•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le départ des baby-boomers à la retraite pourrait créer une pénurie de main-d’œuvre

Chargement de l’image

Selon Pedro Antunes, économiste en chef au Conference Board du Canada, puisque les baby-boomers dans la cinquantaine représentent un nombre important de travailleurs, s'ils prennent tous leur retraite au cours des prochaines années, cela laisserait un vide énorme dans la population active.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les baby-boomers de l'Alberta qui prennent leur retraite pourraient créer un grand vide sur le marché du travail et entraîner une pénurie de main-d'œuvre dans la province. Mais selon des experts, il n’est pas trop tard pour le gouvernement et les employeurs d’agir pour les retenir et se préparer à leur départ éventuel.

Pedro Antunes, économiste en chef au Conference Board du Canada, affirme que les plus jeunes baby-boomers constituent un groupe de travailleurs qu'il est important pour les employeurs de conserver.

Ils ont tendance à avoir beaucoup d'expérience et occupent souvent des postes supérieurs.

Comme ils représentent un nombre important de travailleurs, s'ils prennent tous leur retraite au cours des prochaines années, cela laisserait un vide énorme dans la population active.

Les baby-boomers sont nés entre 1946 et 1965. Les plus âgés sont septuagénaires, et les plus jeunes approchent de la soixantaine.

Les données du recensement montrent que le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest sont les seuls endroits au Canada où la population est plus jeune qu'en Alberta.

Selon Pedro Antunes, il s’agit d’un avantage, car cela donne plus de temps pour élaborer des politiques ayant pour but d'encourager les gens à travailler plus longtemps.

Il précise que les employeurs et le gouvernement doivent trouver des moyens de le faire, sans pour autant punir les travailleurs.

Il faut cependant agir rapidement.

On ne peut retarder la retraite qu'un certain temps, explique Pedro Antunes. Cette cohorte [de baby-boomers] est une cohorte massive qui va continuer à vieillir.

Les aînés travaillent plus longtemps

Larry King, 65 ans, a pris sa retraite en 2020.

Récemment, l’envie de travailler le démangeait. Il a donc commencé à travailler comme serveur au conservatoire Muttart, dans la vallée de la rivière d'Edmonton.

« J'avais besoin de faire quelque chose. Je suppose que j'avais besoin de sentir que j'avais un but. »

— Une citation de  Larry King, 65 ans

Susan McDaniel, professeure auxiliaire de sociologie à l'Université de Victoria, dont l'expertise porte sur le vieillissement de la population canadienne, explique que beaucoup de gens comme Larry King continuent de travailler plus longtemps par besoin, désir de contribuer à la société ou simplement parce qu’ils sont plus en forme que leurs aînés l’étaient au même âge.

« L'idée datant des années 50 selon laquelle on travaille toute sa vie, et à 65 ans, on reçoit une montre en or et on va se dorer au soleil, cela n'existe plus aujourd'hui. »

— Une citation de  Susan McDaniel, professeure auxiliaire de sociologie à l'Université de Victoria

Donna Wilson, professeure de sciences infirmières à l'Université de l'Alberta, ajoute que certaines personnes approchant de 65 ans, l'âge traditionnel de la retraite, travaillent plus longtemps par nécessité, en raison des répercussions financières de la pandémie de COVID-19.

L'évolution démographique de l'Alberta

Le nombre d'Albertains âgés de 55 ans et plus a augmenté de façon disproportionnée par rapport aux autres tranches d'âge au cours du dernier quart de siècle, selon les données du recensement.

En 1996, les Albertains âgés de 65 ans ou plus représentaient 9,8 % de la population. Ce groupe démographique représente maintenant près de 14,8 %, selon les données du dernier recensement.

Par ailleurs, le groupe des personnes âgées de 55 à 64 ans est passé de 7,53 % de la population totale en 1996 à 12,65 % en 2021.

La proportion d'Albertains de moins de 15 ans a diminué de près de 4 % au cours de cette période.

En avril, environ 1 Albertain sur 4 âgé de 65 à 69 ans avait un emploi, selon les données sur la main-d'œuvre de Statistique Canada. Avant la pandémie, le taux était de 1 sur 3.

Le gouvernement de l'Alberta est conscient de l'impact potentiel du départ à la retraite des baby-boomers sur la main-d'œuvre : son dernier plan financier indique que la province devra compter davantage sur la migration interprovinciale et internationale pour répondre aux besoins du marché du travail.

Avec les informations de Nicholas Frew

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !