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Blaine Higgs utilise un appareil de traduction simultanée pour comprendre le français

Blaine Higgs, souriant, tient le minuscule appareil dans une main.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, utilise un petit appareil de traduction presque simultanée lors de mêlées de presse ces jours-ci.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, qui ne parle pas couramment le français, essaie ces jours-ci un petit appareil qui lui donne une traduction anglaise des questions posées par les journalistes francophones.

Il s’agit du Timekettle WT2 Plus, un appareil doté d’une intelligence artificielle. L’ensemble comprend un micro que les journalistes peuvent utiliser pour poser leurs questions. L'appareil en forme de petit écouteur se porte sur une oreille. Il donne une interprétation presque simultanée.

Selon le fabricant, l’appareil peut traduire 40 langues et 93 accents avec une précision de 95 % et dans un délai d’une à trois secondes.

Blaine Higgs l’a utilisé ces derniers jours quand le journaliste de Radio-Canada, Alix Villeneuve, lui a posé une question au sujet de l’idée d’un rabais sur la taxe provinciale sur l’essence.

Le premier ministre dit qu’il comprend généralement le sens des questions qu’on lui pose en français. Il qualifie d'émerveillement le résultat donné par son appareil de traduction.

Mais l’appareil a toutefois des limites. Il lui a fallu neuf secondes pour traduire en anglais cette question relativement courte posée en français. Puis, vendredi, l’appareil n’a pas pu traduire quai de Shippagan lors d’une autre question, plus longue, posée par le journaliste.

De plus, l'appareil ne fonctionne que dans un sens. Donc, il ne traduit pas en français les réponses données en anglais par le premier ministre.

Un unilinguisme critiqué

L’unilinguisme de Blaine Higgs suscite des critiques depuis qu’il est devenu, en 2018, premier ministre de la seule province officiellement bilingue au Canada.

Une plainte a été déposée au commissariat aux langues officielles en 2020 lorsque des journalistes francophones ont dû poser leurs questions en anglais lors d’un point de presse de la ministre de la Santé sur la COVID-19. Le gouvernement a ensuite offert un service d’interprétation simultanée lors de ces activités.

Blaine Higgs avait promis d’apprendre le français lors de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur. Il a reconnu l'automne dernier qu’il n’avait pas encore atteint ce but. Il a souligné qu’il se débrouille bien en lecture française, mais qu’il éprouve toujours des difficultés en conversation.

L'appareil ne répond pas aux obligations légales

Ce genre d’appareil ne peut pas remplacer les services gouvernementaux offerts dans les deux langues officielles. Il ne pourrait pas être employé par des ambulanciers unilingues, par exemple.

Blaine Higgs parle à des journalistes.
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L'appareil que porte Blaine Higgs à l'oreille lui donne une interprétation en anglais des questions qui lui sont posées en français.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Le juriste Michel Doucet, spécialiste des droits linguistiques, affirme que l’appareil est une forme d’accommodement qui ne donne pas un traitement égalitaire tel que défini par la Cour suprême du Canada.

Ce moyen de traduction est peut-être acceptable dans d’autres provinces, mais non dans celle qui a des obligations linguistiques constitutionnelles, ajoute M. Doucet.

Blaine Higgs compte poursuivre l’utilisation de son appareil en espérant que la technologie évolue pour, un jour, traduire des conversations dans les deux sens.

D’après un reportage de Jacques Poitras, de CBC

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