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Tuerie raciste à Buffalo : le « Canada n’est pas à l’abri », selon des militants

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Des gens se rassemblent à l'extérieur d'une épicerie de Buffalo où a eu lieu une fusillade samedi après-midi.

Photo : Associated Press / Derek Gee

Radio-Canada

Des activistes de la communauté noire du Canada affirment que le pays est lui aussi vulnérable aux crimes haineux, en réaction au bain de sang de samedi à Buffalo qui a fait 10 morts.

Dix personnes ont été tuées dans une fusillade perpétrée par un suprémaciste blanc à Buffalo, qui se trouve tout près de la frontière avec le Canada.

Le Canada n'est pas à l'abri de ces crimes, a déclaré Velma Morgan, présidente d'Operation Black Vote Canada, à CBC News lundi.

Faisant référence à un rapport de Statistique Canada, qui indique que les crimes haineux contre les Canadiens noirs ont augmenté de 96 % au cours de la pandémie de COVID-19, Mme Morgan affirme que les Canadiens devraient absolument être préoccupés par de telles statistiques.

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Velma Morgan est présidente d'Operation Black Vote Canada.

Photo : offerte par David Chang Photography

Nous devons commencer à faire des choses pour prévenir ce genre de comportement ici, a déclaré Mme Morgan.

Horrifiant

Rien que de penser qu'un samedi, des gens font leurs courses, comme nous le faisons tous un samedi matin [...]. Et penser qu'ils ont été abattus, tués simplement parce qu'ils étaient Noirs. C'est tout simplement horrifiant, a-t-elle déclaré.

Amanda Bartley, chercheuse en comportement humain et membre du conseil d'administration de Family Service Toronto, affirme que les Noirs vivent un nouveau traumatisme chaque fois qu'il y a une attaque comme celle de Buffalo.

C'est super traumatisant de voir son peuple abattu et assassiné, que ce soit aux mains d'un civil ou même de la police, dit-elle.

Selon Mme Bartley, les dirigeants canadiens doivent dénoncer la suprématie blanche [...] et être beaucoup plus proactifs dans la lutte contre les crimes haineux et la violence d'extrême droite avant même qu'ils ne se produisent.

On a l'impression que [les dirigeants s’arrêtent] avant de dire que nous avons un problème de suprématie blanche, a-t-elle dit.

Birgit Umaigba, une infirmière en soins intensifs de Toronto, s'est insurgée contre un tweet de Catherine McKenna, ancienne ministre canadienne de l'Environnement et du Changement climatique, qui a déclaré qu'elle se sentait très chanceuse de vivre au Canada – un pays diversifié et tolérant qui valorise la liberté tout en respectant les droits de l'homme. Ce Tweet faisait référence à la fusillade de Buffalo.

C'était très pénible à lire parce que c'était tellement vide de toute empathie pour les personnes qui venaient de perdre la vie, a déclaré Mme Umaigba.

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Birgit Umaigba est infirmière.

Photo : offerte par Birgit Umaigba

Je ne suis pas sûre de quel Canada elle parle, parce que pour moi et les gens qui me ressemblent, le racisme est quotidien. Le Canada a cette notion d'être toujours si tolérant et accueillant. Nous sommes diversifiés, mais [...] le racisme est quotidien ici, les institutions sont imprégnées de tant de racisme.

Elle aussi affirme que les Canadiens devraient être inquiets.

Il y a tellement d'exemples, l'attaque au camion-bélier de London [entre autres] : un suprémaciste blanc a foncé sur une famille musulmane entière et l'a tuée, a déclaré Mme Umaigba.

La fusillade de la mosquée de Québec s'est produite il y a cinq ans, alors de quoi [parle-t-elle]?

Les gens font flotter des drapeaux confédérés devant leurs maisons en ce moment même, dit-elle, faisant référence à un incident à Hamilton.

Selon Mme Umaigba, il n'incombe pas qu'aux Noirs de combattre le racisme.

Nous avons besoin que les Blancs s'engagent. Nous souffrons à cause de cela. Oui, il y en a des bons. Je ne dis pas que tous les Blancs sont racistes, mais nous avons besoin que les bons, les alliés, les co-conspirateurs, s'engagent et fassent le travail, a-t-elle déclaré.

La haine est enseignée

Amie Archibald-Varley vit à Binbrook, une communauté du sud-est de Hamilton située à environ 90 kilomètres de Buffalo.

Comme Mme Umaigba, Mme Archibald-Varley dit que les Blancs ont aussi du travail à faire et encourage les Blancs à parler de la fusillade avec leurs collègues, leurs conjoints et leurs enfants.

La haine n'est pas quelque chose d'inné, elle s'apprend, elle est enseignée, a-t-elle déclaré.

Pour Mme Archibald-Varley, des incidents comme la fusillade de Buffalo laissent les communautés noires blessées et traumatisées.

Je veux juste aller à l'épicerie et ne pas avoir à faire face à cette merde. C'est fou, dit-elle.

Ce n'est pas seulement un problème américain. C'est un problème ici au Canada aussi. [...] Cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous, les Noirs.

Selon elle, toute la communauté doit s'unir contre le racisme.

Nous ne pouvons pas continuer à voir ces mêmes choses se produire sans des lois plus fortes, des politiques plus fortes, sans la solidarité des autres membres de la communauté, a déclaré Mme Archibald-Varley.

En tant que communauté, nous sommes blessés, nous sommes brisés, nous avons peur, mais nous sommes forts, a-t-elle ajouté.

Nous avons vu les dégâts et le mal [causés] par le racisme systémique pendant des années, mais nous sommes toujours là et nous allons continuer à nous battre pour des changements qui appellent à la responsabilité. [...] Nous sommes en deuil ensemble, mais nous sommes également forts ensemble.

Avec les informations de CBC

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