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Enquête Portapique: des plaintes à la police à l’endroit du tireur n’ont rien donné

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Michael Scott, un avocat représentant certaines des familles interroge des témoins lors de l'enquête de la Commission des pertes massives.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Un des avocats de la défense impliqués dans l'enquête publique sur la fusillade de masse en Nouvelle-Écosse croit qu'il y avait « plus qu'assez » de preuves pour une fouille chez le tireur.

Michael Scott de Patterson Law, dont le cabinet représente les familles de nombreuses victimes, pense aussi qu'un agent de la GRC qui a rendu visite au tireur plus d'une douzaine de fois au cours des années précédant la fusillade devrait témoigner de leur relation.

Des documents publiés par la Commission des pertes massives exposent les mesures prises par la police en réponse aux plaintes concernant Gabriel Wortman en 2010, 2011 et 2013.

Selon Me Scott, il y a eu des plaintes assez spécifiques où les gens ont exprimé des inquiétudes concernant les armes illégales du tireur et son intention de les utiliser Je pense que dans n'importe quelle circonstance normale, ce serait plus que suffisant pour que la police aille voir un juge et obtienne un mandat de perquisition, dit-il.

Trois plaintes

Dans le premier cas, Cordell Poirier, un agent de la police régionale d'Halifax maintenant à la retraite, a appris que le tireur avait appelé son oncle en Alberta et l’aurait menacé de tuer ses parents au Nouveau-Brunswick. L’agent à parlé au père, qui a dit que son fils avait des armes au chalet de Portapique et qu'il était alcoolique.

Il a ajouté qu’il n'avait pas vu les armes depuis plus de cinq ans. Compte tenu de cette lacune, Cordell Poirier a noté dans son rapport que sans connaissance récente, un mandat de sécurité publique ne pourrait pas être obtenu.

La plainte a été remise à l’agent Greg Wiley du bureau de la GRC de Bible Hill. L’agent Wiley se souvient de la situation comme étant un désaccord familial sur la propriété.

En mai 2011, une deuxième plainte, un agent de Truro a appris d'un inconnu que Gabriel Wortman avait des armes à feu et voulait tuer un policier.

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Voici les armes que le tireur avait en sa possession lorsqu'il a été tué dans une station-service d'Enfield, en Nouvelle-Écosse. Il y a trois armes de poing et deux carabines. Trois de ces armes provenaient du Maine.

Photo : Gracieuseté : Commission des pertes massives

L’agent Poirier a reconnu le nom de Gabriel Wortman et a appelé le détachement de Bible Hill où il a parlé avec un superviseur pour s'assurer qu'il était au courant de la nouvelle plainte. Greg Wiley ne se souvient pas de cette plainte. Il a dit que la GRC reçoit un million de plaintes.

Il ajoute qu’il avait une relation professionnelle avec le tireur entre 2008 et 2017.

Je peux vous dire qu'en tant qu'avocat, je ne comprends pas cela, dit Michael Scott.

Être averti de cette manière et choisir de ne rien faire!

Me Scott, qui pratique principalement le droit pénal, affirme qu'il rencontrait fréquemment des mandats de perquisition dans des affaires de drogue où la police recevait une autorisation judiciaire basée sur des bribes d’informations anonymes.

Lorsque les enquêteurs de la commission ont demandé à Greg Wiley si la plainte de 2011 selon laquelle le tireur voulait tuer un flic était alarmante, il a dit qu'il ne se souvenait pas d'avoir reçu quelque chose d'aussi formel.

Lorsque l'enquêteur de la commission a posé des questions sur son expérience en matière de demande de mandats, Greg Wiley a déclaré qu'il n'avait pas vraiment rédigé de mandats lorsqu'il travaillait en Nouvelle-Écosse.

Pour ce qui est de la troisième plainte à l’endroit du tireur, elle a été déposée en 2013 par Brenda Forbes, une voisine du tireur à Portapique. Elle dit avoir dénoncé son voisin pour violence conjugale. Mais elle soutient que la GRC n’a pas agi.

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Le tireur a incendié plusieurs maison, y compris son chalet à Portapique, en commettant une tuerie en avril 2020, selon les policiers.

Photo : CBC/Steve Lawrence

Manque de preuves

La Fédération de la police nationale, qui représente les membres de la GRC au-dessous du grade d'inspecteur, affirme qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour permettre aux agents de la GRC d'obtenir un mandat de recherche d'armes à feu à la résidence du tireur.

Greg Wiley n'était membre de la GRC que depuis quelques années à Bible Hill lorsqu'il a rencontré le tireur pour la première fois en 2008, après avoir enquêté sur une affaire où des outils avaient été volés de son garage.

Il a qualifié le tireur de serviable et d’utile et l’a visité environ 16 fois au fil des ans entre 2008 et 2011 avant d'être transféré dans une autre région.

Greg Wiley dit qu'il n'avait aucune autre source communautaire à Portapique, mais qu'il avait des connaissances dans d'autres régions où il s'arrêtait pour jaser.

Malgré les visites fréquentes et le manque de suivi des plaintes, l’agent Greg Wiley assure qu'il n'avait pas de relation particulière avec Gabriel Wortman.

L'agent Poirier a pourtant dit à la Commission que Greg Wiley lui avait dit que le tireur était un bon ami à lui.

Cette divergence est l'une des raisons pour lesquelles Michael Scott et d'autres avocats ont demandé à l’agent Wiley de témoigner en personne.

Dans son entretien avec la commission, l’agent Greg Wiley avoue se demander si certains signes lui auraient échappé.

Est-ce que je dormais au volant? Je dois vivre avec ma conscience, dit-il.

La commission n'a pas encore dit quand ou si l’agent Greg Wiley sera appelé à témoigner de nouveau.

Avec les informations de Haley Ryan de CBC

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