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Surdoses à Thunder Bay : des organismes au front pour sauver des vies

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Holly Gauvin est la directrice générale de l'organisme Elevate NWO.

Photo : CBC / Logan Turner

Radio-Canada

Avec 118 décès liés aux surdoses en 2021, le district sanitaire de Thunder Bay détient la triste première position au Canada en ce qui concerne le nombre de surdoses mortelles par 100 000 habitants.

Selon les chiffres les plus récents du coroner en chef de l'Ontario, les 118 morts enregistrés en 2021 à Thunder Bay représentent une personne qui est morte presque tous les trois jours l'an dernier.

En prenant compte la population, il y a peu plus de décès liés aux surdoses à Thunder Bay qu'à Vancouver, ainsi que dans tous les autres bureaux de santé publique de l'Ontario.

La zone desservie par le Bureau de santé du district de Thunder Bay a enregistré 76,3 décès par 100 000 habitants en 2021, tandis que Vancouver a enregistré 72,6 décès par 100 000 habitants, selon les données publiées par les bureaux des coroners de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

Pour les organismes de première ligne, les deux dernières années ont forcé les employés à se démener pour continuer à sauver des vies dans un environnement changeant qui a restreint les espaces et qui a changé les services sociaux offerts aux personnes vivant avec des dépendances.

L’organisme Elevate NWO a dû s'adapter.

D’abord une organisation de réduction des méfaits axée sur la fourniture de traitements, de soins et de soutien pour le VIH et l'hépatite C, elle a considérablement élargi son mandat pour créer des espaces sûrs pour tous les membres de la communauté pendant la pandémie.

L’organisme a ouvert et agrandi un centre de réchauffement à Thunder Bay l’hiver dernier, un service qui inclut des ressources sur la réduction des méfaits et un service d’accès à des seringues propres pour réduire la transmission des maladies.

Le mois dernier seulement, nous avons vu 1 600 personnes franchir nos portes, et ce, avec les mêmes effectifs qu'il y a sept ans, alors que nous pouvions voir 30 personnes franchir nos portes un jour de pointe, affirme Holly Gauvin, directrice générale de Elevate NWO.

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Des fournitures de réduction des méfaits sont mises à la disposition des usagers des services de Elevate NWO.

Photo : CBC / Logan Turner

L'organisme s'est également lancé dans le domaine du logement avec services de soutien, en ouvrant un logement de réduction des méfaits grâce à un financement du Centre d'amitié autochtone de Thunder Bay et du conseil d’administration des services sociaux du district.

L’organisme a créé 15 logements de ce type, organisés en 3 appartements de cinq chambres qui ont leur salle de bain commune et qui ont accès à un espace commun partagé.

Au lieu d'ouvrir les chambres à toute la population, explique Mme Gauvin, l’organisme tente de loger des groupes de sans-abri dans ces appartements.

Ces communautés créées au sein des logements permettent aux usagers de veiller les uns sur les autres lors de séances de consommation.

Des drogues de plus en plus mortelles

Malgré les précautions, des personnes sont décédées, ça montre à quel point les drogues sont toxiques et dangereuses et c’est pourquoi nous devons continuer à faire pression pour un approvisionnement plus sûr ici à Thunder Bay, a ajouté Mme Gauvin.

Selon une étude réalisée au printemps 2021 par l'Université Lakehead, les stocks de drogues qui circulent à Thunder Bay sont devenus de plus en plus dangereux au cours des dernières années.

L'étude indique également que les deux tiers des sujets de l'étude qui prenaient de la drogue utilisaient les substances seules, sans aucun soutien pour accroître leur sécurité.

À Thunder Bay, il n'existe pas de programme d'approvisionnement sûr, qui permet un accès régulier à des drogues sécuritaires pour les personnes vivant avec des dépendances.

Cette réalité pourrait bientôt s’améliorer dans la région selon Juanita Lawson, directrice générale du Centre de santé communautaire NorWest.

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Juanita Lawson, directrice générale du Centre de santé communautaire NorWest.

Photo : CBC / Logan Turner

L’organisme a acheté une machine qui permet d’analyser les substances pour détecter des substances spécifiques, comme les benzodiazépines, le fentanyl ou d'autres opioïdes synthétiques, présentes dans les drogues que les gens consomment.

Il s'agit d'une nouvelle machine à la fine pointe de la technologie, et je crois que c'est la première dans le Nord-Ouest de l'Ontario, indique-t-elle.

La machine, qui devrait arriver au cours des deux prochains mois, a indiqué Mme Lawson, sera utilisée au Path 525, le seul site de consommation supervisée de la ville qui a ouvert ses portes en 2018.

Elle affirme que si un nombre croissant de personnes ont utilisé les services de Path 525 pendant la pandémie, NorWest s'efforce de voir comment il peut rendre le service plus facilement accessible aux membres de la communauté qui ne fréquentent pas le site de consommation supervisé.

Le centre NorWest offrait auparavant des bandelettes de test pour le fentanyl, qui servent à tester les drogues injectables, les pilules et les substances en poudre pour voir si elles contiennent du fentanyl.

Mais Mme Lawson explique que les gens ont hésité à utiliser ces bandelettes, car elles nécessitaient une quantité importante de la drogue qu'ils consommaient et ne permettaient pas de connaître l'étendue des substances contenues dans ces drogues ni leur toxicité.

Sauver des vies

Pendant la pandémie, le centre NorWest s'est également efforcé de partager de l’information sur la toxicité de l'approvisionnement des substances dans la région.

L'organisme a notamment fait la promotion de l'application Lifeguard, qui fournit des informations en temps réel sur les substances présentes dans la ville.

Le centre NorWest s'est également associé à des ambulanciers pour aider les personnes sauvées d'une overdose à entrer en contact avec des agents de réduction des risques.

Bien que les dirigeants des deux organisations de réduction des risques soient convaincus que leurs ressources et leurs outils vont améliorer la sécurité de certains consommateurs de substances, ils conviennent que ce n'est pas suffisant.

Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines, déplore Mme Gauvin.

Il faut encore des investissements importants dans la réduction des méfaits, le logement supervisé, les soutiens communautaires et la réduction de la pauvreté pour inverser les taux de décès par surdose, a ajouté la directrice générale d'Elevate NWO.

Avec les informations de Logan Turner de CBC

Avec les informations de CBC

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