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L’audience de la Commission pour le caribou à Baie-Comeau fait salle comble

Beaucoup de personnes arboraient un chandail blanc où il était écrit Nous dépendons tous de la forêt.

Près de 200 personnes se sont présentées à l'audience publique de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards à Baie-Comeau. Parmi eux, plusieurs sont en appui à Boisaco.

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Baie-Comeau a conclu mardi soir les audiences publiques de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards. Selon sa présidente Nancy Gélinas, il s’agit de l’audience avec le plus de participants parmi les sept séances tenues par la Commission.

Environ 200 personnes étaient présentes pour assister à la rencontre afin d’entendre les citoyens et les parties prenantes sur la gestion de l’habitat et des populations de caribous.

Les communautés autochtones étaient absentes de cette rencontre. Une audience spéciale se tient d’ailleurs à Pessamit mercredi matin pour les entendre sur le sujet.

La dernière audience publique marque un changement de ton par rapport aux six dernières séances où ce sont surtout des manifestants environnementaux en faveur de la protection du caribou qui se sont fait entendre.

Mais mardi soir, c’est plutôt un soutien à l’industrie forestière qui était mis de l’avant. Plusieurs dizaines de citoyens étaient présents en appui à Boisaco, un fabricant de bois d’œuvre situé à Sacré-Coeur qui crée des centaines d’emplois dans la région.

Ceux-ci soutiennent que les Nord-Côtiers vivent majoritairement de la forêt et s’inquiètent pour la survie de leurs emplois et de la pérennité de l’économie de la région.

Un camion transporte des billots de bois et une affiche avec l'inscription « Nous dépendons tous de la forêt » est posée sur le côté. Des manifestants se trouvent en arrière-plan.

Plusieurs personnes manifestaient devant l’Hôtel Le Manoir avant le début de l’audience mardi soir.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Plusieurs personnes manifestaient devant l’Hôtel Le Manoir avant le début de l’audience.

Isabelle Courcy sourit à la caméra. Elle tient une pancarte et arbore un chandail inscrit « Nous dépendons tous de la forêt ».

Isabelle Courcy est ingénieure forestière pour Boisaco.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Isabelle Courcy, qui est ingénieure forestière pour Boisaco, croit qu’il est possible de faire des opérations forestières de manières durables sans mettre en danger les hardes de caribous. Oui le caribou, on veut le protéger, c'est super important. Mais il ne faut pas mettre en négligence les deux autres sphères économique et sociale, revendique Isabelle Courcy.

Nelson Rioux pose devant la caméra. Il est vêtu d'un chandail blanc inscrit « Nous dépendons tous de la forêt ».

Nelson Rioux, un entrepreneur en foresterie, manifestait mardi devant l'Hôtel Le Manoir.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Nelson Rioux, un entrepreneur en foresterie, soutient lui aussi que l’aspect économique doit être pris en compte. C’est pour sauver notre travail, puis continuer à travailler et être capable de continuer à vivre, à apporter du pain sur la table, soutient l'entrepreneur.

Des solutions proposées, mais surtout des craintes partagées

Lors de l’audience, plusieurs ont présenté leur mémoire, ou leur point de vue, devant les trois commissaires en soutenant que les Nord-Côtiers vivent majoritairement de la forêt.

Guy Deschênes sourit à la caméra.

Le fondateur de Boisaco, Guy Deschênes.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Le fondateur de Boisaco, Guy Deschênes, a pris la parole devant les trois commissaires. Selon lui, il faut privilégier les travailleurs et la vitalité de la région.

Peut-être la qualité de vie [du travailleur en foresterie] risque d’être affectée de façon importante, entre autres si on coupe son emploi. Qu’est-ce que cette personne-là va faire, qu’est-ce que ses enfants vont faire ? , se demande-t-il.

La préfète de la MRC de la Haute-Côte-Nord et mairesse de Forestville, Micheline Anctil, est d’avis que l’industrie forestière correspond à un pilier pour la région de la Côte-Nord.

« On arrive aujourd'hui avec une entreprise Boisaco et ses filiales, environ 600 travailleurs, qui sont menacées, dans les décisions qui vont être prises par le gouvernement. »

— Une citation de  Micheline Anctil, préfète de la MRC de la Haute-Côte-Nord et mairesse de Forestville
Micheline Anctil accorde une entrevue à la caméra et un micro est tendu vers elle.

La préfète de la MRC de la Haute-Côte-Nord et mairesse de Forestville, Micheline Anctil, a pris la parole lors de l'audience.

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Elle croit toutefois qu'il faudra mettre les bouchées doubles pour diversifier l’économie, si l'industrie forestière en sort perdante.

Il faudra qu’il y ait une compensation, croit-elle. Il y a une diversification économique qui va faire en sorte que nos communautés, nos familles vont continuer à vivre, et à bien vivre.

Micheline Anctil a donné en exemple des secteurs que Forestville tente de mettre à profit, comme un projet d’éoliennes et le secteur des villégiatures et touristique.

La communauté de Pessamit veut se faire entendre

La communauté innue de Pessamit se mobilise en marge de l’audience de la Commission sur le caribou.

Une vidéo et une pétition circulent pour demander la création d’une aire protégée sur le Pipmuakan, une partie du territoire ancestral innu situé au nord-ouest de la communauté.

En collaboration avec la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec (SNAP), Pessamit demande de protéger Atik, qui veut dire caribou forestier, et du même coup de sauvegarder l’identité innue.

Le rapport de la Commission est attendu cet été, mais ce sera le gouvernement du Québec qui décidera quelle stratégie est adoptée pour la gestion des populations de caribous et de son habitat.

En collaboration avec Zoé Bellehumeur.

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