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Pénurie de verre dans les pubs et les distilleries d’Ottawa et de l’Outaouais

Un distillateur de Kanata raconte qu'il doit réutiliser des bouteilles de sirop d'érable

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Les effets du ralentissement de la chaîne d'approvisionnement se sont fait sentir dans de nombreux secteurs, et touchent désormais les pubs et les distillateurs d'Ottawa.

Photo : Reuters / Nicky Loh

Radio-Canada

Plusieurs distilleries, restaurants et pubs d'Ottawa sont parmi les dernières victimes des perturbations de la chaîne d'approvisionnement mondiale, qui touche désormais les bouteilles en verre.

Adam Brierley, propriétaire de la microdistillerie Ogham Craft Spirits, raconte en être réduit à vendre des spiritueux dans des bouteilles de sirop d'érable.

Sa distillerie de Kanata pourrait ne pas recevoir de nouvelles bouteilles en verre avant 2023, explique-t-il.

Si ça ne s'arrange pas, nous allons au-devant de gros problèmes, juge M. Brierley.

Avant la pandémie de COVID-19, M. Brierley pouvait passer une commande de bouteilles en verre et la recevoir en une semaine.

Maintenant, il lui faut passer ses commandes au moins six mois à l'avance et les quelques bouteilles encore disponibles sont nettement plus chères.

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Adam Brierley, le propriétaire d'Ogham Craft Spirits, raconte qu'il en est réduit à utiliser des bouteilles de sirop d'érable en raison de la pénurie de verre.

Photo : Gracieuseté Adam Brierley

Il n'y a tout simplement pas de stock

Les effets du ralentissement de la chaîne d'approvisionnement à travers le monde se sont fait sentir dans de nombreux secteurs au Canada, entraînant une hausse des prix des meubles, une pénurie d'aliments pour animaux chez les éleveurs de bovins ou encore, des arrêts de production et des licenciements chez les constructeurs automobiles.

La pénurie de bouteilles en verre affecte les régies des alcools des deux côtés de la rivière des Outaouais. Par courriel, la LCBO reconnaît par écrit qu'elle rencontre des problèmes d'approvisionnement pour certains produits.

La SAQ, quant à elle, indique par courriel souffrir de pénuries pour certains articles comme le verre, les bouchons de liège et les étiquettes, ce qui provoque une pénurie de certains alcools ou un certain retard de livraison.

Certains bars d’Ottawa qui s'approvisionnent auprès de la LCBO commencent à en ressentir les effets.

Nos clients ont l’habitude d’entrer et de commander leur boisson préférée, dit Mike Estabrooks, propriétaire du Irene’s pub. Maintenant, le barman [doit s'excuser] et expliquer qu’on ne l’a tout simplement pas en stock.

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Mike Estabrooks, vu ici plus tôt pendant la pandémie de COVID-19, dit qu'avant les retards de la chaîne d'approvisionnement, il était en mesure de s'approvisionner en alcool pour le Irene's Pub auprès d'une seule LCBO.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

M. Estabrooks raconte qu'il avait l'habitude d’acheter tout ce dont il avait besoin pour son bar du Glebe en une seule visite à la LCBO la plus proche. Maintenant, il doit se rendre dans au moins trois endroits différents et il revient parfois les mains vides.

Le propriétaire du Irene’s pub a décidé de stocker l’alcool nécessaire pour les deux prochains mois afin d'éviter la pénurie cet été. Mais le fait de devoir tout acheter en même temps cause des problèmes de liquidités, ajoute-t-il.

La facture aux clients?

Chez Deacon Brodie's, le propriétaire Ken Goodhue se fie beaucoup à la LCBO pour obtenir du scotch single malt, la spécialité de son bar. Mais c'est désormais bien plus difficile et il craint de ne pouvoir retenir sa clientèle qui vient au pub de la rue Elgin pour en déguster et participer à des dégustations.

Alors qu'il sert encore une partie de l'alcool du Highlander Pub, qui a fermé ses portes en 2020 au début de la pandémie, M. Goodhue dit que ce n'est pas une solution à long terme.

Nous ne pouvons pas le remplacer. Une fois qu'il n’y en a plus, il n’y en a plus, dit-il. Parce que ce n’est tout simplement plus disponible.

M. Brierley remarque que ces perturbations à la chaîne d’approvisionnement contribuent à une augmentation du prix des bouteilles en verre et de leur transport vers le Canada, ce qui pourrait, au final, alourdir la facture des clients.

Une situation qui l’inquiète pour l'avenir de l'industrie locale.

Ces coûts additionnels risquent de dissuader les gens d’acheter local, car le local va devenir trop cher, craint-il.

Avec les informations d’Avanthika Anand, de CBC News

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