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Manquement important à la sécurité lors du convoi des camionneurs, selon un expert

Des agents de conservation discutent avec une personne devant une pile de bois coupé.

Des agents de conservation de la CCN discutent avec un manifestant dans le parc de la Confédération le 3 février.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Un expert en sécurité et sous-commissaire à la GRC à la retraite estime qu’un manquement important à sécurité et un manque de préparation des autorités ont marqué le convoi des camionneurs en février dernier, comme l’ont dévoilé des centaines de pages d’échanges révélées par Radio-Canada lundi.

L'ancien sous-commissaire à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Pierre-Yves Bourduas, estime qu'il est évident, d'après les courriels entre la Commission de la capitale nationale (CCN), le Service de police et la Ville d'Ottawa, que la communication a échoué.

« Ce qui m'a surpris un peu, c'est qu'il aurait dû y avoir ce qu'on appelle une préparation pour cet événement, c’est-à-dire que lorsque le convoi a quitté la Colombie-Britannique, les autorités auraient dû se préparer et s'assurer que les domaines de responsabilité soient respectés avec un seul point d'imputabilité. »

— Une citation de  Pierre-Yves Bourduas, sous-commissaire à la GRC à la retraite

Il ajoute que le fait que la manifestation se déroulait en partie sur la propriété de la CCN a ajouté un degré de complexité aux opérations des forces de l'ordre et créé une confusion entourant les pouvoirs juridictionnels.

Selon lui, le protocole est clair et l’intervention des autorités a pris trop de temps à s’effectuer.

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Une importante opération policière a permis de mettre fin à l'occupation qui a duré trois semaines (archives).

Photo : AFP via Getty Images/ANDREJ IVANOV

Des leçons déjà apprises?

Le sous-commissaire à la retraite estime que le Service de police d’Ottawa a déjà appris de ses erreurs, alors qu’il a su mieux contrôler la manifestation de motocycliste Rolling Thunder qui était de passage dans la capitale le 29 avril.

Il souhaiterait toutefois voir des mises en situation effectuées par les organismes en cause.

On appelle ça un tabletop exercise. C'est-à-dire une pratique pour s'assurer, dans un scénario comme ça, que les gens comprennent bien leur rôle pour pouvoir mieux gérer une occupation prochaine qui va sûrement survenir au cours des prochains mois, sinon des prochaines années.

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Les policiers ont arrêté sept personnes lors de la première soirée du convoi des motocyclistes (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Pas surprenant, selon plusieurs

Le regroupement citoyen Horizon Ottawa se dit choqué par ces révélations, sans toutefois être surpris par les nombreux problèmes de communication et de confusion dévoilés dans notre enquête.

Selon le porte-parole, Sam Hersh, la solution sera d'intervenir plus rapidement, pour empêcher les manifestants de s'installer au centre-ville. La Ville et les services policiers pourraient agir avec plus d’action. Pas nécessairement plus d’officiers sur le terrain, mais au moins bloquer le trafic sur l’autoroute. Ils ont fait ça pendant le convoi des motocyclistes. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait durant le convoi des camionneurs?, se demande-t-il.

Le député provincial d’Ottawa-Centre, Joel Harden, dit que ces échanges confirment ce que plusieurs, comme lui, pensaient de la gestion de la manifestation. C’est l'un des échecs les plus abjects de sécurité communautaire que j’ai vus : tellement d’organisation, du côté du convoi, et de désorganisation, du côté de l’État, à tous les niveaux.

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Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury (archives)

Photo : Radio-Canada

Le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, dont le quartier a été très touché par la manifestation, ne mâche pas ses mots pour décrire la situation que ces documents révèlent.

Ce que vous observez dans cette demande d’accès à l’information, ce n’est que la pointe de l’iceberg sur le chaos qui régnait à ce moment-là. Qui dit quoi, qui décide? Il n’y avait pas eu de conférence de presse où la CCN, la Ville, les autorités policières étaient tous dans une salle pour répondre aux questions. Je pense que c’est l’une des premières failles. [...] Qu’est-ce qui serait arrivé s’il y avait eu un feu? Il y en a eu plein d’incidents. Moi, je suis au courant d’un incident qui est arrivé au Château Laurier où les pompiers ne pouvaient pas se rendre à temps. J’espère que la demande d’accès à l’information va se poursuivre, parce que je pense que le public a le droit de savoir comment il y a eu vraiment un manque de coordination, comment il y a eu un laisser-aller [...]. L’autre élément qui porte à réflexion : on se demande qui était le décideur et prenait les actions concrètes?

« On voit vraiment jusqu’à quel point la ville était en état de siège, en état de chaos, et comment les autorités ont manqué d’avoir un plan et de rassembler tous les partenaires à cette table-là, dans un moment opportun. Trois semaines, c’était vraiment beaucoup trop! »

— Une citation de  Mathieu Fleury, conseiller municipal de Rideau-Vanier

L'élu croit qu'une nouvelle entité gouvernementale serait nécessaire dans la capitale nationale pour mieux organiser les services d'urgence en cas de débordement.

J'encourage encore le gouvernement fédéral d'élargir son enquête pour mieux équiper, non seulement l'utilisation de la Loi sur les mesures d'urgence, mais l'importance de bien protéger la capitale pour prévenir ce genre d'incident, dit-il, ajoutant qu'une gestion des véhicules motorisés est également nécessaire dans le cadre de tels événements.

Avec les informations de Frédéric Pepin

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