•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le chef libéral Steven Del Duca sera-t-il victorieux dans sa propre circonscription?

Une course serrée s'annonce dans Vaughan–Woodbridge, un siège que M. Del Duca a perdu aux dernières élections.

Chargement de l’image

Steven Del Duca, chef libéral, lors d'une annonce le 18 mai.

Photo : Radio-Canada / Chris Young

Chargement de l’image

Sur la terrasse du café-boulangerie The Big Canoli, deux grands gaillards me dévisagent avec curiosité, expressos et cigarettes à la main. « Vous ne devez pas venir d'ici, vous, je ne vous ai jamais vue! »

À Vaughan-Woodbridge, une circonscription en banlieue de Toronto, plus de la moitié de la population est d'origine italienne. La communauté est tissée serrée. S'il demeure plutôt méconnu ailleurs dans la province, les gens d'ici connaissent bien le chef libéral Steven Del Duca.

Ça ne veut pas dire qu'on va voter pour lui, balance l'un des deux hommes.

L'ancien ministre des Transports sous Kathleen Wynne veut devenir premier ministre de l'Ontario, mais la course s'annonce déjà ardue dans sa circonscription, créée en 2015 après un redécoupage.

Élu chef en 2020, Steven Del Duca détenait l'ancien siège de Vaughan entre 2012 et 2018, avant d'être défait par près de 8000 voix aux dernières élections, emporté par la vague bleue qui a déferlé sur le 905, en banlieue de Toronto.

Dans l'espoir que son parti reprenne la région, M. Del Duca sillonne les circonscriptions du 905. La stratégie, cruciale pour qu'il puisse l'emporter, a cependant un inconvénient : cela laisse le champ libre au progressiste-conservateur Michael Tibollo, ministre sortant délégué à la santé mentale et aux dépendances, pour ratisser Vaughan-Woodbridge avec une armée de bénévoles.

Même les nonnas sont divisées

Le flux presque constant d'aînés que nous croisons à la sortie d'un supermarché italien est divisé.

Deux grands-mères nous disent avoir été séduites par Michael Tibollo, d'autres sont des libérales indéfectibles.

Chargement de l’image

L'une des grands-mères rencontrées dit qu'elle va voter pour Michael Tibollo.

Photo : Radio-Canada / Sue Goodspeed

Les plus jeunes aussi sont divisés.

Frank Big Frank Angilletta est indécis. Le coût de la vie est le principal enjeu qui le préoccupe, puisqu'il est chauffeur d'Uber. Quadragénaire, il vit toujours chez ses parents.

L'essence à 2 $ le litre, c'est bien trop élevé! Une chance que je suis italien et que je peux toujours vivre avec parents, parce que le coût des maisons est bien trop élevé aussi.

Pour Niko Giantsopoulos, dans la vingtaine, rencontré alors qu'il filmait des vidéos pour son compte TikTok, le choix est simple : libéral, parce que son père l'a élevé en libéral.

La communauté a changé, dit un autre passant qui préfère taire son nom. Il y a une tradition libérale chez les plus vieux, mais les plus jeunes sont séduits par le message économique de Ford et de Tibollo.

Imran Awan, propriétaire d'une école de conduite à Vaughan, songe à redonner une chance à Steven Del Duca. Elle examine en ce moment les propositions de tous les autres partis, car elle est déçue de Doug Ford.

Elle a presque été obligée de fermer l'entreprise qu'elle a lancée avec son mari, il y a plus de 25 ans.

Chargement de l’image

Imran Awan, propriétaire d'une école de conduite à Vaughan, croule sous les dettes depuis la pandémie et en veut à Doug Ford.

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Nous avions besoin de plus d'aide durant la pandémie. Les jeunes ont cessé de suivre des cours de conduite durant la pandémie et maintenant, je croule sous les dettes. Les allocations gouvernementales de 10 000 $ n'étaient vraiment pas suffisantes pour nous aider à joindre les deux bouts, dit-elle.

J'ai des enfants, des factures à payer!

Selon l'agrégateur de sondages 338Canada, les progressistes-conservateurs sont pour l'instant favoris dans la circonscription. Les libéraux sont visiblement conscients de la lutte chaude qui se dessine, puisque le parti a multiplié les publicités spécifiquement ciblées aux électeurs de Vaughan-Woodbridge sur Facebook depuis le début de la campagne.

Tibollo pas disponible

Nous avons tenté de rencontrer M. Tibollo, mais il n'a pas répondu à nos demandes et n'était pas à son bureau de campagne lors de notre passage. Plus tôt ce mois-ci cependant, il a confié à une collègue qu'en quatre ans, il n'avait pas vu Steven Del Duca une seule fois dans le comté.

Le vent a encore le temps de tourner d'ici le 2 juin, mais si Steven Del Duca devait perdre dans Vaughan–Woodbridge, il pourrait lui être difficile de demeurer à la tête du parti. Questionné à ce sujet en point de presse mercredi, le chef libéral a refusé de considérer cette possibilité.

Mes voisins savent que j'en ai beaucoup fait pour eux au fil des ans, a dit le chef.

En point de presse mercredi également, Doug Ford a dit qu'il était sûr que Michael Tibollo pourra défaire Steven Del Duca à nouveau.

« Les gens de Vaughan ne veulent pas de hausses d'impôt. Ils se souviennent bien de ce que Steven Del Duca a fait. C'est lui qui a mis en place les péages sur les autoroutes! »

— Une citation de  Doug Ford, chef progressiste-conservateur

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !