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Quelle peine imposer au meurtrier de Thomas Cameron?

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Le corps de Thomas Cameron avait été retrouvé dans un parc de Sherbrooke.

Photo : Facebook / Karine Cameron

Prison à vie imposée par un tribunal adulte ou peine pour adolescent misant sur la réhabilitation? Voilà la question que devra trancher le tribunal quant au sort qui attend le jeune homme qui a tué Thomas Cameron en août 2019 au parc Adrien-Cambron de Sherbrooke.

Les plaidoiries sur la peine se déroulaient, lundi, au palais de justice de Sherbrooke. C’est le juge Benoit Gagnon, qui siège en Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, qui est chargé de prendre cette décision.

Rappelons que le meurtrier avait plaidé coupable à un chef de meurtre au second degré en juillet 2021 au palais de justice de Sherbrooke. Il n’est pas possible de l’identifier puisqu'il était mineur au moment des faits. Comme depuis le début des procédures, celui qui a 21 ans aujourd'hui a regardé au sol sans exprimer la moindre émotion tout au cours de la journée.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Nathalie Robidoux, a raconté que Thomas Cameron avait été laissé dans une mare de sang et que le meurtrier avait pris la fuite. Elle a aussi indiqué que 62 plaies avaient été relevées sur le corps de la victime.

Me Robidoux a souligné que la preuve était accablante dans le dossier et que le mobile du crime est incompréhensible et disproportionné. La poursuite a également plaidé qu’il y avait une certaine planification dans le meurtre de Thomas Cameron.

« L’accusé savait ce qu’il faisait avant, pendant et après le meurtre. Thomas était une victime vulnérable. Il y a eu un effet de surprise total. Thomas est allé à ce rendez-vous sans se méfier. Le mobile inexplicable ajoute à la gravité du délit. [...]. Il y a eu un acharnement sur la victime. L’accusé a poursuivi la victime sur plusieurs mètres et même une intervention du gardien de parc n’a rien changé. »

— Une citation de  Me Nathalie Robidoux, procureure aux poursuites criminelles et pénales

L’avocate de la défense, Me Kim Dingman, a convenu que l’événement du 3 août 2019 a dégénéré, qu’il était violent, mais qu’il n’était pas planifié. L’accusé s’est présenté les mains vides. Il a réagi au geste de Thomas de lui montrer son couteau par un geste impulsif et guidé par ses émotions, il a commis les gestes [...]. Les fils se sont touchés. Il a explosé.

Elle a rappelé que l’immaturité, l’intoxication et les distorsions cognitives sont à l’origine des événements.

Une peine d'exception réclamée

L’avocate de la défense a rappelé que l'imposition d'une peine pour adulte à un adolescent demeure l'exception et non la règle.

« Les adolescents bénéficient d’une présomption de culpabilité moindre que les adultes. Ils sont plus vulnérables, moins matures et moins aptes à exercer un jugement moral. »

— Une citation de  Me Kim Dingman, avocate de la défense

Me Dingman a soulevé que le Tribunal doit se poser la question si le discernement de l'accusé lui permettait d'apprécier pleinement le caractère mauvais de ses actions. Selon elle, il n’avait pas l’intention de faire du mal à Thomas.

Aussi, selon la défense, la gravité du crime commis ne doit pas aveugler le tribunal.

De son côté, la procureure aux poursuites criminelles et pénales s'inquiète de l’inadaptation sociale du meurtrier et du risque de récidive.

« Il a un fonctionnement minimaliste en centre de réadaptation relié aux privilèges. Il s’est très peu investi. Nous sommes loin d’une réhabilitation. Il reste beaucoup à faire. La peine spécifique n’est pas suffisante parce qu’elle est limitée dans le temps. Seule une peine adulte s’impose. »

— Une citation de  Me Nathalie Robidoux, procureure aux poursuites criminelles et pénales

Impacts sur la famille

La poursuite a également rappelé que le crime avait fait d'autres victimes collatérales : le grand-père, l’oncle, la grand-mère et la mère de Thomas Cameron. Elle a mentionné qu'elle gardera toujours des séquelles, que son fils n’est pas mort de sa belle mort sans douleur. Il est mort de la main d’un humain.

L’impact pour la famille de Thomas a été très grand : vous devez en tenir compte. Avec la douleur qu'ils ressentent, ça ne doit pas aveugler, détourner le tribunal des objectifs de la loi. Le décès de Thomas n’aurait été moins important s’il n’avait pas eu de famille pour le pleurer a souligné l’avocate de la défense.

La fin des observations sur la peine aura lieu mardi au palais de justice de Sherbrooke.

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