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Adaptation aux changements climatiques : Ottawa veut l’avis des Canadiens

Le gouvernement fédéral doit présenter l'automne prochain sa stratégie visant à rendre le Canada plus résilient face aux changements climatiques.

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Une propriété détruite par un incendie de forêt est vue à Monte Lake, en Colombie-Britannique, en août 2021.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le ministre fédéral de l'Environnement, Steven Guilbeault, a lancé lundi des consultations publiques afin que les Canadiens puissent partager la façon dont les changements climatiques affectent leur quotidien.

Cet appel aux témoignages (Nouvelle fenêtre), qui prendra fin le 15 juillet, doit ultimement permettre au gouvernement d’élaborer sa stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques, dont la première version est attendue à l’automne 2022.

Le gouvernement dit avoir déjà sondé des dizaines d’experts, y compris des représentants des provinces et des territoires. Des experts d’autres pays qui ont su tirer des leçons de leurs propres stratégies d’adaptation ont également fait part de leurs expériences.

Des tables consultatives ont permis d’établir une série d’objectifs à court, moyen et long terme, qui s’articulent autour de cinq grands thèmes : la santé, les infrastructures, l’environnement naturel, l’économie et la sécurité en cas de catastrophes.

Le fruit de ces discussions doit guider le gouvernement fédéral dans l’élaboration de ses objectifs. Si la stratégie nationale d’adaptation permettra de fixer des buts à atteindre d’ici 2050, elle énoncera en outre des cibles pour 2030 – date à laquelle Ottawa s’est engagé à avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 31 % sous les niveaux de 2005.

La stratégie comprendra aussi des plans d’action quinquennaux, appelés à être mis à jour en fonction de l’accélération des conséquences des changements climatiques au pays.

Ce cadre d'actions concertées est d'autant plus nécessaire que le Canada a connu ces dernières années des vagues de chaleur record, des feux de forêt meurtriers et des inondations qui ont dévasté des communautés.

Le climat se réchauffe deux fois plus vite au pays que la moyenne mondiale, et trois fois plus vite dans le Nord, selon le ministère de l'Environnement.

Il nous faut une stratégie nationale d’adaptation qui fait participer toute la population canadienne à la conversation, surtout les populations vulnérables, a fait valoir lundi le ministre Guilbeault, qui était à Varennes pour annoncer le financement d'installations de biométhanisation.

Selon le ministre, le Canada doit non seulement agir pour réduire ses émissions de GES, mais aussi s’assurer d’atteindre la résilience climatique, qui permet de limiter les dommages humains et financiers et d’anticiper l’impact des changements climatiques.

« Nous pouvons et nous devons à la fois atténuer les effets et nous y adapter, donc nous porter à l’attaque et nous défendre, pour que notre effort soit absolu. »

— Une citation de  Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement et du Changement climatique

Le document publié lundi comprend notamment des propositions pour soutenir plus rapidement les Canadiens victimes d’une catastrophe climatique, augmenter les ressources afin que le système de santé soit préparé aux risques associés aux changements climatiques, actualiser les normes de construction des infrastructures pour les rendre plus résistantes aux conditions météorologiques extrêmes ou favoriser les projets qui protègent la biodiversité.

À ce stade-ci, ces propositions ne sont toutefois pas acceptées par le fédéral et ne reflètent pas de consensus entre les différents niveaux de gouvernement, a précisé Jeff MacDonald, directeur général de l’adaptation aux changements climatiques.

La concertation avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones est néanmoins essentielle pour la mise en place de cette stratégie.

Ce que nous demandons, c’est de considérer l’adaptation [aux changements climatiques] comme prioritaire lorsque vient le temps de prendre des décisions ou de faire des investissements, et non pas comme un facteur secondaire ou en réaction à un événement, a-t-il précisé.

Plusieurs conversations ont eu lieu depuis janvier avec les provinces et les territoires pour aligner nos investissements, nos approches réglementaires et nos standards, a-t-il ajouté. Cette conversation va continuer pendant les consultations publiques.

Selon Jeff MacDonald, les coûts de cette stratégie seront significatifs, même si on ignore pour l'instant le montant précis.

Il a toutefois précisé que le coût de la prévention et de la préparation aux catastrophes est plusieurs fois inférieur à celui de l'intervention et du rétablissement. Par exemple, un récent rapport du Conseil des académies canadiennes indique qu'une analyse a révélé que chaque dollar dépensé dans la réduction des risques d'inondation des sous-sols résidentiels permettait d'économiser 11 $.

Lors du dépôt de la première phase, cinq groupes d'experts sur la santé, l'économie, la résilience aux catastrophes, les infrastructures naturelles et bâties et la nature ont conseillé le ministre Guilbeault sur les domaines dans lesquels ils pensent que le gouvernement devrait axer son plan.

Des événements de plus en plus fréquents et extrêmes

Le groupe d'experts sur la résilience aux catastrophes a déclaré que, d'ici 2030, le Canada devrait pouvoir réduire de façon mesurable le nombre de Canadiens exposés au danger des conditions météorologiques extrêmes et pouvoir remettre sur pied en un an chaque communauté victime d'une catastrophe naturelle.

Les habitants de Lytton, en Colombie-Britannique, en sont un bon exemple. La localité d'environ 250 habitants a été détruite par un incendie de forêt en juin 2021, après avoir connu la température la plus chaude jamais enregistrée au Canada. Deux personnes ont été tuées et, 10 mois plus tard, les travaux de restauration n'ont toujours pas commencé.

La reconstruction a été bloquée par un certain nombre de facteurs, notamment des conditions météorologiques plus extrêmes. En novembre dernier, les routes menant à la ville ont été emportées par des inondations qui ont causé des dommages estimés à 5 milliards de dollars dans toute la Colombie-Britannique. L'hiver a ensuite apporté les plus grosses chutes de neige à Lytton depuis plus de trois décennies.

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Une route menant à Lytton a été emportée par les inondations en novembre 2021.

Photo : (B.C. Ministry of Transportation/Reuters)

Lytton n'a pas été la seule communauté canadienne touchée par une succession de catastrophes. L'été dernier, Red Lake, en Ontario, et plusieurs Premières Nations voisines ont été frappées par des incendies de forêt pour la deuxième année de suite, provoquant des évacuations et détruisant des milliers d'hectares de terres.

Le 10 mai, la municipalité située à 500 kilomètres au nord-ouest de Thunder Bay a déclaré l'état d'urgence parce que les inondations avaient emporté des tronçons de l'autoroute menant à la Red Lake.

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Ce ponceau près de Red Lake a été lourdement endommagé pendant la fin de semaine.

Photo : Municipalité de Red Lake

Au cours des deux dernières années, le ministère fédéral de la Sécurité publique a été appelé à 14 reprises pour aider à lutter contre des incendies non maîtrisés, contre quatre au cours des cinq années précédentes.

L'été dernier, plus de 4,3 millions d'hectares ont été brûlés au pays, soit plus de 1,5 fois la moyenne décennale de 2,6 millions.

Les prévisionnistes ont déclaré vendredi que les Canadiens de la Colombie-Britannique jusque dans l'ouest du Québec peuvent s'attendre à des risques d'incendie supérieurs à la moyenne en juin et juillet de cette année encore.

Les inondations sont également un risque majeur et plus fréquent. La semaine dernière, des inondations ont forcé des évacuations au Manitoba, en Alberta, dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le nord-ouest de l'Ontario.

Jusqu'aux années 1960, le Canada a répertorié environ 30 catastrophes liées au climat chaque décennie. Maintenant, c'est plus de 100.

Avec les informations de La Presse canadienne

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