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Travailleurs agricoles et cannabis : pas toutes les opérations sont légales

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Selon M. Donnelly, cette plantation illégale de cannabis a été fermée par les policiers à Leamington.

Photo : offerte par la PPO

Radio-Canada

Les travailleurs agricoles dans des installations de culture de cannabis sont souvent inconscients des risques encourus s’ils travaillent dans une entreprise illégale, selon la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

Souvent, [les travailleurs] n'ont pas la moindre idée que ce qu'ils font est criminel, selon Peter Donnelly, de la PPO.

Bien que la consommation et la vente de marijuana soit légale au Canada, la production à des fins commerciales est contrôlée, rappelle-t-on.

M. Donnelly ajoute que plusieurs descentes ont eu lieu dernièrement dans des plantations du comté d'Essex. Or, dit-il, les travailleurs agricoles sont presque toujours inconscients des conséquences auxquelles ils pourraient faire face.

Une partie du rôle de M. Donnelly consiste à gérer l'équipe provinciale conjointe de contrôle du cannabis, qui travaille avec les services de police locaux. Son équipe se concentre spécifiquement sur le crime organisé et ses tentacules qui atteignent le marché du cannabis , dit-il.

Les gens impliqués malgré eux sont parfois des travailleurs agricoles locaux, parfois des travailleurs migrants, qui croient travailler dans une opération de cannabis légitime.

Ce qu’ils ne savent pas, c'est que ces personnes dépassent de loin la portée de leur licence et qu'elles ont [plusieurs fermes], a déclaré M. Donnelly. Il dit avoir vu des entreprises illégales qui avaient une quarantaine de sites de culture de cannabis.

Parfois, les conditions de travail sont difficiles, selon M. Donnelly, et dans la plupart des cas, les travailleurs sont super coopératifs parce qu’ils sont inconscients de la situation.

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Peter Donnelly, de la Police provinciale de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / CBC

Ils disent donc ouvertement à la police pour qui ils travaillent, ce qu'ils font exactement et depuis combien de temps ils le font.

Des travailleurs migrants pris au piège

En novembre, Santiago Escobar, représentant national de l'Union des travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Canada, a déclaré avoir reçu des appels de travailleurs migrants dans de telles situations.

Il a dit que certains d'entre eux avaient quitté ce qu'ils décrivaient comme un employeur abusif, cherché d'autres emplois par l'intermédiaire d'une agence d'intérim et avaient été placés dans une opération illégale qu'on leur avait dit être légitime.

Ces travailleurs nous ont dit qu'ils avaient été trompés, a déclaré M. Escobar. Ils sont sans voix, abandonnés, ils rencontrent de nombreux obstacles, et en raison de leur statut précaire et de leur manque de représentation, ils sont des cibles faciles pour ce genre d'employeurs sans scrupules et criminels.

Il a ajouté qu'il peut être accablant pour les travailleurs migrants d'être accusés au criminel alors qu’ils pensaient travailler légalement, en plus de devoir trouver des ressources financières pour une représentation juridique.

Selon la PPO, dans la plupart des descentes, les travailleurs qui participent sans le savoir à une opération de culture illégale de cannabis ne font face à aucune accusation.

Si la personne est un travailleur migrant, Julie Lafortune, porte-parole d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déclaré à CBC News qu'elle ne sera pas interdite de territoire pour des raisons criminelles tant qu'il n'y aura pas de condamnation.

Un porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), qui est responsable du contrôle de l'admissibilité et des renvois, a déclaré qu’un travailleur étranger temporaire qui perd son emploi sans que ce soit sa faute ne sera pas automatiquement renvoyé chez lui.

Dans certains cas, selon le porte-parole de l'ASFC, un travailleur migrant peut être admissible à l'assurance-emploi. Il existe également des aides gouvernementales pour les aider à trouver un nouvel emploi ou un placement au Canada.

Si le travailleur migrant souhaite rentrer chez lui, c'est généralement aux frais de l'employeur qui l'a fait venir, ajoute-t-on.

Un porte-parole d’Emploi et Développement social Canada a déclaré à la CBC qu'il ne tolère aucun abus ou mauvais usage des travailleurs migrants dans le cadre du programme des travailleurs étrangers temporaires. L'agence fédérale indique qu'un processus de vérification permet de déterminer si l'offre d'emploi faite à chaque travailleur migrant est authentique et légale.

Avec les informations de CBC

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