•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« C’est la catastrophe » : les pertes d’abeilles sèment l’inquiétude

Chargement de l’image

Des ruches appartenant à Martine Ayotte à Montbeillard.

Photo : Gracieuseté : Martine Ayotte

Chargement de l’image

Plusieurs apiculteurs et apicultrices de l’Abitibi-Témiscamingue ont été alarmés quand ils ont ouvert leurs ruches ce printemps.

En Abitibi-Témiscamingue tout comme dans le reste de la province, les pertes d'abeilles atteignent des taux inquiétants, aux environs de 55 % au Québec, selon le syndicat professionnel des Apiculteurs et apicultrices du Québec.

Le propriétaire de la Miellerie de la Grande Ourse, David Ouellet, affirme que cette année représente le pire hivernement de sa carrière dans ses ruches.

Une perte normale pour nous, c’est entre 15 % et 20 %. Cette année, sans dire de chiffre parce qu’à toutes les fois que je dis le chiffre je repars à pleurer, je peux vous dire que c’est énormément plus que ça. On est dans de très hauts chiffres, rapporte-t-il.

Chargement de l’image

David Ouellet, propriétaire de la Miellerie de la Grande Ourse

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Pour reconstruire leurs ruches, de nombreux apiculteurs recherchent des nucléus, soit des fractions de ruches, et des reines.

Toutefois, comme en témoigne la copropriétaire de Miel Beetibi Honey, Cécile Bédard, ces produits sont devenus une denrée rare.

Normalement, au printemps, beaucoup d’apiculteurs vont vendre des nucléus. Étant donné que la perte est immense partout au Québec, personne ne veut vendre ses nucléus. Tout le monde veut les garder pour lui pour reprendre les pertes, indique-t-elle.

Chargement de l’image

Plusieurs apiculteurs et apicultrices se désolent devant les pertes considérables d’abeilles survenues au cours de leur hivernement.

Photo : Gracieuseté de Cécile Bédard

À Montbeillard, Martine Ayotte, qui pratique l’apiculture depuis une dizaine d’années, déplore également des pertes inédites.

Cette année, écoute, c’est la catastrophe. Ce n’est jamais arrivé à moi, je sais que c’est arrivé à d’autres apiculteurs, mais moi, j’ai perdu 70 % de mon rucher. Les abeilles sont mortes. Je sais qu’elles ne sont pas mortes de faim parce qu'il restait du miel à l’intérieur. Je sais qu’elles ne sont pas mortes de l’humidité parce qu’il n’y avait pas de moisi. Donc elles sont soit mortes de maladie, soit par le varroa, estime Martine Ayotte.

« Dans mes collègues qui subissent actuellement de grosses pertes, c’est sûr que le moral n’est pas là. C’est pour ça qu’on les transfère vers les travailleurs de rang qui peuvent peut-être les soutenir moralement. On a quelques cas de détresse psychologique chez nos membres. »

— Une citation de  Raphaël Vacher, président des Apiculteurs et apicultrices du Québec

Le varroa est une sorte d’acarien qui parasite les abeilles. Le président des Apiculteurs et apicultrices du Québec, Raphaël Vacher, affirme aussi que les morts d’abeilles sont majoritairement causées par le varroa.

En 2021, on a eu une année exceptionnellement chaude et longue : on a eu un printemps hâtif, de la sécheresse, tous les facteurs ont été là pour que le varroa se multiplie de façon beaucoup plus importante, explique-t-il.

Des effets jusque dans notre assiette

Puisque le nombre d’abeilles a diminué, la pollinisation s’en verra perturbée et, par conséquent, la production de fruits et légumes.

Je n’ai jamais eu autant de téléphones que ça de propriétaires de bleuetières, particulièrement au Lac-Saint-Jean, rapporte Guillaume Tétreault, copropriétaire de Miel Abitémis. Son entreprise offre des services de location de ruches à des bleuetières pour la pollinisation.

Chargement de l’image

Guillaume Tétreault, copropriétaire de Miel Abitémis

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

C’est sûr que nous, on n’a pas été capable de répondre à tous les appels qu’on a eus de producteurs de bleuets, reconnaît-il.

Raphaël Vacher prévoit un été difficile pour les maraîchers, surtout les producteurs de bleuets.

C’est certain qu’il y aura des légumes avec des problématiques de conformation. Les producteurs de bleuets vont avoir beaucoup moins de rendement de bleuets; c’est certain qu’il va y avoir des effets sur notre assiette. Ça va s'ajouter déjà aux problèmes d’inflation qu’on a au niveau des fruits et légumes et des aliments en général, estime-t-il.

Une des solutions possibles : laisser toutes les herbes pousser sur notre terrain pour favoriser le butinage des abeilles.

Chargement de l’image

Les abeilles sont essentielles à la pollinisation. (Archives)

Photo : Adam Desbiens

D’ailleurs, la Ville de Val-d’Or se joint au mouvement du Défi Pissenlits 2022.

Jusqu’au 1er juin, la Ville s’engage à ne pas tondre les gazons sur ses terrains, mis à part les plateaux sportifs.

La baisse dramatique des populations d’abeilles est inquiétante et on n’a plus le choix de poser des gestes, précise Benjamin Turcotte, conseiller municipal délégué au comité consultatif en environnement. Les gouvernements municipaux doivent faire leur part. C’est un geste hyper simple qui donne une réelle chance aux insectes qui sont une clé essentielle pour la production de nos fruits, nos légumes, ou nos arbres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !