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L’église Saint-Charles-Garnier à Québec condamnée

L'église Saint-Charles-Garnier

L'église Saint-Charles-Garnier, à Sainte-Foy.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

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La paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger est au bord de la faillite. Pour éviter de disparaître, elle choisit de fermer l’église Saint-Charles-Garnier, dans Sillery.

Le père Brice Petitjean, le prêtre de la paroisse, assure que ce n’est pas de gaieté de cœur que la décision a été prise. Fermer une église, c’est dur et ça fait souffrir tout le monde, déclare-t-il.

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Le père Brice Petitjean est le prêtre modérateur de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

André G. Bernier, le directeur général de la fabrique, certifie être contraint de le faire tant la situation financière de la paroisse est critique.

Une paroisse qui depuis plusieurs années se retrouve avec trois églises sur les bras, dont une, celle du Très-Saint-Sacrement, qu’elle n’utilise plus et qui lui coûte très cher.

Depuis quatre ans, nous avons dépensé 1,8 million de dollars pour sa sécurisation et son entretien.

Rien que cet hiver, la fabrique a dû débourser 60 000 dollars en gaz naturel pour la chauffer. Ça fait beaucoup de gaz à effet de serre perdus, souligne André G. Bernier. C'est l’argent des paroissiens, fait remarquer le père Brice Petitjean.

Entre les mains du gouvernement

Vendre l’église du Très-Saint-Sacrement serait une aubaine. Seulement voilà, l’édifice pourrait être classé patrimonial, ce qui compliquerait toute cession.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, ne s’est pas encore prononcée à ce sujet. André G. Bernier et son équipe redoutent sa décision. Pour eux, il faut faire le deuil de cette église, située en bordure du chemin Sainte-Foy près de l’hôpital Jeffrey-Hale.

Son état est tel qu’on ne peut pas la réparer. L’architecte nous dit qu’il faut démolir les clochers pour les reconstruire parce qu’ils ne sont pas réparables. Un exemple parmi tant d’autres.

La structure a un vice de construction majeur. Les contreforts côté est ne tiennent plus le mur, énumère-t-il avant de lâcher, implacable: C’est un édifice qui est en état de délabrement très avancé.

Selon les estimations de la paroisse, lui redonner sa splendeur d’antan nécessiterait plus de 10 millions de dollars.

On a été trahis

Très-Saint-Sacrement n’est pas prioritaire. Au contraire, l’église Saint-Michel-de-Sillerey devient l’objet de toutes les attentions. C’est là que la paroisse veut concentrer ses activités.

C’est un lieu qui a beaucoup de potentiel, beaucoup d’avenir, et qui a déjà un rayonnement, présente le père Petitjean.

Une quinzaine d’unions y seront célébrées cet été. Les gens demandent à se marier à Saint-Michel, pas à Saint-Charles, pointe André G. Bernier.

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À moins d'un miracle, le directeur général de la Fabrique de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger, André G. Bernier, ne voit pas comment l'église du Très-Saint-Sacrement pourrait être sauvée.

Photo : Radio-Canada

Reste que la mort annoncée de l'église de la rue du Cardinal-Persico, dans Sillery, traumatise les fidèles qui s’y rendaient pour prier. Alain Baribeau l’a appris samedi avant la messe.

On aurait voulu la conserver. Je trouve que c’est prématuré. Des personnes âgées à mobilité restreinte qui habitent à côté m’ont dit qu’elles arrêteront de venir si l’église ferme.

Françoise Tremblay est encore plus choquée. Je me sens frustrée. On a été trahis. Jamais on nous a dit que Saint-Charles-Garnier pouvait fermer.

Elle a beau retourner la question dans tous les sens, elle ne comprend pas. Les boiseries, les mosaïques… Cette église renferme des trésors extraordinaires. C’est outrageant!

Excédentaire pour le culte

La paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger a donc déclaré dimanche l’église Saint-Charles-Garnier excédentaire pour le culte. C’est-à-dire qu’on demande à l’évêque la permission de lui trouver une autre vocation.

Pas question de la vendre, la paroisse aimerait conserver le terrain qui, aux dires du prêtre Brice Petitjean, a un potentiel incroyable.

Elle préférerait conclure un bail emphytéotique de 25, 50 ou 100 ans. Ainsi, elle aurait la possibilité de rouvrir l’église au terme de la période actée.

L’homme de foi ne ferme pas la porte à cette option. Il garde espoir de relancer la vie chrétienne sous ses voûtes pour l’heure condamnées.

On veut se donner l’opportunité de repartir. Je crois que dans 20, 30 ou 40 ans ça repartira. On ne sait pas ce que l’avenir sera, philosophe-t-il.

Les croyants délaissent les églises. Ce qui laisse présager la disparition d’autres édifices religieux dans la Capitale-Nationale, qui en compte présentement plus de 200.

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Le diocèse de Québec, dont Mario Duchesne est le vicaire général, étudie en ce moment la demande de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger de donner à l'église Saint-Charles-Garnier une autre vocation que celle de lieu de culte.

Photo : Radio-Canada

La moyenne générale de la pratique religieuse est en dessous de 5 % de notre population catholique, révèle Mario Duchesne, le vicaire général.

Ce qui signifie que pour une communauté de 300 personnes, moins de 15 d’entre elles vont aller à la messe; pour une communauté de 10 000 personnes, c’est moins de 500 d’entre elles.

On est dans un autre monde, dans une autre réalité et on doit s’ajuster, constate Mario Duchesne.

Les cloches de Saint-Charles-Garnier ne tinteront plus. Quand sonnera le glas? La date de fermeture de l'église n'a pas encore été dévoilée.

D'après les informations de Marie-Pier Mercier

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