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Attentat au Bataclan : le chanteur d’Eagles of Death Metal changé « à jamais »

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Jesse Hughes à son arrivée mardi à la cour d'assises de Paris

Photo : afp via getty images / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Agence France-Presse

Le chanteur du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, Jesse Hughes, a raconté mardi devant la cour d'assises de Paris la soirée d'horreur vécue le 13 novembre 2015 dans la salle du Bataclan attaquée par des djihadistes, soulignant qu'elle avait « changé [sa] vie à jamais ».

Un grand nombre de personnes rescapées et de proches des victimes étaient sur place pour entendre le chanteur californien et l'ex-guitariste du groupe, Eden Galindo, tous deux parties civiles au procès.

D'une voix forte et claire, Jesse Hughes, vêtu de noir et d'une cravate rouge, a rappelé comment, au milieu du concert, il avait entendu des tirs.

Je connais le son des armes, a-t-il expliqué. Je savais ce qui allait arriver, je sentais la mort se rapprocher de moi.

Le concert a été brusquement interrompu par des tirs de kalachnikov : 90 personnes ont péri.

Le mal n'a pas vaincu

La voix nouée, le chanteur de 49 ans a raconté la panique suivie de sa volonté de fuir au plus vite avec sa compagne et Eden Galindo.

Un ange du nom d'Arthur nous a mis dans un taxi et envoyés au commissariat [de police], a-t-il mentionné.

Là, les deux musiciens ont découvert des dizaines de personnes blessées et couvertes de sang. Ils ont aussi appris le décès d'un des leurs, Nick Alexander, qui s'occupait des produits dérivés du groupe.

Ce soir-là, 90 de mes amis ont été tués de manière haineuse devant nous, a poursuivi Jesse Hughes, les mains crispées sur le pupitre, regardant droit dans les yeux les membres de la cour.

Le chanteur a aussi raconté comment il a hésité longtemps ensuite à remonter sur scène : Je ne savais pas si j'aurais la force de revenir.

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À Paris, des gens marchent devant le Bataclan, un an après l'attaque qui a coûté la vie à des dizaines de victimes en 2015.

Photo : Reuters / Charles Platiau

Ce que les assaillants ont essayé de faire ce soir-là, c'est de faire taire la joie liée à la musique, mais ils ont échoué.

Le mal n'a pas vaincu, a soutenu le chanteur, qui a assuré avoir pardonné aux pauvres âmes qui ont commis ces actes.

Je prie pour ces gens et pour leur âme; que la lumière de notre Seigneur jaillisse sur eux, a dit encore Jesse Hughes, un chrétien fervent, avant de citer le titre d’une chanson d’Ozzy Osbourne : You can't kill rock and roll (on ne peut pas tuer le rock and roll).

Propos polémiques

Lors de la réouverture du Bataclan en 2016, la direction de la salle de spectacles avait indiqué que le chanteur, partisan de l'ex-président américain Donald Trump et proarmes, n'y était plus le bienvenu du fait de ses propos polémiques.

Dans différentes entrevues accordées au cours de la première moitié de 2016, Jesse Hughes avait estimé que les agents de sécurité de la salle étaient complices des djihadistes et affirmé avoir vu des musulmans faire la fête dans la rue pendant l'attaque, en temps réel.

Il y a des choses qu'on ne pardonne pas, avait tranché le codirecteur du Bataclan, Jules Frutos.

Avant Jesse Hughes, Eden Galindo, 52 ans, également tout de noir vêtu, a raconté la joie émanant du concert avant l'attaque : C'était un super concert, tout se passait bien, tout le monde dansait.

Et puis est arrivé le bruit sourd des balles. Il a d'abord cru à un problème de son avant de voir Jesse Hughes courir vers lui. Des gens tirent... On a couru... Nous pensions que ça allait s'arrêter, mais ça continuait.

Après ce jour-là, ç'a été très difficile de faire les choses normalement. Je me sentais comme brisé, a dit le guitariste, tête baissée. Je ne serai plus jamais le même.

Eden Galindo a tenu à dire un mot aux familles des victimes : Je pense à elles tous les jours et je prie pour elles.

En quittant la salle d'audience, Jesse Hughes a pris dans ses bras plusieurs parties civiles. Certaines pleuraient. Jesse Hughes aussi.

Après les témoignages des musiciens, une vingtaine de personnes rescapées du Bataclan ont raconté leur expérience traumatisante et leur souffrance persistante plus de six ans après les attaques qui ont causé, en tout, la mort de 130 personnes à Paris et à Saint-Denis, commune limitrophe de la capitale.

Les auditions des parties civiles doivent se poursuivre jusqu'à vendredi. Le verdict est attendu le 29 juin.

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