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La famille de Chantel Moore compte poursuivre un policier et la Ville d’Edmundston

L'ex-conjoint de Chantel Moore, une amie ainsi que sa mère ont témoigné au premier jour de l'enquête du coroner, lundi.

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La mère de Chantel Moore, Martha Martin, à son arrivée à l'enquête du coroner.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

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L’avocat T.J. Burke, qui représente la famille de Chantel Moore, annonce qu’une poursuite civile sera déposée en cour à Edmundston ce mardi contre la ville d'Edmundston et le policier qui a tiré sur Chantel Moore. La famille poursuit pour négligence après la mort de la jeune femme, tuée par un policier lors d'une intervention.

Selon M. Burke, le policier n'aurait pas fait ce qu'il faut pour préserver la vie de Chantel Moore.

Cette poursuite sera déposée pour respecter la date limite prévue par la loi. Plus de détails seront disponibles dans les documents qui seront présentés en cour mardi.

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Chantel Moore est morte le 4 juin 2020 à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Chantel Moore / Facebook

La Ville et le policier auront 20 jours pour répondre à cette poursuite. Cette période pourrait être étendue à 30 jours.

Deux plaintes avaient été déposées à la Commission de police du Nouveau-Brunswick pour demander le congédiement d'un policier et la suspension d'un autre. La Commission avait décidé de ne prendre aucune mesure contre les policiers en question. Les Services des poursuites publiques du Cabinet du procureur général du Nouveau-Brunswick avaient également choisi de ne pas accuser le policier impliqué.

Le 4 juin 2020, un agent du service policier d'Edmundston s’est rendu au domicile de Chantel Moore, une Autochtone originaire de la Première Nation Tla-o-qui-aht, en Colombie-Britannique, pour faire une vérification de bien-être. C’est lors de cette intervention qu’elle a été abattue.

L'enquête du coroner commence

Une soixantaine de citoyens ont été convoqués pour la formation du jury de l'enquête du coroner sur la mort de Chantel Moore. De ce nombre, cinq ont été choisis.

C'est la coroner Émily Caissy qui présidera cette enquête. Elle dit qu'il appartiendra au jury de formuler des recommandations après avoir entendu les témoins. La coroner pourra aussi formuler des recommandations distinctes de celles du jury.

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Émily Caissy est la coroner qui préside à l'enquête sur la mort de Chantel Moore.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le jury, dans une enquête d'un coroner, ça va servir à établir qui est décédé, de quelle manière, ce qui était la cause, avec les témoignages que le jury va écouter, explique-t-elle.

Aussi, la coroner a expliqué que le porte-parole du jury pourra adresser des questions directement aux témoins lors de leur comparution.

La coroner Émily Caissy compte s'adresser à nouveau aux médias à la fin des procédures.

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Une soixantaine de personnes ont été convoquées pour la sélection du jury.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

L’avocat T.J. Burke espère que cette enquête permettra de présenter plusieurs recommandations. Dans certaines situations, selon lui, la présence de travailleurs sociaux, avec les policiers, pourrait permettre de mieux gérer la situation. Il croit aussi que tous les policiers devraient avoir sur eux un pistolet Taser, et que les façons de procéder devraient être revues.

Pourquoi les services de police mettent plus d'argent dans les fusils que dans [des] armes moins meurtrières? Peut-être pourrait-il y avoir des choses comme plus de personnes autochtones dans le système de justice, avance l'avocat.

Les faits seront présentés au jury, explique T.J. Burke, et le jury aura à déterminer s'il s'agit d'un homicide ou d'un suicide.

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T.J. Burke, l'avocat de la famille de Chantel Moore

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Dès l'ouverture des procédures, lundi matin, les membres du jury ont prêté serment. La coroner Émily Caissy a ensuite expliqué les objectifs de son enquête. Elle a rappelé que personne ne sera accusé à l'issue des procédures. L'objectif est de prévenir ce genre de mort à l'avenir.

Avant d'entendre les témoins, la coroner Caissy a d'abord résumé les faits connus dans cette affaire, qui sont survenus le 4 juin 2020.

Puis le grand chef de Wolastoq, Ron Tremblay, a récité une prière avant que ne soit appelé le premier témoin.

L'ex-conjoint explique pourquoi il a appelé le 911

Le premier témoin a comparu par visioconférence. Il s'agit de Jonathan Brunet, l'ex-conjoint de Chantel Moore. La relation a duré cinq mois et demi. La relation a pris fin deux semaines avant la mort de Chantel Moore.

Il décrit Chantel Moore comme une personne qui avait une bonne âme, qui dégageait une énergie positive autour d'elle. Après la séparation, le couple a continué de communiquer sur une base quotidienne. En juin 2020, Jonathan Brunet habitait à Repentigny, en banlieue de Montréal.

Le 3 juin 2020, en soirée, il a reçu plusieurs messages textes envoyés du téléphone de Chantel Moore. Ces messages étaient de nature menaçante envers Chantel Moore. Jonathan Brunet a tenté de joindre des amis, mais en vain. Il a ensuite contacté le 911 et a donné l'adresse de la mère de Chantel Moore.

Il dit que Chantel Moore buvait de l'alcool, surtout le week-end, et qu'elle consommait à l'occasion de la cocaïne. Le soir du 3 juin, il craignait que quelqu'un veuille s'en prendre à Chantel Moore, surtout que celle-ci lui avait fait part dans les semaines précédentes qu'elle croyait être suivie par un homme.

Une amie qui l'a vue le soir de sa mort raconte

Chelsea Ouellet était l'amie de Chantel Moore. Le 3 juin, les deux femmes ont passé la soirée ensemble, à l'appartement de Chantel Moore. Elles ont consommé quelques verres d'alcool.

Durant la soirée, Chelsea Ouellet dit que Chantel avait du plaisir, mais elle parlait beaucoup de son ex-conjoint, Jonathan Brunet.

Après avoir quitté Chantel Moore ce soir-là, Chelsea Ouellet s'est rendu compte qu'elle avait oublié son portefeuille. Elle est donc retournée chez Chantel, qui était en communication avec quelqu'un sur son téléphone.

À ce moment, selon Chelsea Ouellet, Chantel Moore avait des signes de légère ébriété, mais elle pouvait toujours parler clairement.

La mère de Chantel Moore témoigne

La voix nouée par l'émotion, Martha Martin a commencé son témoignage en parlant de sa fille Chantel Moore, qu'elle décrit comme une personne joyeuse, qui voulait se rendre aux États-Unis pour étudier afin de devenir ingénieure. Elle parle de ce que faisait Chantel pour reprendre sa vie en main.

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Martha Martin, photographiée en juin 2020, dit qu'elle veut que justice soit rendue à sa fille.

Photo : Shane Magee/CBC

Martha Martin dit que le soir du 3 juin, Chantel, qui voulait prendre quelques verres avec ses amis, est venue chercher chez elle quelques bières et du rhum. L'ambiance était joyeuse ce soir-là.

Martha Martin dit avoir été réveillée à deux heures et demie du matin par quelqu'un qui frappait à la porte. Un policier lui a dit qu'il y avait des inquiétudes au sujet du bien-être de Chantel, et que son ex-conjoint avait appelé le 911. Le policier lui a demandé l'adresse de Chantel. Une fois le policier parti, elle a tenté de joindre sa fille, mais en vain.

À 4 h 19 du matin, deux policiers ont frappé à sa porte. Ils ont appris à Martha Martin que sa fille Chantel venait d'être abattue et qu'elle était morte.

Entrecoupée par les larmes, Martha Martin a raconté tout ce qu'elle a vécu cette nuit du 3 au 4 juin 2020.

Martha Martin et les siens se sont retirés tout de suite après son témoignage, qui concluait cette première journée d'enquête.

Les policiers donneront leur version des faits

L'enquête de la coroner Caissy se poursuivra demain à Fredericton avec le témoignage des policiers directement impliqués dans l'intervention qui a mené à la mort de Chantel Moore. Une journée complète est prévue pour entendre l'ensemble des policiers, dont celui qui a fait feu.

Pour l'instant, il est prévu que la journée de mercredi soit consacrée au témoignage des experts.

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