pendant que les deux hommes se seraient débattus que le coup de feu qui a tué la victime aurait été tiré.

Son avocat a mentionné au jury que même si son client a causé la mort, il doit être acquitté.

Dans sa plaidoirie, Me L'Écuyer a longuement décrit Mario Lafontaine comme un menteur et un fraudeur en soulignant les omissions et les contradictions dans son témoignage et ses dépositions faites à la police.

Je vous soumets qu'il n'a même pas vu ce qui s'est passé. Il était saoul et gelé comme une balle, a affirmé l'avocat de Steve Lévesque au sujet de Mario Lafontaine.

Me L'Écuyer a aussi rappelé au jury que M. Lafontaine a lui-même affirmé devant le tribunal qu'il avait fraudé l'un de ses ex-employeurs.

L'avocat de Steve Lévesque a également souligné que M. Lafontaine prenait beaucoup de temps pour répondre à certaines questions, alors qu'il a été contre-interrogé devant le tribunal, et que cela signifierait que ce témoin ment.

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Le luminol employé par les biologistes judiciaires a révélé des traces de sang sur le plancher de la cuisine qui aurait été nettoyé pour enlever le sang de la victime.

Photo : Sûreté du Québec

Me L'Écuyer est revenu sur le fait que Mario Lafontaine ne fait face à aucune accusation en lien avec cette affaire, même si ce dernier a lui-même admis avoir participé au nettoyage de la scène de crime.

L'avocat de Steve Lévesque a rappelé au jury que M. Lafontaine a été aperçu sur des vidéos de surveillance, alors qu'il faisait le plein d'essence du véhicule de Steve Lévesque pendant la période où le corps de la victime se serait trouvé dans le coffre. Mario Lafontaine aurait conduit le véhicule de l'accusé de Rimouski à Sainte-Anne-des-Monts dans la nuit du 20 au 21 janvier 2020.

Me L'Écuyer a aussi mis l'accent sur le fait que, selon lui, les conclusions de l'experte en taches et en projections de sang, Karine Gibson, qui a témoigné à la fin de la présentation de la preuve de la Couronne, concordent mieux avec la version de son client qu'avec celle de M. Lafontaine.

La spécialiste a affirmé que l'endroit où les gouttes de sang ont été retrouvées sur la scène laisse croire qu'elles proviendraient d'une source située près du sol. Elles auraient notamment été projetées en direction du réfrigérateur et de la poubelle noire.

Le procureur insiste sur la crédibilité de Mario Lafontaine

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Jérôme Simard, a livré sa plaidoirie en après-midi. Il a, pour sa part, demandé au jury de déclarer Steve Lévesque coupable de meurtre au 2e degré.

Maître Simard a insisté sur la crédibilité du témoignage de Mario Lafontaine, un témoin important qui a dit avoir vu le meurtre se produire, devant lui, dans sa cuisine.

Le procureur a mis l'accent sur certains éléments de la preuve qui démontreraient que Mario Lafontaine dit la vérité.

Il a notamment parlé des souliers de M. Lafontaine, qui ont été retrouvés dans l'entrepôt de Saint-Lin–Laurentides, sur lesquels une spécialiste a identifié des projections de sang.

Selon maître Simard, cet élément prouve qu'il serait impossible que Mario Lafontaine se soit trouvé dans le salon au moment du coup de feu, comme l'a affirmé l'accusé dans son témoignage.

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Ces chaussures saisies à l'entrepôt de Saint-Lin–Laurentides appartiendraient à Mario Lafontaine. La spécialiste en taches et en projections de sang qui les a analysées dit qu'elles ont reçu des projections de sang.

Photo : Sûreté du Québec

Il a demandé aux jurés de se fier à leur gros bon sens pour analyser l'entièreté de la preuve.

Me Simard a aussi rappelé la description que l'accusé a faite de la façon dont il se serait débattu avec la victime pour la désarmer.

Le procureur a avancé que cette description semblait imprécise et il a demandé au jury de se poser des questions, à savoir comment, alors que Steve Lévesque aurait tenu fermement le poignet et le coude de Maxime Dugas-Lepage, le coup de feu aurait pu atteindre la victime au visage, comme l'a dit l'accusé.

Il a aussi demandé aux jurés de se poser des questions sur l'affirmation de l'accusé selon laquelle il n'aurait reçu des gouttes du sang de la victime que sur la manche de son manteau et non sur son visage, alors que, selon sa propre description, il se serait trouvé très proche du visage de la victime.

Des membres de la famille de la victime ont assisté à toutes les procédures qui se déroulent au palais de Rimouski depuis plusieurs semaines. Mercredi matin, ils ont calmement écouté les plaidoiries des deux avocats.

Steve Lévesque a écouté avec attention en conservant un air neutre et en regardant le jury.

Jeudi, le juge François Huot doit offrir ses directives au jury. Les jurés devraient ensuite être isolés en fin de journée pour amorcer leur délibération.

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