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Journée contre l’homophobie : une évolution remarquable, mais encore beaucoup de défis

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Le 17 mai est la Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie (archives).

Photo : La Presse canadienne / / Associated Press

Radio-Canada

La Journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie est célébrée le 17 mai. C’est ce jour-là en 1990 que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a retiré l'homosexualité de sa liste des maladies mentales.

Cette journée est célébrée le 17 mai. C’est ce jour-là en 1990 que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a retiré l'homosexualité de sa liste des maladies mentales.

L’émission Michel le samedi, d’ICI Acadie, a récemment présenté une table ronde à ce sujet. Quatre invités issus de diverses générations, Émile Babin, réalisateur à la retraite, Mylène Després, propriétaire du lieu de travail collaboratif La Station à Moncton, Josée Cooper, propriétaire d’une boutique de vêtements à Fredericton, et Kevin Haché, avocat et ancien maire de Caraquet, présentent leur perspective sur l’évolution des choses pour la communauté LGBTQ+.


Vivre dans la crainte

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Émile Babin, réalisateur à la retraite

Photo : Scott Bleackley

Émile Babin se souvient que dans son village natal, Saint-Louis-de-Kent, on ne parlait pas du tout d’homosexualité dans les années 1960. Il n’a entendu prononcer le mot gai que durant ses études à l’Université de Moncton et il a longuement connu des difficultés par la suite.

C’était le mot qui m’effrayait le plus. On disait des tapettes. Moi, me faire traiter de tapette, c’était peut-être la chose qui m’énervait le plus, qui faisait que je me renfermais sur moi-même, que j’étais gêné, que je fuyais certaines personnes de qui j’aurais pu penser qu’elles étaient dangereuses pour moi. Je réalise à matin que j’ai eu des problèmes de santé mentale, de maladie mentale, la moitié de ma vie, explique Émile Babin.

Puis, en 2005, le Canada a légalisé le mariage entre conjoints de même sexe. Et de nos jours, la société n’hésite plus à parler d’homosexualité.

Il y a une évolution extraordinaire de pouvoir vivre au quotidien maintenant sans crainte, souligne Émile Babin en ajoutant qu’il y a encore beaucoup de discrimination dans la société malgré tout.


Révéler son homosexualité est un moment marquant

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Mylène Després, propriétaire de La Station à Moncton

Photo : Mylène Després

Mylène Després est née dans les années 1980 dans une autre petite communauté, Cocagne. À l’époque, dit-elle, l’homosexualité y était encore considérée comme un péché. Quelques années plus tard, elle a vécu un moment marquant lorsque l’animatrice américaine Ellen DeGeneres a révélé publiquement son homosexualité.

« Je m’en souviens très bien quand Ellen a fait son coming out, en 97. C’était un moment frappant pour ma génération, quelqu’un de public qui s’affichait comme ça. Je m’en rappelle très bien et tout le vitriol qui a suivi aussi. »

— Une citation de  Mylène Després

La société a beaucoup évolué et elle continue de le faire, mais il faut encore faire des efforts pour atteindre une véritable égalité pour tous les genres.

C’était vraiment un grand pas pour les gais en 1990 quand ce n’était plus considéré une maladie mentale, mais on s’entend que pour nos frères et soeurs non binaires trans, ça fait juste depuis 2019 qu’être transgenre n’est plus considéré [par l’OMS] comme une maladie mentale. Donc on a encore du chemin à faire, ajoute Mylène Després.


Plus facile pour les jeunes aujourd’hui de s’identifier

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Josée Cooper est propriétaire d'une boutique de vêtements à Fredericton.

Photo : MelanieCPhoto/Mélanie Courcelles

Josée Cooper estime que les diverses identités de genre évoluent encore beaucoup et qu’il est plus facile pour les jeunes de nos jours de s’identifier à un genre.

Ç’a beaucoup rapport avec le langage et le vocabulaire que les gens ont maintenant pour s’exprimer, pour s’identifier. Ça change encore avec les années. J’ai travaillé avec la jeunesse ces dernières années et leur expérience est vraiment différente de la mienne parce qu’ils ont tellement de connaissances, tellement de support et de communautés pour pouvoir explorer leur identité et grandir de cette façon-là, explique Josée Cooper.


Six ans déjà pour Acadie Love

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Kevin Haché

Photo : Radio-Canada / Janique Leblanc

Kevin Haché estime aussi, comme Mylène Després, que la communauté LGBTQ+ a toujours des défis devant elle. Selon lui, il arrive encore dans la Péninsule acadienne que des parents réagissent très mal lorsque leurs enfants révèlent leur orientation. Ces enfants se sentent ensuite exclus, dit-il en soulignant qu’il s’agit d’histoires d’horreur.

Kevin Haché constate toutefois une évolution depuis que l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie mentale.

« Quand on regarde par exemple à Caraquet, avec le rendez-vous de la fierté [Acadie Love], qu’on est rendus à la sixième année, lorsque j’avais 19 ans, 17 ans, jamais je n’aurais pensé que Caraquet aurait eu ça chez nous. »

— Une citation de  Kevin Haché

Donc, on voit qu’il y a une évolution, une éducation qui se fait par rapport à l’homosexualité. On voit maintenant que des gens s’identifient de différentes façons. Il y a toujours cette évolution-là, mais on peut voir aujourd’hui, en 2022, que l’évolution n’est pas encore finie, parce qu’il y a encore trop d’histoires d’horreur, explique Kevin Haché.

L’ancien maire ajoute qu’il se sentait seul durant sa jeunesse et qu’il ne voulait pas sortir alors qu’aujourd’hui il est fier de pouvoir faire flotter le drapeau gai devant sa maison.

Avec les renseignements de l'émission Michel le samedi

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