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Être allergique loin des grands centres, une expérience coûteuse

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Teakren Cargill et sa mère doivent partir de Prince Rupert, sur la côte nord de la Colombie-Britannique, deux fois par année pour se rendre à Vancouver afin d'obtenir des soins spécialisés pour ses allergies.

Photo : Coral Cargill

Radio-Canada

Les Britanno-Colombiens qui vivent à l’extérieur de la grande région de Vancouver et ont besoin de soins spécialisés en matière d’allergies font face à une pénurie de spécialistes dont les conséquences peuvent s’avérer coûteuses.

C’est notamment le cas de Teakren Cargill, qui souffre d’allergies sévères aux oeufs, au lait et aux noix. Ses allergies ont été identifiées à la suite d’un choc anaphylactique lorsqu’il n’avait que six mois.

Huit ans plus tard, s’il avale un seul [craquelin] Goldfish, il passera sept heures à l’hôpital, à condition qu’on arrive à temps, raconte sa mère, Coral Cargill.

Pour traiter ces allergies, notamment à travers des tests de dépistages spécialisés, Teakren et Coral Cargill doivent partir de leur résidence de Prince Rupert, sur la côte nord de la province, pour se rendre à Vancouver. Ce voyage de plusieurs jours est assorti de milliers de dollars de dépenses.

Quand vivre loin devient un problème

Teakren Cargill n’est pas le seul à devoir parcourir des kilomètres pour avoir accès à ces soins spécialisés.

Selon les données de la province, environ 30 % des Britanno-Colombiens de moins de 18 ans vivent avec des allergies, dont 7 % sont des allergies sévères liées à l’alimentation. Ils ont accès à une quarantaine de spécialistes, dont la majeure partie se trouve dans la grande région de Vancouver.

Pour les Cargill, par exemple, le traitement nécessite deux visites annuelles impliquant un voyage de deux heures en avion et un séjour de plusieurs jours qui avalent les vacances de Coral et minent son budget.

Selon le responsable du programme d’immunologie de l’Université de la Colombie-Britannique, le Dr Amin Kanani, la plupart des médecins spécialisés dans les allergies préfèrent rester dans les grands centres à la fin de leurs études.

Leur absence en région incite certains habitants des milieux ruraux à chercher des soins à l’extérieur de la province, note-t-il, précisant que certains trouvent qu’il est plus facile de se rendre à Edmonton qu’à Vancouver pour obtenir ce genre de traitement.

On fait de notre mieux pour exposer nos étudiants aux plus petites communautés, explique-t-il. Nous espérons que certains d’entre eux aiment le lieu et décident d’y rester.

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Les tests de dépistage d'allergies sont difficilement offerts dans les régions éloignées de la Colombie-Britannique, faute de spécialistes.

Photo : Radio-Canada

Une aide provinciale?

Si elle comprend que la province peine à convaincre des médecins spécialistes de s’établir en région, Coral Cargill croit que le gouvernement devrait rembourser les frais de déplacement des parents d’enfants ayant besoin de soins spécialisés.

Je ne sais pas comment les gens qui travaillent au salaire minimum et paient un loyer au prix courant peuvent se permettre [ce genre de voyage], note-t-elle.

La province explique que quiconque doit voyager pour voir un allergologue et répond aux critères établis peut demander l’aide du Programme de soutien au voyage de la province.

Dans le cas des Cargill, l’accès au programme n’est pas un problème, mais le montant offert ne couvre pas le prix des billets d’avion, alors que le déplacement par traversier exigerait de prendre un congé plus long. Ce n’est simplement pas une option pour nous, confie-t-elle.

Outre les vacances, le ministère provincial de la Santé rappelle que les Britanno-Colombiens peuvent demander 5 jours de congé sans solde par année à leur employeur pour s’occuper d’un membre de leur famille.

Encore là, la famille de Prince Rupert ne peut se le permettre. Coral Cargill explique qu’en incluant le temps de déplacement, le séjour à Vancouver dépasse cinq jours et qu’elle n’a pas les moyens de s’absenter du travail sans être payée.

Dans d’autres régions de la province, comme à Haida Gwaii, un allergologue se rend périodiquement pour rencontrer des patients. Pour certains services, des rendez-vous de télémédecine peuvent également être une solution.

Le Dr Kanani dit également collaborer avec une infirmière capable d’effectuer des tests de dépistage d’allergies à Burns Lake, à environ 200 kilomètres à l’ouest de Prince George et 500 km à l’est de Prince Rupert.

Il admet toutefois que certains traitements doivent être administrés par un médecin, ce qui peut encore occasionner un voyage onéreux.

Avec les informations de Courtney Dickson, Tom Popyk et de l’émission Daybreak North

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