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Arrestation à l’École Béatrice-Desloges : le travail des policiers sous la loupe

Un jeune homme se fait passer les menottes par deux policiers.

Un adolescent a été arrêté lors d'une manifestation organisée à l'École secondaire Béatrice-Desloges.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Est-ce que les policiers d’Ottawa ont correctement géré la manifestation qui s’est déroulée devant l’École secondaire Béatrice-Desloges, vendredi? C’est la question qu’ont soulevée plusieurs personnalités politiques, cette fin de semaine, alors qu'une vidéo montrant l’arrestation d’un adolescent pendant le rassemblement a enflammé les réseaux sociaux.

Vendredi, des centaines d'élèves de l’École secondaire catholique Béatrice-Desloges dans l’est d’Ottawa ont participé à une bruyante manifestation pour dénoncer l’application humiliante du code vestimentaire de l’établissement.

Ils ont dénoncé la manière dont le personnel de l'école a vérifié de façon impromptue les tenues vestimentaires de ses élèves — en majorité des filles.

Des élèves ont bruyamment manifesté contre l'application du code vestimentaire, vendredi, à l'École secondaire Béatrice-Desloges.

Des élèves ont bruyamment manifesté contre l'application du code vestimentaire, vendredi, à l'École secondaire Béatrice-Desloges.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Un jeune homme, qui ne fréquente pas l’établissement scolaire, a été menotté et placé en état d’arrestation par les agents pour intrusion. Il a été escorté hors du terrain scolaire et relâché par la suite.

La vidéo de son arrestation a abondamment circulé sur les réseaux sociaux et a suscité une vive indignation. Plusieurs ont critiqué le comportement des policiers.

Je ne vois pas immédiatement la nécessité d'avoir aggravé la situation, a réagi le conseiller du quartier Kitchissippi, Jeff Leiper, sur son compte Twitter. J'ai parlé avec la police pour exprimer mon désaccord avec le fait d'avoir physiquement pris le contrôle du jeune homme, même s'il avait fait de l’intrusion.

[Je me demande] pourquoi l'intervention de la police d'Ottawa était nécessaire sans [avoir tenté] une plus grande désescalade, a écrit la conseillère du quartier Cumberland, Catherine Kitts, sur le réseau social. Je suis concernée par toute la situation.

Après avoir vécu une occupation illégale de 28 jours du centre-ville d'Ottawa marquée par le peu d'action policière, Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset, trouve la réponse des policiers à une manifestation qui dénonce une application sexiste du code vestimentaire de stupéfiante.

« La réponse de la police et de l'école [et du conseil scolaire] à cette manifestation pacifique a mis les élèves en danger, depuis le début. »

— Une citation de  Catherine McKenney, qui représente les citoyens du quartier Somerset

Si les élus [y compris les membres de la Commission de services policiers] ne remettent pas en question les actions de la police, alors qui le fera?

Une réaction de la police appropriée, dit le chef intérimaire

Le chef par intérim du Service de police d'Ottawa (SPO), Steve Bell, a défendu le comportement de ses agents dans une lettre adressée aux membres de la Commission de services policiers qui exigeaient des explications. Il soutient que ses hommes ont réagi de manière appropriée dans le but de maintenir la sécurité publique.

La centrale 911 a reçu trois appels de citoyens et de membres du personnel de l’École Béatrice-Desloges inquiets pour la sécurité des élèves qui manifestaient sur le bord de la route, alors que des voitures circulaient à grande vitesse, écrit-il.

Des policiers ont été appelés en renfort, lors de la manifestation.

Des policiers ont été appelés en renfort, lors de la manifestation.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Plusieurs agents se sont rendus sur les lieux pour gérer le flux de la circulation et aider à maintenir les étudiants hors de la chaussée, poursuit-il. Les agents sont tenus de répondre à ces types d'appels lorsque la sécurité des jeunes ou d'autres membres du public est menacée.

« Les appels ont provoqué une réponse policière légitime. »

— Une citation de  Steve Bell, chef par intérim, SPO

La manifestation est restée pacifique, mais la situation a été perturbée lorsque deux adolescents qui ne fréquentaient pas l'école se sont mis à agiter la foule, raconte le chef de police par intérim.

Les deux jeunes ont été informés au moins cinq fois par un agent qu'ils ne devaient pas se tenir sur la propriété et qu'ils devaient rester à l'écart de la chaussée de l'autre côté de la route. [...] Après ces avertissements et les interactions, l'un de ces jeunes a été arrêté sur les lieux.

Le conseil est satisfait du travail policier

Le surintendant de l'éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), Jason Dupuis, évalue aussi que le travail des policiers a été bien fait.

Un homme se tient debout derrière un micro.

Jason Dupuis, le surintendant de l'éducation au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE).

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Je pense qu'ils ont fait un excellent travail, a-t-il déclaré dans une entrevue accordée à CBC. Nos élèves étaient très respectueux de la façon de protester, mais les élèves qui étaient en dehors de notre école n'ont malheureusement pas coopéré.

« J'ai vu un comportement qui était, pour moi, inacceptable, et la police a fait ce qu'elle avait à faire. »

— Une citation de  Jason Dupuis, surintendant de l'éducation au CECCE

M. Dupuis était d’ailleurs à l’École Béatrice-Desloges, lundi, pour poursuivre son enquête. Il a rencontré des élèves et recueilli des témoignages en lien avec les événements de vendredi dernier.

L’administration du conseil revoit actuellement la politique du code vestimentaire pour l’ensemble des écoles et évalue ce qui pourrait être apporté comme changements, a-t-il indiqué.

Tout est sur la table, a-t-il lancé. On regarde ce qui est possible. On veut vraiment maintenir une bonne collaboration avec les élèves ainsi que la table politique. [...] On va collaborer avec tous ces groupes-là pour s’assurer de mettre en place quelque chose où les élèves se sentent bien et viennent à l’école pour apprendre.

Des élèves qui manifestent devant l'École secondaire Béatrice-Desloges

Des élèves qui manifestent devant l'École secondaire Béatrice-Desloges

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Des élèves rencontrés sur le terrain de l’école demeurent toutefois sceptiques quant à l’enquête et aux démarches entreprises par le conseil scolaire.

Je trouve qu’ils essaient vraiment de juste changer l’histoire des élèves puis dire qu’ils n’ont pas demandé aux filles de se pencher, que le blitz était normal, que ce n’était rien d’extrême et que le monde exagère, se désole Sophie Talbot, 16 ans.

J'ai l'impression que l’école essaie de garder sa réputation — mais honnêtement ça fait juste frustrer les gens encore plus — et que la situation va s'aggraver, a soutenu pour sa part Dia-Maria Nasser, 16 ans.

Déçus, certains élèves prévoient organiser une marche [un walkout] mardi à 12 h 15 autour de l'école pour protester contre les membres de la direction qui ont organisé le blitz.

Avec les informations de Fiona Collienne et de Nafi Alibert

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