•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le soutien de David Milgaard à deux soeurs autochtones qui se disent accusées à tort

Le Congrès des peuples autochtones déplore la mort d'un allié.

Chargement de l’image

David Milgaard a été emprisonné pendant 23 ans pour un meurtre qu'il n'avait pas commis.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La Presse canadienne

David Milgaard, qui aidait activement les personnes clamant leur innocence après une condamnation judiciaire, est venu en aide à deux sœurs autochtones incarcérées depuis près de 30 ans. Originaire de Winnipeg, il avait lui-même passé 23 ans derrière les barreaux pour un viol et un meurtre qu’il n’avait pas commis.

David Milgaard est décédé à Calgary en fin de semaine des suites d'une pneumonie. Il avait 69 ans.

L’histoire des sœurs Quewezance

En 1993, Odelia Quewezance a été reconnue coupable du meurtre du fermier Anthony Joseph Dolff, 70 ans, près de Kamsack, en Saskatchewan. Elle avait 20 ans lors de son arrestation et nie toute culpabilité.

Sa sœur Nerissa, qui avait alors 18 ans, a également été reconnue coupable et condamnée à la prison à vie avec possibilité de libération conditionnelle après 10 ans. Nerissa est incarcérée dans un établissement à Fraser Valley, en Colombie-Britannique.

Odelia Quewezance affirme que David Milgaard était son plus grand soutien et qu'il était comme un frère, un ange pour elle.

J'ai vraiment le cœur brisé par son décès, mais je crois sincèrement aujourd'hui qu'il veille toujours sur nous, déclare-t-elle dans une entrevue téléphonique menée alors qu’elle était de passage chez elle, à la Première nation de Keeseekoose, en Saskatchewan.

Elle a reçu l'autorisation d'effectuer une brève visite chez elle, sa première depuis des années, assure-t-elle.

Son mari a contacté David Milgaard pour la première fois il y a environ deux ans pour lui parler de son histoire et par la suite, leur communication a été continuelle, raconte Odelia Quewezance.

David Milgaard avait exhorté l’avocat de Toronto James Lockyer à examiner le cas des deux sœurs.

L'avocat a participé à l’exonération de David Milgaard en 1997 et à la fondation de l'organisme de défense Innocence Canada.

Le Torontois a décidé de prendre leurs dossiers en mains après avoir parlé aux sœurs Quewezance et lu les transcriptions du procès.

James Lockyer était à Keeseekoose pour rencontrer Odelia Quewezance, lundi. Dimanche, il a rencontré sa sœur Nerissa en Colombie-Britannique.

Selon lui, les sœurs étaient présentes lorsque Anthony Joseph Dolff a été mortellement poignardé, mais elles n'étaient pas impliquées dans le meurtre.

À l’époque, une personne qui était mineure a avoué le meurtre au procès, disant que les sœurs n'étaient pas impliquées, continue-t-il.

La preuve contre les deux sœurs reposait sur les policiers qui les ont arrêtées, explique Me Lockyer. Il explique que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a affirmé qu'elles avaient fait une série de déclarations qui n'ont pas été enregistrées et qui sont devenues de plus en plus incriminantes sur une période de cinq jours.

Un juge provincial a ordonné qu'elles soient envoyées dans une prison voisine 24 heures après leur arrestation, mais les deux femmes ont été retenues par la police pendant quatre jours de plus.

James Lockyer décrit cette situation comme deux femmes autochtones à la merci d’une bande d’officiers de la GRC pendant cinq jours, sans aucune protection.

Il est évident que les déclarations qu'elles ont faites par la suite, et qui étaient incriminantes, ne sont absolument pas fiables, regrette-t-il.

L'avocat mentionne que près de la moitié des femmes incarcérées sont autochtones, alors que les Premières Nations comptent pour moins de 5 % de la population du Canada.

Oubliez un instant l'erreur judiciaire commise lors de leur procès. Elles sont toujours en prison alors qu'elles sont admissibles à la libération conditionnelle depuis 20 ans [ ...]. Elles devraient pouvoir vivre le reste de leur vie comme des personnes libres.

La seule voie possible pour faire annuler les condamnations des sœurs Quewezance est l'examen ministériel, explique James Lockyer. En décembre, il a déposé une demande en leurs noms auprès du ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti.

Il explique que le ministre a nommé un avocat à Ottawa pour examiner l'affaire.

Nous devrons ensuite convaincre l’avocat, ainsi que le ministre lui-même, que cette affaire est une erreur judiciaire, poursuit-il.

Le travail de David Milgaard apprécié chez les Autochtones

Le Congrès des peuples autochtones déplore la mort de David Milgaard.

La résilience et la force dont David Milgaard a fait preuve pendant les pires moments sont une histoire inspirante qui continue d'animer les défenseurs des personnes injustement ciblées, écrit l'organisme.

La vice-présidente nationale du Congrès, Kim Beaudin, affirme que le soutien de M. Milgaard aux Autochtones prises avec le système judiciaire canadien ne sera pas oublié.

Le travail qu'il a accompli pour aider les sœurs Quewezance a permis de les rapprocher de la justice.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !