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Mortalité des abeilles : les apiculteurs québécois demandent une aide de 12 M$

Une abeille pollinise une fleur.

Le taux de mortalité des ruches n'a jamais été aussi élevé au pays depuis l'année 2002-2003.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Radio-Canada

Les craintes des apiculteurs québécois se sont confirmées. Pour les aider à encaisser le choc d'une mortalité trois fois plus élevée que la moyenne, ils réclament une aide d'urgence du fédéral et du provincial.

Les membres des Apiculteurs et des apicultrices du Québec (AADQ) ont enregistré, en moyenne, une mortalité de 60 % dans leurs ruches, a dévoilé l'association en conférence de presse, mercredi.

Au cours des cinq dernières années, ce taux avoisinait les 21 % dans la province.

L'été long, en 2021, a créé les conditions propices à la propagation du varroa, un parasite qui attaque les abeilles. Le président des AADQ, Raphaël Vacher, a qualifié la situation d'historique et de critique.

Dans ces conditions, M. Vacher réclame une aide d'urgence de 12 millions de dollars conjointe de la part du fédéral et du provincial pour aider les apiculteurs, dont la plupart ont perdu plus de la moitié de leurs abeilles.

Imaginez les conséquences désastreuses sur ses liquidités. L'entreprise perd ses revenus, mais elle a les mêmes dépenses. S'il n'y a pas d'intervention de l'État, c'est certain qu'on risque de perdre ces entreprises-là.

Un soutien gouvernemental permettrait aux entreprises de regarnir leurs ruches afin d'espérer une saison plus normale en 2023, plaide-t-il.

Le président général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, juge que les programmes gouvernementaux ne sont pas appropriés pour la situation exceptionnelle que vivent les apiculteurs.

Il estime que les programmes d'assurance récolte de la Financière agricole du Québec ne régleront pas le problème. Il ne pourra pas répondre au besoin criant des apiculteurs et des apicultrices, a-t-il déclaré.

Réagissant par courriel, le ministre québécois de l'Agriculture, André Lamontagne, s'est dit très préoccupé par la situation. Il a laissé la porte ouverte à une aide supplémentaire par le biais des programmes existants. Je continue de suivre la situation de près. L'enquête sur la mortalité des ruches se poursuit et nous agirons à la suite des constats qui en découleront.

Il n'a pas été possible d'avoir une réaction immédiate de son homologue fédérale, Marie-Claude Bibeau.

Du jamais-vu depuis 20 ans

En entrevue sur les ondes de RDI, Pierre Giovenazzo, professeur agrégé et titulaire à la Chaire de leadership en enseignement en sciences apicoles de l'Université Laval, a rappelé que les apiculteurs québécois n'avaient pas connu un taux de mortalité aussi élevé de leurs ruches depuis 2002-2003, lorsque le taux de pertes s'était établi à 50 %.

Si M. Giovenazzo indique que le même parasite est responsable de cette hécatombe, on cherche encore les raisons précises. De fait, le traitement annuel des ruches contre le varroa pourrait s'être avéré moins efficace, l'hiver dernier.

« Ce qui est encore le plus curieux dans tout ça, c'est que normalement, les pertes canadiennes, c'est toujours une province à la fois qui subit de grosses pertes, mais cette année, c'est plusieurs provinces. »

— Une citation de  Pierre Giovenazzo

Ainsi, au dire du professeur, l'Ontario, l'Alberta et le Manitoba, entre autres régions du pays, sont elles aussi touchées par une mortalité importante cette année.

Et outre la production de miel, les abeilles aident aussi à polliniser des champs pour favoriser la culture de produits répandus et largement consommés au Québec, comme les bleuets, les pommes, les canneberges, ou encore les concombres. Avec moins de ruches à leur disposition, les apiculteurs seront moins en mesure de venir en aide aux agriculteurs.

Si les apiculteurs sont en mesure de se remettre de mortalités normales, soit de 20 à 25 % de pertes, en scindant des ruches et en important des reines, M. Giovenazzo a souligné que ces nouvelles colonies ne seront pas en mesure de produire du miel avant une autre année, soit à partir de 2023 uniquement.

Cette étape ne représente par ailleurs qu'une partie de la solution au problème de la mortalité des colonies, a reconnu le professeur.

Avec les informations de La Presse canadienne

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