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Des promoteurs sherbrookois s’opposent à un changement de règlement

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Des promoteurs immobiliers s'opposent à un règlement qui doit être adopté par le conseil municipal. (archives)

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Radio-Canada

La séance du conseil municipal de Sherbrooke s’annonce mouvementée mardi soir. Des promoteurs immobiliers sont présents pour s’opposer à un règlement qui doit être adopté. 

Selon ce règlement, les promoteurs seraient responsables de certains frais qui étaient jusqu’alors assumés par la Ville. 

Le projet de règlement 1204 ne tient pas du tout, car ça nous impute des coûts. Il y a certains coûts avec lesquels on est d’accord [...] Mais il y a deux points qui accrochent énormément, c’est qu’on veut nous faire payer des frais sur le réseau distant entre notre projet et la station d’épuration. Par exemple, s’il faut grossir des conduites dans des rues existantes, on veut nous refiler la facture. S’il faut changer des pompes dans des stations de pompage, on veut nous refiler la facture. Ça va jusqu’à l’eau potable, déplore le promoteur Roland Mongeau. 

Il croit aussi que le règlement pourrait ajouter d’importants délais pour les promoteurs. 

Pour faire l’étude de ces coûts-là, on parle d’une étude qui va durer 24 mois, 24 mois pour faire l’étude des coûts. Après, s’il y a des travaux à faire sur le réseau existant, qui va le faire? Nous, la Ville? On parle d’un autre 36 mois pour exécuter les travaux avant de connaître les coûts. Une fois qu’on va connaître ces coûts-là, ça va être à nous à décider si le projet est viable, si on le fait ou on ne le fait pas [...] C’est un moratoire déguisé. C’est une façon de dire "on a des études, ça va prendre cinq ans avant de déposer une requête pour faire une construction", avance-t-il. 

M. Mongeau dénonce aussi ce qu’il qualifie d’un manque de communication entre la Ville et les promoteurs. 

Le directeur général de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) - Estrie, Sylvain Mathieu, croit même que le règlement pourrait nuire au développement de la Ville et empirer la crise du logement. 

On est en train de créer la tempête parfaite. Il n’y a pas d’abordabilité à Sherbrooke, il n’y a pas de disponibilité, là on pellette des frais dans la cour des promoteurs qui vont être retransmis aux locataires, soutient-il. 

« C’est rendu presque impossible de développer à Sherbrooke.  »

— Une citation de  Sylvain Mathieu, directeur général de l’APCHQ - Estrie 

Ceux qui vont être capables de se trouver un logement sont chanceux, mais ils vont le payer très cher. Ça crée de l’étalement urbain [...] On voit très bien que le développement résidentiel s’en va en périphérie. Plus de voitures sur la route, plus de pollution, ajoute-t-il. 

Il indique que les promoteurs et la Ville de Sherbrooke n'ont pas la même vision du développement et se trouvent donc devant une impasse. Pour le moment, il n’y a plus rien qui se développe, on marche tous sur le vieux gagné, les projets qui ont été soumis depuis plusieurs années. Ça veut dire que là, on va avoir une crise de logement sévère, mais l’an prochain, ça va être pire, et l’année d’après, ça va être encore pire que cette année. Il n’y a rien qui se développe, et la population continue d’augmenter, soutient-il. 

Un règlement nécessaire, selon la mairesse

En comité plénier lundi après-midi, la mairesse Évelyne Beaudin a toutefois souligné qu’un tel règlement était nécessaire. 

La vérité, c’est que si on se rappelle l’exercice budgétaire [...] Ça a été de peine et de misère qu’on a été en mesure de boucler notre exercice budgétaire, et il n’y a plus d’argent actuellement pour continuer avec l’ancien 1204, a-t-elle martelé.

« Pour ceux qui voteront contre ce soir l’adoption du règlement 1204, vous me direz où aller trouver les millions nécessaires pour réussir à continuer à subventionner l’étalement urbain comme on le faisait, parce qu’actuellement, ça va demander des demandes additionnelles si on veut réussir à continuer à offrir ces subventions-là.  »

— Une citation de  Évelyne Beaudin, mairesse de Sherbrooke

Selon une étude comparative, la Ville a pu constater que Sherbrooke est une ville excessivement généreuse, c’est-à-dire qu’on payait énormément comparativement aux autres villes, donc qu’on se trouvait dans [...] les plus généreuses dans la majorité des aspects, a quant à elle ajouté la directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke Caroline Gravel. 

Avec les informations de Thomas Deshaies

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