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L’architecte Pierre Thibault répond à nos questions sur le Lab-École de Rimouski

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L'architecte Pierre Thibault était présent à Rimouski mardi pour la première pelletée de terre du futur Lab-École.

Photo : Radio-Canada / Samuel Ranger

Radio-Canada

La première pelletée de terre a été creusée mardi matin à Rimouski et a lancé les travaux du futur Lab-École. Charles-Alexandre Tisseyre du Téléjournal Est-du-Québec s'est entretenu à ce sujet avec l'architecte Pierre Thibault qui était de passage dans la région pour l'événement et qui fait partie du groupe derrière l'idée des Lab-Écoles au Québec.

À Rimouski, le projet du Lab-École a connu des hausses de coûts, des retards. Est-ce que ça vous inquiète?

P. T. : Il y a énormément de facteurs qu'on ne pouvait pas contrôler. La pandémie a eu des impacts sur les matériaux. La rareté de la main-d'œuvre aussi. Donc, les tribulations, si on veut, de ce projet-là, ce n'est pas uniquement pour les projets Lab-École. L'ensemble du Québec est confronté à ça, je pense, sur le long terme. On veut créer un milieu de vie pour les enfants de Rimouski, innovant, qui va leur permettre d'intégrer de saines habitudes de vie. La possibilité de collaborer, d'avoir des espaces près de la nature. C'est là pour bien des générations, alors il faut regarder à long terme dans ce temps-là.

Quel aspect de l'école vous rend le plus fier?

P. T. : Ces écoles-là, je pense qu'il y a vraiment une grande fluidité entre l'intérieur et l'extérieur. Il y a un grand gradin à l'intérieur qui permet de tenir des conférences, des présentations pour les enfants, et il se prolonge à l'extérieur. Donc, on peut être dans le gradin dehors ou en dedans. On a les espaces pour manger, chers à Ricardo [Un autre membre du groupe penseur du projet des Lab-Écoles NDLR], qui se prolongent à l'extérieur. Des cuisines, des espaces pour faire la culture des fruits et des légumes pour les enfants. Un gymnase aussi avec une grande structure de bois avec une grande perméabilité. On a augmenté la fenestration. Ensuite, d'un côté, on a un boisé qui est une forêt primaire incroyable. Et, toute la cour se développe sous le soleil du midi. Donc, à ce moment-là, on crée des microclimats pour les enfants. Ils vont avoir une cour exceptionnelle.

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La nouvelle école accueillera des élèves de niveaux préscolaire et primaire.

Photo : Lapointe Magne et associés + L’OEUF

Comment l'architecture peut-elle favoriser le bien-être et l'apprentissage des élèves, selon vous?

P. T. : On n'est pas la même personne selon le lieu où on se trouve. On voulait créer, avec ça, une architecture bienveillante. C'est-à-dire que, quand on réussit à créer un milieu de vie, c'est comme si l'enseignant avait un enseignant adjoint. Les enfants sont dans les bonnes conditions. Ils peuvent aller dans un endroit plus tranquille pour lire. Ils ont un espace pour aller collaborer, s'asseoir. Ils ont un autre endroit pour aller préparer de la nourriture. Donc, l'enfant n'est plus assis à un pupitre où il ne bouge pas, en silence, pendant six heures. Il se balade d'un espace à l'autre pour être dans la meilleure disposition pour son apprentissage et permettre de développer son plein potentiel.

Justement, comment l'organisme Lab-École compte-t-il étudier les bienfaits de ces nouveaux espaces?

P. T. : On a un regroupement de chercheurs de quatre universités, trois du Québec et une de France, qui vont étudier et observer chacun des Lab-Écoles pour en retirer les mérites et ce qui va pouvoir guider toutes les écoles du Québec. Parce que, sur tout ce qu'on a fait, il va y avoir des composantes qui vont avoir un très grand succès et aider énormément la réussite éducative et d'autres peut-être moins. Alors, ce sera de trouver le meilleur équilibre pour les écoles. Les chercheurs sont très motivés. L'école de Québec ouvre en septembre. Donc, on va graduellement étudier et révéler les résultats de ces études.

On sent qu'il y a un désir d'harmonie entre les lieux et la nature. Plus largement au Bas-Saint-Laurent, comment voyez-vous le potentiel de la région à cet égard-là?

P. T. : Je pense que vous avez déjà un fleuve qui est extrêmement présent. La nature c'est quelque chose qui est... je veux dire, on ne peut pas passer à Rimouski et être indifférents à ça par rapport à d'autres environnements. Il y a tout ce qu'il faut, je pense, pour sensibiliser les enfants. L'autre élément important aussi, pour nous, c'est tout le transport actif. On veut que les enfants viennent à l'école à pied, éviter les gaz à effet de serre, être assis dans les autobus. Ça coûte très cher. Alors, je pense que toutes les composantes sont là, à Rimouski, pour en faire un lieu d'exception pour tous les enfants.

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