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Dons d’organes : les Suisses valident le passage au consentement présumé

Des chirurgiens procèdent à une transplantation d'organe.

Des sondages montrent que 80 % de la population suisse est favorable aux dons d'organes.

Photo : iStock

Agence France-Presse

Les Suisses ont accepté dimanche la proposition destinée à accroître le nombre de dons d'organes grâce à l’adoption du modèle du consentement présumé.

Selon le résultat final du référendum, 60,20 % des électeurs ont accepté la modification de la loi sur la transplantation. Jusqu'à présent, une personne qui souhaitait faire don de ses organes devait donner son consentement de son vivant. Désormais, celui qui ne souhaite pas donner ses organes devra le signifier explicitement.

Au cours des cinq dernières années, en Suisse, environ 450 personnes par an en moyenne ont reçu un ou plusieurs organes prélevés sur des personnes décédées. À la fin de l’année 2021, il y avait plus de 1400 personnes en attente d’un don d’organe.

L'an dernier, 72 personnes sont décédées alors qu'elles étaient en attente d’un don, selon la fondation nationale Swisstransplant.

Actuellement, il est fréquent que la volonté des gens, en Suisse, ne soit pas connue en ce qui a trait au don d’organes. Il revient donc aux proches de se prononcer. Dans la majorité des cas, ces derniers s'y opposent, selon les autorités.

Le taux de refus de plus de 60 % relevé au cours des entretiens avec les proches est un des plus élevés en Europe. Toutefois, des sondages montrent que 80 % de la population suisse est favorable aux dons d'organes, indique Swisstransplant.

La réforme prévoit que les Suisses seront considérés comme des donneurs en cas de mort cérébrale, à moins d'avoir exprimé leur opposition de leur vivant en s'inscrivant sur un registre de la confédération ou en le signifiant à leurs proches.

Une pile d'enveloppes de vote sur une table. Un homme en tient quelques-unes dans ses mains.

Les Suisses ont voté en faveur du passage au modèle du consentement présumé en matière de dons d'organe.

Photo : Reuters / DENIS BALIBOUSE

Les conditions médicales resteront les mêmes : seules les personnes qui mourront dans l'unité de soins intensifs d'un hôpital pourront faire don de leurs organes et le décès devra avoir été constaté sans équivoque par deux médecins.

Les proches continueront d'être consultés et pourront refuser tout don s'ils savent ou supposent que la personne concernée s'y serait opposée.

Le Conseil fédéral et le Parlement espèrent que la modification de la loi entraînera une augmentation du nombre de dons d'organes. Selon les autorités suisses, la plupart des pays européens, notamment la France, l'Italie, l'Autriche et l'Espagne, appliquent le modèle du consentement présumé et enregistrent en moyenne un pourcentage de dons plus élevé que la Suisse.

Opposé à la réforme, un comité coprésidé par une infirmière et par un médecin et soutenu par des politiciens de droite avait lancé un référendum en faisant valoir que la réforme violait le droit à l'autodétermination et à l'intégrité physique des personnes.

Le don d'organes, avait indiqué ce comité, n'est éthiquement justifiable que si la personne concernée a donné son consentement explicite de son vivant.

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