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Analyse

Débat des chefs : plus de substance, mais toujours pas de gagnant

Le débat de 90 minutes était le dernier affrontement télévisé entre les chefs avant le scrutin du 2 juin.

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Les chefs ont pu s'affronter lors de différents face-à-face pendant le débat télévisé.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

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Le deuxième et dernier débat des chefs a permis d’aborder plusieurs thèmes qui avaient été ignorés lors du premier affrontement, à North Bay. Les électeurs qui ont enduré la cacophonie dans les studios de TVO ont eu une meilleure idée des visées des partis en matière d'environnement, d'éducation et de fiscalité, notamment. Voici quelques observations après le débat.

Pandémie et transports

La construction d’autoroutes et la pandémie sont les sujets qui ont donné lieu aux échanges les plus vigoureux.

Doug Ford a dû défendre ses controversés projets d'autoroute, alors que les trois autres chefs ont mis de l'avant ce qu'ils feraient avec les milliards de dollars que doivent coûter les projets.

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Doug Ford a défendu ses engagements en faveur de la croissance économique et de l'emploi.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Doug Ford a semblé agacé par les questions de Steven Del Duca lorsque le chef libéral a souligné le cafouillage du gouvernement au printemps 2021 : celui-ci avait permis un déconfinement qui s'est avéré trop hâtif. Le modérateur Steve Paikin a dû rappeler les chefs à l’ordre.

Performances inégales

On pourrait dire que Doug Ford a gagné le débat par défaut. Il a réussi à éviter les erreurs et son tempérament bouillant n'est pas ressorti, malgré les attaques de ses adversaires.

Sans surprise, c’est lors des échanges sur l’économie – son sujet de prédilection – que Doug Ford était le plus à l’aise. Sa performance devrait lui permettre de maintenir son avance.

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Le chef libéral Steven Del Duca a répondu aux attaques de Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Somme toute, Steven Del Duca a connu une bonne soirée. Le chef libéral a résisté à quelques attaques prévisibles sur ses années au sein du Conseil de ministres de Kathleen Wynne, la première ministre précédente. Heureusement pour lui, son association à l’ancien gouvernement libéral n’a pas retenu l'attention trop longtemps.

M. Del Duca a été particulièrement efficace lorsqu’il a rappelé le bilan de M. Ford en matière d’éducation. Son message d’unification des forces progressistes pourrait aussi avoir trouvé écho chez certains électeurs qui cherchent à tout prix à se débarrasser des progressistes-conservateurs à Queen's Park.

Andrea Horwath et M. Del Duca ont passé beaucoup de temps à s’attaquer mutuellement. C’est à se demander si les néo-démocrates et les libéraux ne sont pas en compétition pour la deuxième position. L’avance de Doug Ford est-elle insurmontable?

Mme Horwath était probablement la moins à l’aise de tous les chefs pendant l’affrontement. Par moments, la vétérane avait de la difficulté à s'imposer, jusqu’à se faire oublier complètement pendant de longues minutes. Ce deuxième débat ne sera probablement pas l’élan dont elle a besoin pour remonter dans les intentions de vote.

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Le chef des verts, Mike Schreiner

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

La simple présence de Mike Schreiner était en soi historique : jamais un chef vert n’avait été invité à un débat organisé par le consortium des médias. Le député sortant dans Guelph a livré une solide performance, même si ses chances de former le prochain gouvernement sont pratiquement nulles. Sa simple participation l’aidera à rehausser son profil auprès de l’électorat et pourrait contribuer à grossir son caucus.

M. Schreiner a connu une bonne séquence lors des questions sur le système de santé : Avez-vous parlé à une infirmière récemment?, a-t-il lancé à Doug Ford. Assurément un des moments forts du débat.

Stratégies

Un compliment peut-il servir de stratégie? Doug Ford a eu de bons mots pour le chef vert pendant le débat, allant même jusqu'à décrire le politicien comme une personne raisonnable avec qui il pourrait collaborer.

En faisant la promotion de Mike Schreiner, Doug Ford favorise la division du vote d’opposition. Une migration des appuis du NPD ou des libéraux vers le parti de Mike Schreiner pourrait avantager le candidat progressiste-conservateur dans certaines circonscriptions.

Factuel ou pas?

Les désormais célèbres notes de Doug Ford étaient de retour, bien en vue sur son lutrin. Le chef progressiste-conservateur les a consultées de temps en temps, mais elles étaient moins une béquille que lors du premier débat. Même si les organisateurs avaient demandé aux chefs de ne pas avoir recours à des notes, comme l’a rappelé la modératrice du débat, l’équipe de Doug Ford s’est battue pour qu'un aide-mémoire soit autorisé.

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Les chefs Doug Ford, Andrea Horwath, Steven Del Duca et Mike Schreiner se sont affrontés lors du dernier débat ontarien des chefs de la campagne.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

C’est pratiquement inévitable lors d’un débat : des erreurs factuelles se faufilent dans le discours des chefs. Parfois de façon involontaire, parfois délibérément. Certaines déclarations de M. Ford sur la création d’emplois et sur les vignettes d’immatriculation étaient notamment erronées.

Père de deux filles

Dès qu’il en a l’occasion, Steven Del Duca mentionne qu’il est le père de deux jeunes filles d’âge scolaire. Seulement au cours du débat, il a dû le répéter une dizaine de fois.

Le chef libéral cherche sûrement à se présenter en bon père de famille, puisque la formule avait été payante pour un de ses prédécesseurs, Dalton McGuinty, qui était surnommé Premier Dad.

Francophonie invisible

Les enjeux francophones et autochtones sont une fois de plus passés sous silence. Seule Andrea Horwath a rapidement mentionné une université qui a fermé ses portes, faisant référence à l'Université de Sudbury, mais sans la nommer.

Les enjeux liés à la réconciliation avec les Premières Nations n'ont pas non plus été abordés.

Un autre débat, cette fois-ci en français, aura lieu mardi avec des candidats francophones représentant les quatre principaux partis. Aucun des chefs n’étant suffisamment à l’aise en français, ils ont chacun désigné un candidat pour participer à l’événement à leur place. Le débat francophone est une collaboration entre TFO et Radio-Canada.

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