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La série Bergie, l’homme derrière le coach : la vie de Michel Bergeron en 3 périodes

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Michel Bergeron avec André Savard, Michel Goulet et Peter Stastny lors d'un match amical entre les légendes des Nordiques et du Canadien à Québec, en 2010.

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Offerte dès maintenant sur la plateforme Vrai, la série en trois épisodes Bergie, l'homme derrière le coach nous propose de découvrir l’homme derrière le personnage, tout en retraçant le parcours de Michel Bergeron derrière les bancs de différentes équipes de hockey et à la télévision.

Je me sens privilégié, nostalgique aussi, c’est évident, explique celui qu’on surnomme Bergie ou le Tigre. Mais je suis content que ça ait été fait de manière professionnelle parce que je ne m’attendais pas à ça, ajoute l’homme de 75 ans, qui a consacré toute sa vie au hockey.

La série réalisée par Félix St-Jacques met notamment en vedette l’animateur de TVA Sports Louis Jean, qui est d’ailleurs celui qui a eu l’idée originale de rendre hommage à son collègue depuis près de huit ans et qui a mené les entrevues pour la série documentaire.

Les trois épisodes du documentaire retracent sa vie, de son enfance dans le quartier Saint-Michel, à Montréal, à sa nomination comme entraîneur-chef des Rangers de New York, en passant par son incursion dans le baseball.

Des témoignages de Guy Lafleur, Mike Bossy et plusieurs autres

En plus des membres de la famille de Bergie, Louis Jean s’est entretenu avec plusieurs légendes qui ont côtoyé l’entraîneur et animateur au fil des années, entre autres Guy Carbonneau, Ron Fournier, Mario Tremblay, Alain Côté, Serge Savard, Peter Stastny ainsi que les regrettés Mike Bossy et Guy Lafleur.

J’ai été triste en voyant les témoignages de Guy Lafleur et de Mike Bossy. Guy, je l’ai connu quand il jouait dans le junior. [...] Après ça, je l’ai dirigé avec les Rangers et les Nordiques. C’est devenu un ami personnel, explique Bergie.

Dans le cas de Mike Bossy, ça a tout le temps été un adversaire, mais dans les cinq dernières années, on a travaillé ensemble à TVA Sports et on est devenus des chums. Dans le documentaire, qui a été tourné en septembre dernier, Mike est en pleine forme, mais le cancer l’a emporté six mois après. C’est pour ça que je dis que c’est triste.

Vouloir gagner à tout prix

La série documentaire met de l’avant l’un des traits de caractère les plus tenaces de Michel Bergeron, sa mentalité de gagnant, qui tirait parfois vers l’obsession. Ce qui m’a marqué, c’est que tout le monde revient à la même chose. Lorsqu’ils parlent de moi, ils disent tout le temps "il veut gagner", résume-t-il.

Ça a été l’histoire de ma vie. J’aimais tellement le hockey et il y a une chose que je savais, c’est que si je ne gagnais pas, je ne garderais pas ma job. Donc il fallait gagner, et j’étais prêt à prendre tous les moyens pour y arriver.

Il regrette d’ailleurs d’avoir été un père absent auprès de ses enfants, une attitude qu’il explique par sa passion inconditionnelle pour son travail, mais aussi parce que c’était dans l’air du temps. Les enfants ont dit la vérité : j’ai été un père absent. Je ne sais pas si c’était l’ancienne mode; les parents dans le temps ne disaient pas "je t'aime" à leurs enfants comme aujourd'hui, avoue-t-il.

Il ajoute aussi que lorsqu’il perdait, il était irascible. Avec du recul, il se demande s’il aurait pu faire les choses autrement. Peut-être que si je recommençais, il y a beaucoup de choses que je ferais différemment, entre autres mon comportement, qui était parfois enfantin.

Le plus grand regret de Bergie demeure toutefois le fait de ne jamais avoir pu mettre la main sur le Saint-Graal du hockey, la fameuse coupe Stanley, même s’il affirme que ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Les partisans des Nordiques ont souffert pendant les mauvaises années. Ça aurait été extraordinaire de gagner la Coupe Stanley pour eux.

Le hockey, le plus beau sport du monde

Avec du recul, le Tigre est quand même très fier de ce qu’il a accompli et il se dit très heureux de pouvoir continuer à parler de hockey, le plus beau sport du monde, selon lui. À 75 ans, il est conscient que le meilleur est derrière lui, mais il n’est pas prêt à accrocher son micro sur les ondes de TVA Sports.

Dans les dernières années, j’ai ralenti le travail et je sais qu’à un moment donné, il va falloir tourner la page. Mais en ce moment, je ne suis pas tellement prêt à ça, explique-t-il.

Et que pense-t-il de l’évolution du sport, qui s’est métamorphosé depuis ses débuts comme entraîneur? Le hockey a changé. Aujourd’hui, les jeunes s’entraînent à partir d’un très bas âge. Dans mon temps, c’était moins axé sur l’entraînement. L’équipement aussi, ça a tellement évolué.

Il souligne aussi un autre changement : la charge de travail des entraîneurs, qui a énormément diminué selon lui.

Je trouve que les coachs deviennent un peu paresseux. Il y a cinq entraîneurs en arrière du banc, et les coachs délèguent. Dans mon temps, je faisais tout : les entraînements, les meetings, j’étais le psychologue, j’étais le psychiatre. Aujourd’hui, ils sont grassement payés et je trouve qu’ils en font de moins en moins.

Ce texte a été écrit à partir d'une entrevue réalisée par Roseline Filion, chroniqueuse sportive à l'émission Tout un matin. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté et de concision.

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