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Fusillade de Buffalo : le suprémacisme blanc est un « poison », dénonce Joe Biden

Joe Biden parle à des gens, en compagnie de sa femme qui porte un masque, en arrière-plan.

Le reportage d'Azeb Wolde-Giorghis

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

En visite mardi dans la ville endeuillée de Buffalo, dans l'État de New York, le président américain Joe Biden a condamné le suprémacisme blanc et ceux qui contribuent à le propager, qualifiant la tuerie à caractère raciste de samedi d'acte de « terrorisme ».

Endossant les habits de consolateur en chef, Joe Biden a rencontré des proches des victimes de la fusillade qui a fait 10 morts – tous des Noirs –, après s'être rendu au mémorial érigé au supermarché où s'est produit le drame samedi.

Nous sommes venus partager votre deuil, a plus tard dit le politicien de 79 ans, dont la vie a été marquée par plusieurs deuils, en prenant la parole dans un centre communautaire.

Souvent ému, il a rendu hommage à chacune des victimes, par exemple cette grand-mère survivante d’un cancer allée acheter des fraises, ce père de famille venu chercher un gâteau de fête pour son fils de trois ans ou ce policier retraité qui a tenté d’arrêter le tireur.

Le président Biden s'en est aussi pris à l'idéologie haineuse vraisemblablement sous-jacente à la tuerie de Buffalo.

Nous avons vu les fusillades de masse à Charleston, en Caroline du Sud, à El Paso, au Texas, à Pittsburgh, l'année dernière à Atlanta, cette semaine à Dallas, au Texas, et maintenant à Buffalo, a-t-il énuméré, citant des événements tragiques où des Noirs, des Juifs, des Latino-Américains ou des Asiatiques ont été pris pour cibles au cours des dernières années.

« La suprématie blanche est un poison. C'est un poison, vraiment, qui traverse notre corps politique. Et on l'a laissé s'envenimer et croître sous nos yeux. Plus jamais. Je veux dire plus jamais. Nous devons dire aussi clairement et énergiquement que nous le pouvons que l'idéologie de la suprématie blanche n'a pas sa place en Amérique. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

La haine ne prévaudra pas. Le suprémacisme blanc n'aura pas le dernier mot, a promis celui qui avait expliqué par la manifestation de suprémacistes blancs à Charlottesville, en Virginie, sa décision de briguer la présidentielle afin de restaurer l'âme de l'Amérique.

M. Biden a d'ailleurs évoqué cette marche, au cours de laquelle des néonazis, torche à la main, avaient scandé : Les Juifs ne nous remplaceront pas. C'est en réaction à cet épisode que Donald Trump, alors président, avait déclaré qu'il y avait de bonnes personnes des deux côtés en refusant de condamner l'extrême droite.

Rejeter le mensonge du « grand remplacement »

Le président démocrate a également dénoncé la théorie conspirationniste du grand remplacement évoquée par le suspect de la fusillade de Buffalo dans un long manifeste mis en ligne peu avant la tragédie et jugé authentique par les autorités.

Cette idéologie d'extrême droite selon laquelle les élites, notamment des Juifs, veulent remplacer la population blanche entre autres par la voie de l'immigration, a fait son chemin dans les cercles de droite plus conventionnels, dans une version édulcorée d'où sont évacués les thèmes ouvertement antisémites.

« J'appelle tous les Américains à rejeter ce mensonge, et je condamne tous ceux qui le répandent pour gagner du pouvoir, des voix, de l'argent. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Ceux qui prétendent aimer l'Amérique ont donné trop de combustible à la haine et à la peur, a-t-il déploré, se gardant toutefois de désigner spécifiquement des coupables.

Lundi, le leader de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a pour sa part montré du doigt les républicains trumpistes, le réseau Fox News et son animateur vedette Tucker Carlson.

La représentante républicaine Liz Cheney a quant à elle interpellé les dirigeants de sa propre formation.

La direction du [Parti républicain] de la Chambre des représentants a rendu le nationalisme blanc, la suprématie blanche et l'antisémitisme excusables. L'histoire nous a appris que ce qui commence par des mots se termine par bien pire, a tweeté l'ancienne numéro trois de la formation à la Chambre.

Du « terrorisme intérieur »

Martelant son message, Joe Biden n'a en outre pas hésité à qualifier la fusillade d'acte terroriste. Ce qui s'est passé ici est simple et clair : Terrorisme. Terrorisme. Terrorisme intérieur.

L'élu démocrate a ainsi offert un contraste marqué avec son prédécesseur, Donald Trump, qui selon des responsables de la sécurité intérieure négligeait cette menace et interdisait même d'utiliser ces termes.

Des résidents du quartier interviewés par le New York Times ont déclaré qu'ils voulaient plus que des mots, et qu'ils réclamaient des actes.

Après sa rencontre avec le président Biden, le maire de Buffalo, Byron Brown, cité par CNN, a pour sa part vanté sa compassion. Ajoutant avoir perçu chez Joe Biden un fort sentiment de détermination et d'engagement [...] pour essayer d'apporter des changements, il a précisé qu'ils avaient discuté de contrôle des armes à feu et des gestes à poser pour mettre un terme aux fusillades.

Une réforme importante des armes à feu va être très difficile, mais je ne vais pas renoncer à essayer, a de son côté déclaré le président aux journalistes.

Avec les informations de New York Times

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