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Des vedettes et Zelensky pour donner le coup d’envoi du Festival de Cannes

Les cinq membres du jury posent ensemble pour les appareils photo à Cannes.

Asghar Farhadi, Deepika Padukone,Vincent Lindon, Rebecca Hall et Joachim Trier, membres du jury du 75e Festival de Cannes.

Photo : AP / Daniel Cole

Agence France-Presse

Une vedette hollywoodienne, Forest Whitaker, une comédie de zombies déjantée signée du réalisateur de L’artiste (2011) , et une intervention surprise du président ukrainien Volodymyr Zelensky : c’était le coup d'envoi mardi du 75e Festival de Cannes, une édition anniversaire entre 7e art, vedettes et l’ombre de la guerre en Ukraine.

Le tapis rouge a été déroulé vers 10h30 (4h30, heure de l’Est). Il a accueilli les vedettes, le public, ainsi que les membres du jury, présidé par l'acteur Vincent Lindon qui a pris ses quartiers cannois dès lundi, tout comme le cinéaste iranien Asghar Farhadi et l'actrice italienne Jasmine Trinca.

Un nouveau Charlie Chaplin

Il nous faut un nouveau Chaplin qui prouvera que le cinéma n'est pas muet face à la guerre en Ukraine, a déclaré mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, par l'entremise d'un message vidéo.

La haine finira par disparaître, les dictateurs mourront, a-t-il ajouté en faisant allusion au classique de Charlie Chaplin Le dictateur (1940), un film satirique dénonçant les visées meurtrières d'Adolf Hitler.

Des gens se lèvent de leurs sièges dans un amphithéâtre pendant la projection d'un message vidéo du président ukrainien.

Un message vidéo de Volodymyr Zelensky a été projeté mardi au Palais des Festivals.

Photo : Getty Images / Andreas Rentz

Son apparition a suscité la surprise dans la salle et une ovation du public. Pendant près de 10 minutes, le président ukrainien a dénoncé la guerre que mène la Russie en Ukraine et appelé le monde du cinéma à la collaboration.

« Est-ce que le cinéma va se taire ou en parler? »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky

Palme d'Or d'honneur

La cérémonie d'ouverture a été présidée par Virginie Efira, également attendue à l'écran pour son rôle de survivante d'un attentat dans Revoir Paris.

Mais la vedette de la soirée sera Forest Whitaker, qui recevra à 60 ans une Palme d'Or d'honneur pour une carrière marquée par un Oscar pour son interprétation d'Amin Dada, le dictateur ougandais, dans Le dernier roi d'Écosse (2006), ou encore par son rôle de tueur dans Ghost Dog : la voie du samouraï (1999) de Jim Jarmusch.

Le comédien afro-américain, également à la tête d'une association caritative qui lutte contre la pauvreté à l’international, est un habitué de la Croisette, où il a obtenu un prix d'interprétation en 1988 pour Bird de Clint Eastwood.

L'acteur dans le rôle du dictateur Amin Dada dans une scène du film.

Forest Whitaker dans le rôle du dictateur Idi Amin Dada

Photo : Searchlight Pictures

Une parodie de films de zombies en ouverture

L'ambiance promet ensuite de changer radicalement, avec la projection en ouverture de Coupez!, de Michel Hazanavicius, une parodie déjantée de films de zombies, et une déclaration d'amour à tous les films du genre – même les plus ratés.

Le film fera office d'exutoire pour un monde du cinéma qui tente de se remettre de la pandémie. Coupez! est joyeux, il met en valeur les gens du cinéma, et j'espère qu'il donne envie d'en faire, a déclaré à l'AFP le réalisateur, se disant très heureux de revenir à Cannes en ouverture.

Quelques heures auparavant, le public aura pu remonter le temps avec la projection de La Maman et la Putain, l'un des films qui ont fait la légende de Cannes, en 1973. Certaines personnes le verront pour la première fois, puisqu’un demi-siècle après avoir fait scandale, cette œuvre majeure de la Nouvelle Vague signée Jean Eustache, n'avait pas été rééditée, et était devenue difficile à visionner pour des questions de droits.

Le film est désormais restauré, et deux de ses interprètes, Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun, devraient assister avec émotion à sa projection cannoise, avant sa nouvelle sortie en salles cet été en France.

Un soutien absolu au peuple ukrainien

Cannes entrera le lendemain dans le vif du sujet : symbole fort, la compétition officielle débute mercredi par la projection du dernier film du Russe Kirill Serebrennikov, en rupture avec le régime.

Le réalisateur pourra finalement défendre en personne son dernier opus, un film sur la femme de Tchaïkovski, lui qui n’avait pas été autorisé à quitter son pays pour venir présenter ses deux précédentes oeuvres, Leto et La fièvre de Petrov.

Le festival refuse en revanche d'accueillir des représentants officiels russes, des instances gouvernementales ou des journalistes représentant la ligne officielle. Mais nous allons afficher un soutien absolu et non négociable au peuple ukrainien, a affirmé lundi Thierry Frémaux, le délégué général du festival, avec plusieurs films sélectionnés.

Même son de cloche chez Vincent Lindon, président du jury cette année, qui a estimé mardi qu'il faudrait faire attention à être digne, respectueux [...] rien que par hommage pour ceux qui ont des jours beaucoup plus compliqués que les nôtres, en Ukraine notamment.

Le monde dans lequel on vit aujourd'hui change notre état humain [...] probablement qu'inconsciemment quelque chose va s'en dégager, a reconnu l'acteur français, interrogé sur la manière dont la guerre en Ukraine allait influencer le jury, mais j'espère que non, ça ne va pas changer la façon dont on va regarder les films.

Le président du jury a estimé que si certains films seront en prise avec le monde, d'autres absolument pas et il ne faudra pas non plus les incriminer, sinon il n'y aurait jamais eu de film comme Pulp Fiction, lauréat de la Palme d'or en 1995.

Top Gun, Cronenberg et Elvis Presley

Côté tapis rouge, les appareils photo seront prêts pour la montée des marches de l'équipe du nouveau Top Gun (hors compétition), dont Tom Cruise.

Beaucoup de vedettes suivront jusqu'à la clôture du festival le 28 mai, comme Kristen Stewart, qui montera les marches aux côtés de Léa Seydoux et Viggo Mortensen pour le dernier film de David Cronenberg; l’acteur prometteur Austin Butler et le vétéran Tom Hanks, qui jouent Elvis et son gérant dans un film biographique; ou encore Idris Elba et Tilda Swinton dans le dernier film de George Miller, créateur de la série Mad Max.

Parmi les cinéastes en lice pour la Palme, Park Chan-wook, réalisateur entre autres du thriller Old Boy (2003), revient avec une enquête sulfureuse dans Decision to Leave. James Gray présente Armageddon Time, avec Anthony Hopkins et Anne Hathaway, tandis que d'autres, déjà médaillés, tenteront de décrocher un nouveau trophée, dont les frères Dardenne avec Tori et Lokita ou le grinçant Ruben Östlund avec Sans filtre.

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