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À Winnipeg, certains patients aux urgences attendent des jours un lit d’hôpital

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Des patients devant être hospitalisés ont attendu 11,6 heures en moyenne à l’Hôpital Grace de Winnipeg le 4 mai dernier, selon les données de Soins communs Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans les hôpitaux de Winnipeg, des personnes qui sont assez mal en point pour être hospitalisées doivent attendre de longues heures dans une salle d’urgence avant d’être admises dans le département approprié. Certains médecins attribuent cette situation à un manque criant de personnel.

D’après des données publiées par Soins communs Manitoba le 4 mai dernier, le temps d’attente moyen pour un patient devant être transféré des urgences vers un autre département a varié de 11,6 à 15,4 heures pour les trois plus grands hôpitaux de Winnipeg.

Cette attente s'ajoute aux autres heures passées aux urgences, lors du triage, de l'inscription et dans l'attente de voir un médecin qui déterminera s'ils doivent être admis. En moyenne, à l’Hôpital Grace, à l’Hôpital Saint-Boniface et au Centre des sciences de la santé, cette attente a pu durer entre 11 et 17 heures, le 4 mai.

Des données provenant des salles d’urgence obtenues par CBC/Radio-Canada montrent que, ces trois dernières semaines, le temps d'attente médian pour être admis dépassait les 24 heures.

Dans certains cas, l’attente d’un lit d’hôpital a duré de trois à quatre jours. Un patient a même attendu à l’urgence six jours son transfert vers une unité de soins.

Une attente insoutenable

Myrna Oliver, une femme de 79 ans de Twin Lakes Beach, a attendu de longues heures dans une salle d’urgence alors qu’elle avait besoin de soins.

Elle s’est rendue à l’urgence de l’Hôpital Grace le 8 mai pour une vertèbre fêlée. Le lendemain matin, il a été déterminé qu’elle devrait être hospitalisée.

Mais 36 heures plus tard, alors qu'elle attendait toujours sans avoir pu prendre de bain ni se dégourdir les jambes pour soulager sa douleur, son mari, Brian Oliver, l’a ramenée au logement loué par le couple près de l’hôpital.

C’est comme être dans un système illogique et insensible, soutient M. Oliver. Il dit avoir vu des dizaines de patients alités dans les couloirs de l'urgence et demandant de l’aide au personnel soignant, qui devait détourner les yeux pour être en mesure de continuer à travailler.

« Je suis tellement triste pour les infirmières. Ce sont des personnes qui sont formées pour aider les gens. »

— Une citation de  Brian Oliver

Jeudi dernier, Myrna Oliver a dû retourner à l’urgence de l’Hôpital Grace. D’après son mari, dimanche soir, elle était toujours alitée dans un couloir en attendant d’être hospitalisée.

Brian Oliver voudrait que la ministre provinciale de la Santé, Audrey Gordon, visite une salle d’urgence vers 20 h, au moment où elle déborde de personnes malades. Comment ne peut-elle pas réaliser l’état dans lequel se trouve notre système de santé, demande-t-il.

Fatigué de constamment m’excuser

L’urgentologue à l’Hôpital Saint-Boniface et président de Doctors Manitoba Kristjan Thompson croit que c’est le manque de personnel qui fait déborder les urgences.

Je suis fatigué de constamment m’excuser auprès des gens qui attendent alors qu'ils souffrent dans notre salle d’urgence, dit-il. Il explique que les urgences débordent de malades qui devraient normalement avoir un lit dans une unité ou recevoir des soins intensifs.

Comme les hôpitaux sont toujours remplis, les patients qui attendent d’être hospitalisés prennent la place de ceux qui y viennent pour recevoir des soins d’urgence, explique le Dr Thompson.

Il estime que le problème existait avant la pandémie de COVID-19 et continuera si rien n’est fait pour régler le problème de fond.

Soins communs Manitoba ne dément pas les observations du Dr Thompson. Ces problèmes entraînent de plus longues attentes pour les patients qui ont besoin des soins non urgents et pour ceux qui attendent d’être admis dans un département, indique-t-elle dans une déclaration écrite.

L’organisation provinciale dit tenter d’améliorer la situation en affectant des médecins au triage, en gérant les déplacements des ambulances et en accélérant le fonctionnement des laboratoires.

Pour sa part, la ministre Audrey Gordon attribue ces problèmes à la pandémie. La pandémie mondiale et sans précédent de COVID-19 continue d'avoir un effet sur le fonctionnement des salles d’urgence de Winnipeg, écrit le bureau de la ministre dans une déclaration.

Avec les informations de Bartley Kives

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