•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des milliers de personnes manifestent contre le projet de loi 96

Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau

Radio-Canada

Des membres de la communauté anglophone se sont rassemblés devant le Collège Dawson, à Montréal, pour manifester contre le projet de loi 96, pièce législative phare du gouvernement Legault qui doit être adoptée sous peu et qui vise à réformer la Charte de la langue française.

Les manifestants, issus d’horizons divers, dénoncent la nature divisive du projet de loi et espèrent que des amendements y seront apportés.

L’une des principales doléances des manifestants concerne une disposition qui obligerait les étudiants anglophones à suivre trois cours de français au niveau collégial.

Bien que le gouvernement ait déjà amendé cette disposition (qui imposait initialement trois cours en français), elle continue de susciter la grogne.

Ce n’est pas juste que des étudiants anglophones doivent suivre des cours en français s’ils ne le veulent pas, a déclaré une manifestante.

Les Premières Nations s’opposent également à cette exigence.

Elles demandent d'en être exemptées, craignant qu’elle entraîne l’exode d’étudiants autochtones qui parlent anglais pour des raisons historiques.

Le projet de loi 96 est un fardeau de plus sur notre communauté, affirme le secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake, Kenneth Deer, qui a pris part à la manifestation. Notre priorité est que notre communauté apprenne le mohawk. Et puisque nous sommes une communauté anglophone, nous parlons mohawk et anglais.

Dominique Anglade dénonce

La cheffe du PLQ, Dominique Anglade, qui s’est présentée à la manifestation accompagnée de membres de son caucus, a pour sa part dénoncé la volonté du gouvernement Legault de geler de manière permanente le nombre de places dans les cégeps anglophones : Le fait est qu’on limite les possibilités d’avenir de jeunes Québécois. Ce sont de jeunes francophones québécois, d’abord et avant tout, qui sont les premiers touchés par ça.

Si la cheffe du PLQ reconnaît l’importance de protéger la langue française – rappelant les 27 propositions de son parti en ce sens –, elle estime que cela doit être fait de manière inclusive, une exigence à laquelle le projet de loi ne répond pas.

Elle est plutôt d’avis que le gouvernement Legault manque d’écoute et cherche à diviser, citant pour preuve sa décision de ne pas participer à un débat électoral en anglais, un choix qui a contribué à l’annulation du débat.

Le député libéral Frantz Benjamin, d’origine haïtienne, a aussi marqué son opposition à une disposition qui obligerait le gouvernement à communiquer avec les immigrants en français si cela fait six mois qu’ils sont arrivés au Québec.

« L’idée qu’une personne au Québec, en 2022, puisse ne pas avoir accès à des services auxquels elle a droit parce qu’elle n’a pas appris le français à l’intérieur de six mois, pour moi, c’est inquiétant. »

— Une citation de  Frantz Benjamin, député libéral de Viau

Les manifestants devaient terminer leur marche au bureau du premier ministre, François Legault, en après-midi.

Correctif

Le mot centaines a été remplacé par milliers afin de mieux refléter l'estimation de la foule faite en fin de journée par les policiers.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !