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Un projet de recherche pour encourager la réduction des pesticides en milieu agricole

Un tracteur avec à l'arrière des tuyaux déverse un produit dans un champ.

Les chercheurs observeront la réaction des organismes vivants des écosystèmes lors du retrait des pesticides.

Photo : Getty Images / iStock / Fotokostic

La Presse canadienne

Un groupe de chercheurs québécois tentera de mettre en lumière des exemples concrets des bienfaits de la réduction des pesticides sur la santé des terres agricoles pour inciter les producteurs à adopter des pratiques durables et écologiques.

Pour les agriculteurs et les agricultrices, c'est important, l'environnement. Dans un monde parfait, ils voudraient réduire leur utilisation de pesticides, mais encore là, il faut qu'ils voient les résultats, s'assurer qu'ils n'auront pas de perte de rendement, soutient la professeure Valérie Langlois de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), qui mènera les travaux avec sa collègue Isabelle Lavoie.

Parce que si les conséquences des pesticides sont bien documentées, à l'inverse, les démonstrations sont peu nombreuses quant aux gains potentiels pour la biodiversité quand on en diminue son usage.

Ça semble évident, mais en même temps si personne ne le fait... C'est ce que les agriculteurs ont besoin, une espèce d'évidence que ça fonctionne, fait valoir Mme Langlois, experte en écotoxicogénomique.

Grâce à un financement de près de 1,3 M$, son équipe pourra mettre de l'avant cette possibilité. Elle étudiera durant les quatre prochaines années les effets des mélanges de contaminants les plus communs dans les grandes cultures et les zones maraîchères.

Un champ de maïs.

Un champ de maïs

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Les chercheurs vont observer la réaction des organismes vivants des écosystèmes, comme les collemboles, en retirant graduellement les pesticides.

C'est quoi le bénéfice? Lesquels reviennent, lesquels sont plus nombreux?, voilà autant de questions auxquelles Mme Langlois cherchera réponses.

L'hypothèse, c'est que ça va faire augmenter la biodiversité avec des organismes qui reflètent la qualité d'un bon sol, ajoute la chercheuse.

La démarche visera aussi à établir un équilibre entre une réduction des pesticides et le maintien d'un rendement intéressant pour les producteurs.

Le groupe de scientifiques, qui inclut également deux expertes d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, va amorcer son travail sur le terrain dès cet été auprès d'agriculteurs qui se trouvent à différents niveaux d'une transition biologique. Ils effectueront leurs expériences sur des parcelles de terre.

Une partie de la recherche s'effectuera également en laboratoire.

Concentration dans l'eau

Le projet de recherche intitulé AgriSolEau s'attardera aussi à la concentration des pesticides dans les ruisseaux avoisinants des terres agricoles, dans le but d'amener un changement sur la manière de mesurer la qualité de ces cours d'eau.

Leur hypothèse de départ est que les contaminants vont se coller aux biofilms, ces mélanges de microorganismes qui se forment sur les roches et donnent une texture gluante. Ces biofilms font partie de la chaîne alimentaire de plusieurs espèces aquatiques.

On pense que c'est encore plus contaminé et le fait que les animaux vont s'y nourrir, ça va augmenter la charge de pesticides. De seulement mesurer la concentration de pesticides dans l'eau, ce ne serait pas suffisant. Il faudrait plutôt regarder les concentrations dans les biofilms pour avoir une meilleure indication de la contamination, détaille Mme Langlois.

La rivière Boyer qui passe entre deux champs en culture

Un cours d'eau qui passe entre deux terres agricoles

Photo : Radio-Canada

Les chercheurs vont échantillonner des algues microscopiques et des invertébrés. Dans des petits bassins extérieurs, ils vont recréer de mini-chaînes alimentaires avec, entre autres, des algues, des escargots et des moules.

Les membres de l'équipe vont évaluer si les pesticides s'accumulent chez les organismes aquatiques davantage quand ils sont ingérés à travers l'alimentation, que par seulement une exposition des branchies.

Le projet de recherche de l'INRS est un des 11 financés dans le cadre d'un programme sur l'agriculture durable, soutenu par le Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies et du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

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