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Moratoire réclamé en Outaouais sur la chasse aux jeunes cerfs de Virginie mâles

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Un cerf de Virginie

Photo : Associated Press

Radio-Canada

Des pourvoyeurs de la région de l’Outaouais demandent l’aide des chasseurs et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour protéger les cerfs de Virginie. Ils réclament un moratoire de deux à trois ans sur l’abattage des jeunes chevreuils.

Dans ma région, où je travaille depuis 28 ans, la chute du nombre de cerfs est vraiment dramatique, raconte Jocelyn Vachon, de la Pourvoirie Mijocama, à Gracefield. On a eu des saisons de chasse très, très bonnes, mais depuis quelques années, on est vraiment au pied du mur, dans le sens où la population a extrêmement baissé.

Une des principales raisons qui expliquent cette extinction est qu’on abat, dès l’ouverture de la chasse à flèche, presque tous les jeunes mâles de un an et demi qui ont des pointes de sept centimètres explique M. Vachon.

Donc, si on abat 90 % des mâles qui ont un an et demi, c'est difficile dans quatre ou cinq ans d’avoir des mâles adultes.

« Ce serait vraiment important dans notre région qu’on laisse vivre les jeunes pour essayer d’avoir plus de bucks matures. »

— Une citation de  Jocelyn Vachon, de la Pourvoirie Mijocama, à Gracefield

À ce rythme, il n’y aura même plus de petits cerfs à abattre, s’inquiète le pourvoyeur.

On est dans le fond du baril, dit-il. Dans deux ou trois ans, on ne pourra même plus faire de chasse de la manière dont c’est parti là.

M. Vachon soutient que s’il n’y a plus de cerfs dans sa région, les chasseurs ne viendront plus. Si les chasseurs ne viennent plus, il devra fermer les portes de sa pourvoirie.

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La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche

Photo : Radio-Canada

Un décret à l'automne?

Jocelyn Vachon appuie ainsi la démarche entreprise par la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, en Outaouais, Chantal Lamarche, qui demande au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs d’émettre un décret dès l'automne prochain sur la coupe des bois des cerfs de Virginie.

On demande un décret au ministre Pierre Dufour pour que les permis émis aux chasseurs leur [permettent seulement de chasser] le buck [arrivé à maturité, c’est-à-dire celui] qui a trois cornes sur le côté de la tête, a expliqué la préfète en entrevue.

On ne veut pas arrêter la chasse — ne vous inquiétez pas, les chasseurs! —, on veut seulement protéger le bébé pour qu’il vienne à maturité et qu’il devienne un gros buck et ainsi attirer les chasseurs pour la vraie chasse sportive.

Si on laisse les jeunes [tranquilles] une année ou deux, on devrait avoir une population de mâles adultes beaucoup plus élevée, donc la chasse sera plus intéressante, renchérit M. Vachon.

Ça ne prendra pas longtemps, assure-t-il. Laissez grandir les petits deux ou trois ans et il va y avoir pas mal de mâles un peu partout.

Des mesures de protection de jeunes mâles similaires au décret demandé par la préfète ont déjà été instaurées en Estrie en 2017. Les résultats n’ont pas encore été analysés, mais ce projet pilote de cinq ans semble avoir obtenu un certain succès puisqu’on compte le prolonger.

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Le cerf de Virginie : une femelle et son faon.

Photo : Radio-Canada

Dans la zone 06, le projet de restriction de la taille légale des bois (RTLB), après seulement deux automnes de sacrifice, tout le monde sur les réseaux sociaux disait que c’était le paradis, qu’ils voyaient des affaires qu’ils n'avaient jamais vues, témoigne Luc Brodeur, d’Unis pour la faune, un organisme qui défend une saine gestion des activités fauniques.

J’ai des messieurs qui sont venus cogner à ma porte pour me dire qu’ils étaient contre la RTLB. Et aujourd'hui, ils me remercient parce qu’ils ont vécu une histoire de chasse comme ça faisait longtemps qu’ils n'en avaient pas vécu.

Si un projet similaire devait voir le jour en Outaouais, Jocelyn Vachon sait qu’il fera face lui aussi à la grogne de ses clients. Il est tout de même prêt à se sacrifier, car la situation est vraiment urgente, soutient-il.

Je suis mieux de prendre deux ou trois ans pour expliquer aux gens que c'est un sacrifice qu’on fait pour plus tard, dit-il avec philosophie. Sinon, on est faites à l’os, c’est sûr.

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