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Déversement accidentel à la cimenterie de Port-Daniel-Gascons

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Un déversement accidentel de ciment est survenu, mardi, à l'usine de Ciment McInnis à Port-Daniel-Gascons (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Votorantim Cimentos confirme que la défaillance d’un équipement a entraîné un débordement de ciment à son silo de chargement des camions, mardi soir.

L’entreprise affirme avoir traité rapidement le débordement.

Selon Votorantim Cimentos, qui est propriétaire de Ciment McInnis depuis décembre 2020, l'accident n’a présenté « aucun risque pour la sécurité ».

L'entreprise soutient aussi que le ciment déversé est demeuré sur le site de la cimenterie.

La responsable des communications, Maryse Tremblay, indique que les opérations de nettoyage sont en cours. Nous travaillons maintenant à éviter que des incidents similaires ne se produisent à l'avenir, écrit par courriel Mme Tremblay.

Urgence-Environnement confirme avoir été a été avisé par l’entreprise concernant deux épisodes d’émissions de poussière de ciment survenus mardi.

Selon les informations obtenues jusqu’à présent, les deux épisodes auraient été causés par un mauvais fonctionnement d’équipement, explique le conseiller en communication au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Daniel Messier. L’arrêt de l’équipement problématique a été effectué par l’entreprise impliquée et des travaux correctifs ont été apportés afin de permettre le redémarrage de façon normale.

Deux inspecteurs du ministère ont été dépêchés sur le site de la cimenterie mercredi « afin de documenter la situation et comprendre les circonstances entourant ces deux évènements survenus le 17 mai ».

Le Ministère n'exclut aucun recours à sa disposition si des manquements à la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE) ou aux règlements ont été commis, affirme Daniel Messier.

Votorantim Cimentos a refusé la demande d'entrevue de Radio-Canada, préférant envoyer un « état de la situation » par courriel.

Pas le premier incident à la cimenterie

Des émanations de poussières sur les propriétés voisines de la cimenterie sont survenues en 2020 ainsi qu'en 2021. Le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a ouvert deux enquêtes pour faire la lumière sur ces événements. Celles-ci sont toujours en cours.

Au terme de ces enquêtes, si le rapport d’enquête permet de conclure en des infractions à la loi, le dossier sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales et il appartiendra à ce dernier de déterminer si des constats d’infraction doivent être déposés, explique un porte-parole du ministère de l'Environnement et des Changements climatiques.

Par ailleurs, parallèlement aux enquêtes pénales qui suivent leur cours, le Ministère évalue actuellement tous les autres recours à sa disposition pour faire corriger la situation et faire cesser ces émissions atmosphériques.

Environnement vert plus demande un audit de sécurité

Le groupe écologiste Environnement vert plus ne s’explique pas comment un tel débordement a pu se produire.

« Comment ça se fait que la défaillance n’ait pas été repérée et que le système n’a pas été arrêté automatiquement?  »

— Une citation de  Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement vert plus

Il avance une hypothèse : On a des informations de l’intérieur de l’usine à l’effet que la programmation a été mal faite et qu’elle est inadéquate, qu’il y a trop d’alarmes et que les vraies sont noyées dans une marée de faux signaux.

Pour le porte-parole du groupe écologiste, cet incident laisse croire que l’équipe technique derrière la cimenterie ne maîtrise pas bien l’ensemble de son procédé, que ce n’est pas réglé après plusieurs années de rodage.

Environnement vert plus demande que les opérations de l’usine soient mises sur pause le temps qu’un audit de sécurité soit fait dans la cimenterie.

Il semble que, chaque fois qu'il y a un problème, ça déborde et après ça la cimenterie se réajuste, mais ces débordements sont probablement lourds de conséquences pour la population qui vit autour, déplore M. Bergeron. Il faudrait qu’il y ait un exercice préventif qui soit réalisé dès maintenant pour que ce genre d’incident n’arrive plus.

M. Bergeron peine à croire que les poussières qui se sont envolées lors du débordement de ciment n'ont aucun impact sur les résidents du secteur, bien que Votorantim Cimentos affirme le contraire.

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La cimenterie McInnis, à Port-Daniel–Gascons

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La santé publique enquête aussi

La Direction régionale de santé publique de la Gaspésie-Îles de la Madeleine avance qu’il existe un risque d'irritation des voies respiratoires pour les personnes qui respirent une grande quantité de poussières de ciment. Le risque pour la santé à long terme est cependant presque nul dans le cas d’une exposition unique, selon elle.

Par contre, étant donné la fréquence des évènements la santé publique régionale affirme être préoccupée. Elle serait à l'œuvre pour évaluer le risque d’une exposition récurrente à la poussière de ciment.

Pour l’instant nous évaluons que le risque toxique chronique est très faible, mais jugeons que ce type d’accident et la fréquence de ceux-ci depuis 2020 peut être une source de dérangement et de stress importante pour la population voisine, indique le CISSS de la région.

Une rencontre avec le public organisée par la Direction régionale de santé publique se tiendra le 15 juin, à Port-Daniel, pour présenter les risques à la santé liés aux poussières de la cimenterie qui sont en analyse continue depuis 2020.

Le comité de suivi environnemental exige plus de transparence

Contactée par Radio-Canada mercredi avant-midi, la directrice du Conseil régional de l'environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et membre du comité de suivi environnemental de la cimenterie, Caroline Duchesne, n'avait pas encore été informée de l'incident par Votorantim Cimentos.

On avait convenu, à la suite des épisodes de poussière, que la cimenterie devait informer le comité lors de tels incidents, commente Mme Duchesne.

Mme Duchesne déplore cette absence de communication : C'est arrivé hier soir [mardi] et on n’a pas encore été informés par Votorantim, les informations nous viennent d’ailleurs.

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Caroline Duchesne, directrice générale du Conseil régional de l'environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et membre du comité de suivi environnemental de la cimenterie, attend plus de transparence de la part de l'entreprise (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Caroline Duchesne s'attend à une grande transparence de l'entreprise.

C'est difficile de comprendre comment une usine flambant neuve peut avoir autant de bris que ça, on ne parle pas d'une cimenterie de 60 ans, lance Mme Duchesne. Est-ce que c'est une mauvaise installation, des défauts de fabrication de pièce, une erreur humaine? On ne le sait pas. La population en générale a été très patiente, on a donné la chance au coureur, mais un moment donné, il va falloir que les incidents cessent.

Caroline Duchesne demande à l'entreprise de prendre la parole publiquement pour expliquer ce qui se passe dans la cimenterie.

« Je pense que c'est le droit de la population d’être informée directement par Votorantim. Je pense qu'on mérite des réponses. »

— Une citation de  Caroline Duchesne, directrice du Conseil régional de l'environnement Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et membre du comité de suivi environnemental de la cimenterie

Environnement vert plus invite également Votorantim Cimentos à  rendre des comptes publiquement .

On a une usine de 1,5 milliard de dollars financée environ à 50 % par des fonds publics, mais on n’a pas de réponses d’une fois à l’autre sur ce qui s’est passé, notamment concernant les émanations de poussières en 2020 et 2021, déplore Pascal Bergeron.

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