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Relations de travail : l’inflation et la pénurie provoquent de nouvelles stratégies

Des drapeaux des grandes centrales syndicales.

Il y a presque quatre fois plus de conflits de travail depuis le début de 2022 par rapport à la moyenne des trois dernières années.

Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais

Radio-Canada

La poussée inflationniste des derniers mois combinée à la pénurie de main-d'œuvre mènent les travailleurs à adopter une nouvelle approche auprès de leur employeur lorsque vient le temps de s’entendre sur un nouveau contrat de travail.

Tel est le constat de Me Sylvain Bouchard, avocat spécialisé en droit du travail pour le cabinet Gauthier Bédard situé à Saguenay.

Selon des données du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale obtenues par La Presse, il y a presque quatre fois plus de conflits de travail depuis le début de 2022 par rapport à la moyenne des trois dernières années.

Il y a un nouveau phénomène qui fait que, systématiquement, la première offre est souvent rejetée. Ça c’est inhabituel parce que d'habitude, quand on avait la recommandation du comité syndical, et que les élus disaient à leurs membres on vous recommande ça, c’est la meilleure entente qu’on va pouvoir recevoir, on pouvait se fier là-dessus, a soutenu Me Bouchard en entrevue à l’émission C’est jamais pareil.

Des conditions de travail magasinées

Selon Me Bouchard, il n’est pas rare de voir des travailleurs réclamer des hausses salariales de l’ordre de deux, voire trois dollars, notamment en raison de l’augmentation du salaire minimum de 75 cents le 1er mai dernier. On assiste alors à une surenchère des conditions de travail, ce qui ne permet pas de régler les problèmes de recrutement de personnel aux yeux du spécialiste.

Sylvain Bouchard en entrevue.

Sylvain Bouchard est spécialisé en droit du travail.

Photo : Radio-Canada

« Avec la poussée inflationniste, les travailleurs et les syndicats redoutent une perte du pouvoir d’achat. Ça amène les gens à magasiner leurs conditions de travail, à regarder ailleurs s’il y a des emplois mieux rémunérés autour et ça amène les gens à se rasseoir et à revoir les paramètres des ententes qui sont même déjà en vigueur. »

— Une citation de  Me Sylvain Bouchard, avocat spécialisé en droit du travail

Cette situation pousse aussi les employeurs à revoir leur stratégie en matière de négociations. Ainsi, plutôt que de viser une entente à long terme avec leurs employés, les entreprises préfèrent ratifier une convention collective qui viendra à échéance plus rapidement pour mieux s’adapter à la réalité économique du moment.

Pendant plusieurs années, les employeurs cherchaient des ententes de longue durée en voulant s’assurer d’une certaine paix organisationnelle et d’une stabilité. Maintenant, étant donné que l’économie est en ébullition, beaucoup d’employeurs ne savent pas dans quel environnement économique ils vont évoluer au cours des prochaines années. [...] Une grande partie des employeurs recherchent des ententes de courte durée, analyse Me Bouchard.

L’avocat saguenéen estime que tant la partie syndicale que patronale doivent faire preuve de transparence dans la communication de leurs enjeux respectifs.

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