•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ukraine : Moscou bombarde dans l’est, l’OTAN poursuit son aide militaire

 Un char d'assaut russe détruit.

Un résident regarde un char d'assaut russe détruit à côté d'une résidence dans le village de Mala Rogan, près de Kharkiv.

Photo : afp via getty images / SERGEY BOBOK

Agence France-Presse

Les pays de l'OTAN continueront à aider militairement l'Ukraine, toujours sous la pression des bombardements russes, a assuré Berlin dimanche, alors que la Finlande a annoncé sa candidature à l'Alliance atlantique en saluant un « jour historique ».

Les forces russes s'efforcent pendant ce temps de progresser dans la région stratégique du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, en partie contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014 et dont Moscou a fait son objectif principal depuis le retrait de ses troupes des environs de Kiev, fin mars.

Toutefois, elles sont à la peine face à la résistance acharnée des forces ukrainiennes. Celles-ci, qui contre-attaquent dans la région de Kharkiv, sont proches d'atteindre la frontière avec la Russie, a affirmé à la télévision ukrainienne le conseiller du ministère de l'Intérieur ukrainien, Vadim Denissenko.

À l'issue d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l'OTAN à Berlin, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a affirmé que les pays de l'Alliance, individuellement, ne relâcheront pas leurs efforts, en particulier en matière d'assistance militaire à l'Ukraine.

 La rencontre a eu lieu à Berlin dimanche.

Réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN. Au centre : le secrétaire général adjoint de l'OTAN, Mircea Geoana, et la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

Photo : Reuters / MICHELE TANTUSSI

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, qui a rencontré son homologue américain Antony Blinken samedi à Berlin, s'est félicité du précédent créé par la décision de l'Allemagne de fournir de premières armes lourdes à Kiev dans une vidéo publiée dimanche sur son compte Facebook.

« Le jour où je suis arrivé à Berlin, des soldats ukrainiens recevaient une formation pour utiliser de l'artillerie automotrice allemande de 155 mm. Bientôt, ces obusiers automoteurs frapperont l'ennemi. Un précédent a été créé. L'obstacle psychologique [à la fourniture d'armes lourdes à l'Ukraine] a été surmonté. »

— Une citation de  Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères

Après des décennies à l'écart des alliances militaires, la Finlande avait annoncé quelques heures plus tôt qu'elle allait demander officiellement à adhérer à l'OTAN avant une réunion décisive en Suède voisine en vue d'une probable demande simultanée des deux pays, conséquence directe de l'invasion russe de l'Ukraine lancée le 24 février.

C'est un jour historique. Une nouvelle ère s'ouvre, a affirmé le président finlandais Sauli Niinistö, dont le pays partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie. Samedi, il avait appelé Vladimir Poutine pour l'informer de cette décision, que le président russe a qualifiée d'erreur.

Moscou avait auparavant menacé de représailles militaro-techniques, sans préciser lesquelles, et, dans la nuit de vendredi à samedi, avait arrêté de fournir de l'électricité à la Finlande, soit environ 10 % de la consommation de ce pays nordique.

En Suède, la direction du parti social-démocrate au pouvoir a approuvé dimanche soir une candidature à l'OTAN, un revirement historique pour cette formation. La première ministre Magdalena Andersson a ensuite dit estimer qu'une candidature commune avec la Finlande était le mieux pour la Suède et pour sa sécurité.

Ces candidatures sont la preuve qu'une agression ne paie pas, a jugé le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, en assurant que l'OTAN est prête à renforcer les garanties de sécurité pour ces deux pays.

Il a aussi dit avoir bon espoir que les pays de l'Alliance trouvent un compromis avec la Turquie, qui avait manifesté son hostilité à l'adhésion de la Suède et de la Finlande.

Des missiles russes contre des installations militaires

Sur le terrain, quatre missiles russes ont détruit des installations militaires dans l'ouest de l'Ukraine, dans le district de Yavoriv, tout proche de la frontière polonaise, sans faire de victimes, a annoncé dimanche le gouverneur de la région de Lviv, Maxim Kozytski, sur Telegram.

Les forces ukrainiennes ont également détruit deux missiles de croisière au-dessus de la région de Lviv, largement épargnée depuis le début de l'invasion russe, a ajouté le gouverneur.

Moscou a par ailleurs annoncé que des missiles russes de haute précision avaient visé dans la nuit deux points de commandement ukrainiens et quatre dépôts de munitions d'artillerie près de Zaporijjia, de Paraskovievka, de Konstantinovka et de Novomikhaïlovka, dans la région de Donetsk.

L'aviation russe a quant à elle détruit deux lance-missiles et un système radar dans la région de Soumy, dans le nord-est. Et les systèmes de défense antiaérienne russes ont détruit 15 drones ukrainiens, toujours selon Moscou.

L'offensive russe a perdu de son élan

Toutefois, si Moscou égrène ses succès, les services de renseignement militaire britanniques estimaient dimanche que l'offensive russe dans l'est de l'Ukraine avait perdu de son élan.

Selon eux, la Russie a subi d'énormes pertes et risque fort de s'enliser dans sa tentative de conquête de l'est du pays.

Les troupes de Moscou n'ont pas réussi à réaliser des gains territoriaux substantiels, ce qui retarde considérablement leur plan de bataille, selon ces sources.

À l'heure actuelle, la Russie a probablement subi des pertes d'un tiers de la force de combat terrestre qu'elle a engagée en février, ont ajouté ces sources. Dans les conditions actuelles, elles jugent peu probable que la Russie accélère considérablement son rythme de progression au cours du prochain mois.

Situation très difficile dans le Donbass

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a toutefois souligné que la situation dans le Donbass restait très difficile, car les troupes russes tentent d'y obtenir au moins une victoire.

Saluant la victoire de l'Ukraine samedi soir au concours Eurovision de la chanson, il a dit espérer que celle dans la bataille contre l'ennemi n'est pas loin, promettant d'organiser un jour l'Eurovision dans une Marioupol libre, pacifique et reconstruite en allusion à la ville martyre du sud-est de l'Ukraine, où les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans l'aciérie d'Azovstal.

Nous nous préparons à de grandes offensives à Severodonetsk et autour de l'axe Lyssytchansk-Bakhmout, a affirmé Serguiï Gaïdaï, gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, qui forme avec celle de Donetsk le bassin minier du Donbass. Le gouverneur a cependant décrit une situation humanitaire de plus en plus critique.

Deux civils ont été tués dans la nuit par des bombardements à Severodonetsk, mais leurs corps n'ont été découverts qu'à la mi-journée à cause des violents combats, selon M. Gaïdaï.

« La région de Lougansk est constamment sous un feu chaotique [...]. Il n'y a absolument ni gaz, ni eau, ni électricité. »

— Une citation de  Serguiï Gaïdaï, gouverneur ukrainien de la région de Lougansk

Les Russes tentent notamment depuis trois semaines, sans succès, de franchir la rivière Severskyi Donets au niveau du village de Bilogorivka.

Dans ce village quasi désert, une équipe de l'AFP a vu les routes jonchées d'équipement militaire abandonné. Il ne restait que trois angles couverts de suie d'une école bombardée il y a une semaine, une frappe que Kiev présente comme un des plus graves crimes commis par les forces russes depuis le début de leur invasion de l'Ukraine, avec 60 civils tués.

À Vilkhivka, un autre village libéré près de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine proche de la frontière russe, les stigmates de la violence des combats qui ont vu les Ukrainiens repousser les Russes en direction de leur frontière et reprendre des villages occupés depuis le début de l'invasion sont partout.

Des résidents du village de Vilkhivka.

Des personnes reçoivent de l'aide humanitaire dans le village de Vilkhivka, près de Kharkiv.

Photo : afp via getty images / DIMITAR DILKOFF

Selon les habitants, la bataille pour la reprise du village a eu lieu à la fin de mars, mais l'armée ukrainienne interdisait l'accès à la zone jusqu'à il y a quelques jours.

Symboliquement, l'inscription Azov était là, avec le symbole du régiment ukrainien qui ressemble à la croix gammée nazie, a été apposée sur un des chars à côté du Z qui y avait été peint par les troupes russes.

Des dizaines de maisons de ce village d'environ 2000 habitants ont été éventrées par des obus, des explosions ou des incendies. Les rues sont jonchées de débris, de douilles de balles et d'autres restes de munitions.

Kiev affirme que ses troupes ont tué près de 20 000 militaires russes. Le 25 mars, Moscou avait déclaré que ses forces avaient tué au moins 14 000 militaires ukrainiens. Mais les deux chiffres sont largement soupçonnés d'être gonflés et n'ont pas pu être vérifiés par l'AFP ou par des observateurs indépendants.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !