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L’ex-grand patron des procureurs se lance en politique avec le PLQ

Me André Albert Morin, ex-procureur fédéral en chef du Service des poursuites pénales du Canada pour la région de Québec.

Me André Albert Morin fera campagne dans la circonscription de la libérale Christine St-Pierre, qui ne se représentera pas.

Photo : Radio-Canada

En total désaccord avec la façon dont Simon Jolin-Barrette gère le ministère de la Justice, Me André Albert Morin a décidé de joindre le Parti libéral du Québec (PLQ) pour pouvoir l'affronter dans l'arène politique.

Récemment retraité comme procureur fédéral en chef du Service des poursuites pénales du Canada pour la région de Québec, il confirme à Radio-Canada qu'il sera candidat dans le comté de l'Acadie aux prochaines élections.

« Je regarde ce qui se passe actuellement au Québec dans le domaine de la justice et ça m'inquiète. J'ai des craintes. Je pense que le système ne fonctionne pas comme il le devrait. J'ai le goût de passer à l'avant-scène pour réformer les choses qui ne tournent pas rond. »

— Une citation de  Me André Albert Morin

Me Morin, qui a plaidé devant toutes les instances judiciaires québécoises, veut non seulement qu'un plus grand nombre de citoyens ait accès au système juridique, mais aussi redonner à ce dernier l'indépendance nécessaire.

Je pense que M. Jolin-Barrette a de la difficulté à comprendre ce que doit être le rôle d'un procureur général. Ce que je vois jusqu'à maintenant, c'est beaucoup d'affrontements et ça vient me chercher. [...] Toute la tension, par exemple, qu'il a créée avec la juge en chef de la Cour du Québec. Pour moi, ce n'est pas acceptable! L'indépendance des tribunaux est un élément fondamental de notre société et de notre droit. De vouloir toujours s'immiscer et empiéter sur cette indépendance-là, ce n'est pas sain pour notre démocratie ni pour le Québec, affirme-t-il, en entrevue avec notre bureau parlementaire.

Me Morin fait référence aux nombreux désaccords publics entre la juge Lucie Rondeau et le ministre Simon Jolin-Barrette. D'abord, ils ont croisé le fer lors de la création d'un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale, qui menace l'impartialité de la cour, selon la juge Rondeau.

Mme Rondeau a aussi décrété que les juges de la Chambre criminelle ne siégeront qu'une journée sur deux (plutôt que deux jours sur trois) à compter de septembre, afin de leur donner plus de temps pour rendre des décisions complexes par écrit. Inquiet des délais potentiels, le ministre lui a demandé de revoir sa décision.

Le bilinguisme des juges

Le torchon brûle également entre les deux au sujet du bilinguisme des juges. Estimant que les avocats devraient tous avoir des chances égales d'accéder à la magistrature, le ministre a tenté de modifier le processus de sélection des juges pour éviter que la maîtrise de l'anglais soit exigée. La Cour supérieure avait jugé son intervention illégale.

Me André Albert Morin se défend de manquer lui-même d'indépendance en semblant se ranger du côté de la juge Rondeau. Le processus de sélection au Québec fonctionne depuis des années. Ce n'est pas nouveau et ça fonctionne très bien! Cette attitude du ministre est difficile à comprendre et elle est même choquante! Je ne dis pas à Mme Rondeau ce qu'elle doit faire, bien au contraire! Il faut laisser la magistrature faire son travail.

Me Morin se décrit lui aussi comme un ardent défenseur de la langue française, notamment par son engagement à l'occasion des journées de la francophonie.

Une plus grande justice pour tous

Impliqué auprès de l'accueil Bonneau et récipiendaire d'un prix accordé par ses pairs pour son engagement humanitaire auprès des pauvres et des malades, Me Morin veut augmenter les seuils de l'aide juridique et permettre aux citoyens d'accéder à davantage d'information, en toute transparence.

Il y a un autre aspect qui vient me chercher, c'est toute la question de la justice dans le Grand Nord du Québec [...] On doit interagir avec des communautés autochtones et des Inuit. Je pense qu'il y a moyen de repenser la justice pour écouter ces gens-là, les intégrer et tenir compte de leurs préoccupations. Il faut être capable de donner une justice à l'ensemble de la population du Québec. Je ne vois rien du côté du gouvernement qui s'en va dans ce sens-là! ajoute-t-il.

Me Morin est également préoccupé par la pénurie de main-d'oeuvre dans les palais de justice.

« Il y a non seulement des délais, mais aussi un manque de procureurs. Ils sont épuisés! Il faut aussi des avocats de la défense et des avocats de l'aide juridique. Il faut s'assurer d'être capable de rendre une justice de proximité. »

— Une citation de  Me Morin

Confiant, malgré les sondages

Même si les sondages actuels donnent une majorité d'appuis à la Coalition avenir Québec, Me Morin ne craint pas la défaite de son nouveau parti.

Il dit avoir choisi le Parti libéral du Québec parce que la formation respecte les individus et prône des valeurs d'intégrité et de justice sociale, comme les siennes. Les sondages ne m'ennuient pas plus qu'il faut! conclut-il.

Me André Albert Morin tentera de succéder à l'ancienne ministre libérale Christine St-Pierre, qui a annoncé dernièrement qu'elle ne sollicitera pas de nouveau mandat.

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